Auteur/autrice : Denis Perrin

  • Quel cadeau pour un musicien ACI ?

    Quel cadeau pour un musicien ACI ?

    Quoi ? Déjà décembre ?!
    Bientôt Noël, et toujours pas la moindre idée de cadeau en vue ! Quel cadeau choisir sans se ruiner, sans se faire avoir, et pour être sûr de faire plaisir ?
    Un seul indice : l’heureux élu (peut-être vous !) est auteur-compositeur-interprète.

    Seulement voilà : trouver le bon cadeau pour un musicien vire souvent au casse-tête ! Quel est le budget, quel est le niveau technique du destinataire ? Et bien pas de panique : j’ai déniché pour vous des cadeaux utiles et pas communs qui feront plaisir à tous les coups !
    Il y aura même un joli tableau récapitulatif avec tous les liens utiles en fin d’article.
    Et en bonus : les trois pires cadeaux à éviter absolument !

    NB dans cet article, j’ai mis les liens pour ceux d’entre vous qui achètent par internet, ou juste qui veulent en savoir plus avant d’aller en boutique. Ce sont des liens affiliés, ce qui signifie que si vous passez par eux pour acheter, ça me paie un café (j’en consomme un au moment où je rédige ces lignes).
    Mais bien sûr, rien ne vous oblige à le faire, et pour tout vous dire, si vous avez la chance d’avoir un petit magasin de musique dans votre quartier, allez y faire un tour ! Vous y trouverez sûrement votre bonheur !

    Pour tout le monde : le ukulélé

    Pourquoi un ukulélé ? Pas assez connu ni reconnu, ce sympathique joujou est selon moi l’instrument indispensable de l’auteur-compositeur-interprète : il est petit, pas cher, convivial, facile à transporter, il apporte une couleur musicale particulière, et il a l’art de « percer le mix » en douceur.
    Et en plus, c’est un vrai instrument ! Si ! Si ! On peut tout faire avec !
    Vous ne me croyez pas ? Moi, je fais le mariole en jouant « Get Lucky » dessus ! Et croyez-le ou non, tout le monde est scotché !

    Ah mais vous jouez plutôt de la guitare ? Et bien raison de plus pour ajouter un ukulélé à votre collection d’instruments : le doigté est le même que pour la guitare, en beaucoup plus simple , puisqu’il n’y a que les 4 premières cordes !

    Dans le tableau du bas, je vous présente trois ukuleles de 17 à 47 euros, dont un Fender !
    Voici le détail :

    Budget : 17€
    Cible : Débutants et confirmés

    Ukulele Martin Smith avec accessoires et livres d’accords.
    Génial pour un premier ukulélé !
    https://amzn.to/3ViqdML

    Budget : 39€
    Cible : débutants et confirmés

    Ukulele Winzz 21 avec plein d’accessoires dont un accordeur et des codes de rechange
    Un ensemble vraiment complet.
    https://amzn.to/41jsRWa

    Budget : 47€
    Cible : confirmés

    Fender Venice
    Un vrai Fender à un prix incroyable, avec des cours inclus.
    https://amzn.to/3Ow3aKJ

    Pour tout le monde aussi : la guitare

    La guitare, c’est l’instrument de l’auteur-compositeur-interprète par excellence.
    Comment ça, vous en avez déjà une ?
    Dois-je comprendre… une seule ? J’ose à peine vOus le dire, mais : j’ai une collection d’une cinquantaine de guitares, et chacune a sa personnalité ! Je vous les présenterai un jour !
    Pour ceux qui n’ont pas encore de guitare -et pour ceux qui en ont déjà une-, j’ai sélectionné quatre super guitares de 88 à 195 euros, pour les débutants avec tout le kit (accordeur, pied, etc) comme pour les confirmés (en électroacoustique), et même des instruments de marque (j’avoue avoir un faible pour Fender). Toutes ont un super rapport qualité/prix.

    Détail qui a son importance : quelle que soit la guitare choisie, optez autant que possible pour une électro-acoustique.
    Euh mais pourquoi ?
    Pour le micro bien sûr (très pratique), mais aussi et surtout pour son accordeur intégré qui simplifie vraiment la vie !
    Allez, voici ma sélection (qu’on retrouve dans le tableau du bas d’article )!

    Budget : 88€
    Cible : débutants

    Guitare acoustique Winzz
    Une chouette guitare toute simple (et belle!) à pan coupé, avec TOUS les accessoires utiles : capo, accordeur, pied et tout et tout !
    https://amzn.to/49ejFV0

    Budget : 154€
    Cible : débutants et intermédiaires

    Ensemble Max Showkit
    Là il y a encore plus « tout » Une très belle guitare électro à pan coupé, avec un ampli ! Du sérieux :
    https://amzn.to/3ZuQ8mJ

    Budget : 128€
    Cible : intermédiaire

    Fender FA25 CE
    Une vraie Fender électro acoustique, magnifique et de qualité ! Je l’ai chez moi. Super projection, très agréable à jouer !
    https://amzn.to/4eUAzcO

    Budget : 195€
    Cible : confirmés

    Fender FA 125 CE
    Ici pas de frime, on est dans du bel instrument « classique ». Moins à mon goût personnel en terme de look, mais quelle belle qualité ! Je l’ai essayée, et franchement c’est du beau matos !
    https://amzn.to/3OzsWgV

    Pour les débutants : le kit complet

    Que ce soit en ukulélé, en guitare, ou en guitare électro-acoustique, et comme on l’a vu plus haut, on privilégiera pour les débutants un kit qui propose tous les accessoires nécessaires : l’indispensable accordeur, la housse et le support.
    C’est déjà difficile de débuter, alors autant ne pas se décourager dès le premier jour en faisant tomber sa guitare ou en cassant une corde qu’on sera incapable de changer !
    C’est du vécu ! Pas vrai, Joël (guitare cassée sur chute le 4ème jour) ou Sylvie (en carafe durant des mois pour cause de corde cassée) ? 😉

    Pour les experts : l’accessoire qui tue

    Les experts sont pénibles : ils ont déjà tout ! Vous savez, un peu comme cette tante branchée à qui vous ne savez plus quoi offrir et à qui vous finissez par apporter du foie gras du sud-ouest !
    Pas de panique : notre foie gras à nous, ce seront des accessoires malins.

    Par exemple, connaissez-vous le PolyTune ?
    Budget 84€
    Cible : Confirmé à expert
    https://amzn.to/3ViWMtQ

    C’est un accordeur incroyable qui vous permet de checker toutes vos cordes simultanément, en instantané, et avec une précision diabolique. Indispensable en session ! Voilà un cadeau qui apportera un vrai plus !
    Moi j’en ai deux (en version clip) et leur seul défaut c’est que comme je les promène partout je les égare tout le temps ! 😧

    On est hors budget ? Alors dans le genre malin et vraiment pas cher, on a aussi le capodastre modulable, qui s’adapte à toutes les formes de manche et de radius. Original, frime et surtout très utile !

    Budget incroyable : 8€
    Cible : expert à pro
    https://amzn.to/4gdktMd


    Bonus : les trois pires cadeaux à éviter absolument

    Avant de vous quitter, je vais vous éviter la gène du cadeau raté : voici les trois pires idées de cadeaux que vous pouvez commander au Père Noël :

    Un capodastre sophistiqué

    Les vendeurs savent très bien vous vanter les mérites de ce petit accessoire : ne les écoutez pas !
    Ils vont vous fourguer à prix d’or un bout de fer.
    Car rien ne différencie vraiment un capodastre à 3 euros de chez AliExpress (je n’utilise plus que ceux-là, j’en ai un par guitare), de celui que je vais vous présenter… à part le prix bien sûr.

    Dans cette catégorie des « fausses bonnes idées », la palme revient sans conteste au capodastre « super technologique » Shubb Titanium qui coûte pas moins de… 266 €.

    Indispensable pour aller sur Mars en SpaceX !

    Une sangle luxueuse

    Le prix des sangles dans les petites boutiques peut rapidement s’envoler, surtout si elles sont en cuir et prétendument fabriquées par un artisan. Vous allez vous retrouver la plupart du temps avec un bout de cuir tout raide, souvent trop large, qui blesse l’épaule, et qui a toutes les chances de ne pas correspondre aux goûts de son destinataire.

    Dans ma vie, on m’a offert trois sangles : deux en cuir, pas à mon goût, dont une qui me « coupe » littéralement l’épaule, et une jolie en tissu qui intègre un système de blocage incompatible avec mes instruments.

    Résultat : elles sont toutes les trois dans des tiroirs (avec mes excuses à mon ex-femme, ma fille, et ma belle-mère pour mon ingratitude).

    Ah, j’oubliais le prix ! Non seulement c’est souvent moche, mais c’est toujours cher ! Compter 199 euros pour cette sangle cuir Sadowski !

    Une guitare roundback

    Aaah ! Les guitares Ovation !

    Elles nous ont tous fait rêver, ces magnifiques guitares au super look arrondi « roundback » !
    Noël : ne serait-ce pas le moment de craquer ?

    Heu… non ! Car ce n’est qu’une fois l’instrument en main que vous vous apercevrez qu’il est quasiment impossible de jouer dessus !
    Euh ? Mais pourquoi ?

    C’est simple : le fond arrondi, fait en matériau glissant (le Lyrachord) vous interdit littéralement de jouer assis, car elles glissent de vos genoux ! Dommage !

    Ben on va jouer debout alors ?
    Et bien non, pas mieux : l’arrondi de l’arrière de la caisse rend la guitare totalement instable et tout aussi injouable.

    En revanche, pour décorer un mur c’est très joli. Vous trouverez la Ovation Roundback Lyrachord à 539 euros (ou moins cher en occasion, vu que tous ceux qui la possèdent essaient de la revendre !)

    Et le Black Friday dans tout ça ?

    Vous avez raison d’aborder le sujet : Le Black Friday, proche de Noël (mais pas trop) est le bon moment pour dénicher vos cadeaux. Ensuite les stocks s’amenuisent et les prix ont une fâcheuse tendance à s’envoler.
    En France, le Black Friday 2024 commence officiellement le vendredi 29 novembre 2024. Ce fameux vendredi noir dure 24 heures en ligne ou en magasin. Et si vous ratez le jour J, pas de panique : les offres se prolongent souvent tout le week-end jusqu’au Cyber Monday, le lundi 2 décembre 2024.

    Le tableau récapitulatif

    Allez, comme promis, je vous compile tout cela dans un tableau, avec les liens affiliés.
    Mais je vous le redis, si vous avez la chance d’avoir un petit magasin de musique dans votre quartier, allez y faire un tour !

     DébutantIntermédiairepro
    Moins de 25 eurosUkulele 17€
    https://amzn.to/3ViqdML
    Ukulele 17€
    https://amzn.to/3ViqdML
    Capo multi guitares 8€
    https://amzn.to/4gdktMd
    entre 25 et 50 eurosUkulele kit 39€
    https://amzn.to/41jsRWa
    Ukulele kit 39€
    https://amzn.to/41jsRWa
    Ukulele Fender 47€
    https://amzn.to/3Ow3aKJ
    entre 50 et 100 eurosGuitare kit 88€
    https://amzn.to/49ejFV0
    PolyTune clip 84€
    https://amzn.to/3ViWMtQ
    PolyTune clip 84€
    https://amzn.to/3ViWMtQ
    entre 100 et 200 eurosGuitare + ampli 154€ https://amzn.to/3ZuQ8mJGuitare Fender 128€
    https://amzn.to/4eUAzcO
    Guitare Fender 195€
    https://amzn.to/3OzsWgV

    Je vous souhaite de bonnes emplettes !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    Vive Noël, et

    Vive la chanson !

  • Enregistrer votre première chanson chez vous : matériel essentiel

    Enregistrer votre première chanson chez vous : matériel essentiel

    Ca y est ! Vous avez inventé une chanson ! Et vous vous dites : « Tiens, et si je l’enregistrais ?« .

    Bonne idée ! car enregistrer chez soi est aujourd’hui à la portée de tout le monde (ou presque !).
    Mais avant de plonger tête baissée, venez donc avec moi faire le tour du matériel et des astuces pour transformer vos mélodies en « vraies » productions dignes d’être écoutées (pas seulement par votre chat).

    NB : dans cet article, je vous proposerai des liens vers des matériels que je connais bien, pour la bonne raison que je les utilise moi-même au quotidien. Ce sont des liens affiliés : en clair, ça me paye un café si vous les utilisez, mais rien ne vous oblige à le faire !


    Le smartphone : pratique mais limité

    On commence par le plus simple : votre fidèle téléphone 📱. Vous avez sûrement déjà enregistré une idée ou deux avec votre appli de dictaphone. C’est rapide, pratique et parfait pour capturer un air qui surgit au détour d’un moment d’inspiration (ou sous la douche, mais là, attention à l’acoustique…).

    Les limites :

    • Impossible de séparer les instruments ou la voix : tout est enregistré en une « prise globale ».
    • Impossible également de reprendre un passage que vous avez raté : une prise totale à chaque fois, il faut tout refaire.
    • La qualité sonore laisse souvent à désirer, surtout si vous chantez à côté de votre mixeur ou de votre voisin bricoleur.

    Donc… on oublie ! Gardez le smartphone pour vos brouillons et passez à un matériel plus sérieux dès que vous voulez peaufiner.


    L’IA : une fausse bonne idée pour les chanteurs en herbe

    Bien sûr, vous avez entendu parler de ces outils d’intelligence artificielle capables de chanter pour vous ?🤖 Eh bien… mieux vaut oublier aussi ! (pour l’instant). Certes, ils peuvent donner un aperçu rapide (et souvent de très mauvais goût) de votre morceau, mais les résultats sont souvent… disons… surprenants !

    Votre chanson interprétée par un robot sous hélium : pas génial pour captiver vos futurs fans.


    S’équiper pour passer à l’étape supérieure 🎙️

    Adieu le bricolage, il est temps de sortir l’artillerie légère :

    1. Le microphone : votre arme secrète

    Un bon micro fait toute la différence. Et ce n’est pas forcément cher, à condition de faire le bon choix. Je vous en parle en détail dans l’article « Choisir son micro chant ».
    Dans le présent article, on va faire court : voici trois options pour débuter :

    • PAS TROP CHER : RODE NT1 : un micro statique parfait pour enregistrer des voix claires et détaillées. C’est un peu comme peindre un portrait avec un pinceau fin. Voir sur Amazon. Mais si comme moi vous trouvez que c’est un peu cher pour un début, allez jeter un oeil juste dessous.
    • MOINS CHER : PRODIPE ST-USB : Autant vous le dire tout de suite, j’ai un faible pour les micros Prodipe. Ils sont français, ont un rapport qualité-prix imbattable, et sont de grande qualité. J’en ai plus d’une dizaine au studio. Pour 87 euros, le ST-USB, est un des rares bons micros statiques directement utilisable sur ordinateur (mais uniquement sur ordinateur, puisqu’il est en USB). Voir sur Amazon
    • TOP : PRODIPE TT1 : Lui, c’est mon chouchou : un micro dynamique polyvalent, idéal pour la scène mais aussi super fiable en studio maison. J’en ai même plusieurs dans mon studio pro, pour épauler mes Neumann, Bose, Audio-Technica et autres AKG, et franchement il ne détone pas!
      Le plus incroyable, c’est son prix : moins de 40 euros. Voir sur Amazon. Ne riez pas : il enterre la plupart de ses petits copains qui coûtent le triple !

    2. Le logiciel d’enregistrement (DAW)

    Bienvenue dans le monde des Digital Audio Workstations. Ces logiciels permettent de mixer, d’éditer et de créer des morceaux comme un professionnel. Ce sont de vrais outils créatifs.

    Audacity : gratuit et idéal pour débuter. Il permet d’enregistrer piste à piste, d’éditer, de monter. Simple, basique et efficace, même si vous le trouverez rapidement limité.

    Si vous cherchez à évoluer : optez pour Studio One (mon préféré, j’utilise la version pro), GarageBand ou Ableton Live (parfait pour jouer avec des boucles).

    Là, c’est du sérieux (et pas forcément compliqué !) car on entre dans le monde du multipiste.

    3. L’interface audio

    Pendant qu’on y est , on va s’équiper d’une interface audio qui va remplacer votre carte-son d’un simple branchement USB. Et là, on entre chez les pros !
    Mais à quoi ça sert ???
    Et bien l’interface vous permettra de brancher n’importe quel micro, n’importe quel instrument, vous proposera des sorties HiFi pour une bonne écoute, une sortie casque pour enregistrer confortablement, du MIDI pour piloter des synthés ou être piloté par un clavier, bref, tout !

    Et vous savez quoi ? Les versions basiques (mais excellentes) de ce matériel se trouvent à moins de 100 euros, DAW compris ! Voir sur Amazon


    4. L’enregistreur multipiste nomade

    Ces petits bijoux sont parfaits pour enregistrer en live et/ou en multipiste, même quand vous êtes au bout du monde  ! Pour ma part, je crée souvent dans mon camping-car en Laponie ou ailleurs.
    La plupart de ces mini-studios intègrent des micros de grande qualité.

    J’en ai possédé de nombreux modèles, et franchement je n’ai jamais eu de mauvais surprise ! Alors lequel choisir ?
    Je me lance : je vote BOSS pour l’expérience de cette marque dans les pédales d’effets réputées pour leur simplicité et leur efficacité.
    J’utilise actuellement un tout petit BR80 (8 pistes + 2 pistes batterie, effets, micros stéréo intégrés), de la taille d’un smartphone, qui fait tout sauf le café Voir sur Amazon.

    Petit reproche, il faut quand même être un peu soigneux : en cas de chute (Ouille : j’en ai fait l’expérience) il y a parfois de la casse !

    J’adore aussi les mythiques TASCAM Portastudio qui géniaux aussi et plus agréables à manipuler.
    Alors pourquoi préférer BOSS ? A cause des 2 pistes batteries préprogrammées qui un super outil de création, et qui ne « mangent » aucune piste audio !


    Guitaristes et claviéristes : du matériel pour vous 🎸🎹

    Vous jouez d’un instrument ? Voici deux couteaux suisses indispensables :

    1. Pour les claviéristes : le synthé compact

    Si vous jouez du clavier, je vous conseille d’avoir un petit clavier arrangeur qui vous proposera instantanément des orchestrations pour vos chansons.

    Et pas besoin de casser la tirelire ! Pour ma part, je possède un Yamaha PSS-F30 .
    C’est un petit clavier compact qui m’accompagne dans tous les sens du terme : il me suit partout, et offre une belle palette de sons et de styles pour faire face sans sourciller à toutes mes élucubrations créatives. Voir sur Amazon.
    Et ne vous fiez pas à son look « enfantin » ni à son prix ridicule : c’est une excellente machine !

    2. Pour les guitaristes : la pédale magique

    Des musiciens qui comprennent tout tout de suite, n’arrivent jamais en retard et ne boivent pas de bière, ça vous intéresse ? Et bien ça existe !

    Et ça s’appelle DigiTech Trio+ !
    C’est une pédale incroyable qui génère automatiquement et instantanément une orchestration (basse et batterie) en fonction de ce que vous jouez. Elle inclut un looper, vous permet des stocker des tas de chansons. Bref, elle remplace tout un orchestre !

    Pour ma part, je compose et je travaille avec depuis plusieurs années, c’est vraiment une référence incontournable ! La solution parfaite pour ne pas jouer « en solo » (et impressionner vos amis musiciens)… Un seul détail qui fâche : son prix de près de 300 euros. Voir sur Amazon.


    L’enregistrement : un outil pour créer, pas seulement capturer 💡

    Une fois équipé, n’oubliez pas que l’enregistrement n’est pas qu’une fin en soi. C’est un outil de création. En écoutant vos prises, vous remarquerez peut-être que :

    • Une mélodie manque d’originalité.
    • Un passage serait plus fort avec un changement de rythme ou une modulation.
    • Votre interprétation est perfectible

    L’enregistrement, c’est comme un miroir sonore : il vous aide à affiner votre chanson. Alors, n’hésitez pas à expérimenter, réécouter et retoucher !


    L’acoustique : pensez-y (un peu) !

    Même avec le meilleur matériel, l’acoustique de votre pièce joue un rôle important.

    Un salon rempli de coussins sonnera bien mieux qu’une salle de bain carrelée au son dur et réverbérant. Alors, choisissez judicieusement votre coin « studio maison » !


    Et après l’enregistrement ?

    Bravo, votre chanson est capturée ! Mais que faire ensuite ?

    • Partagez-la : sur des plateformes comme SoundCloud ou Bandcamp.
    • Demandez des retours : auprès d’amis, ou via des ateliers d’écriture comme ceux que nous proposons sur l’Académie de la Chanson.
    • Enregistrez encore et encore : chaque nouvelle prise vous rapproche de la maîtrise.
    • A l’inverse, sachez vous arrêter : faute de quoi vitre produit final ne verra jamais le jour.

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.


    Conclusion : lancez-vous !

    Allez, n’ayez pas peur de vous lancer : enregistrer une chanson chez soi, c’est assez simple au final.
    Hum… Bon, c’est vrai que les premiers enregistrements sont souvent un peu… exotiques !
    C’est normal !
    Mais avec les bons outils et un peu de persévérance, enregistrer devient vite une chouette façon de travailler, de progresser et de produire.

    Alors, équipez-vous (un peu), explorez (beaucoup) et laissez votre créativité s’envoler (sans limite !).
    Qui sait ? Il y a peut-être un tube dans les tuyaux ! 🎵

    J’allais oublier : Souriez quand vous chantez (oui, même en studio) : ça s’entend dans votre voix ! 😊

    Bon enregistrement, et

    Vive la Chanson !

  • La rime la plus facile : LA MONORIME !

    La rime la plus facile : LA MONORIME !

    Imaginez une chanson où tous les vers finissent par le même son.

    Une rime facile qui revient, encore et encore, comme une rengaine hypnotique.
    C’est la monorime. Vous pensez que c’est trop simple ? 🤔

    Vous verrez que non ! Mais promis, avec un peu de méthode (et une pointe d’inspiration), vous pourrez écrire des chansons monorimes dignes des plus grands.

    Alors, prêts à relever le défi ? 💪✨


    Pourquoi choisir la monorime ?

    D’abord, parce que c’est un très bon exercice pour stimuler votre esprit créatif. En se fixant une contrainte forte, on force son cerveau 💡 à explorer des chemins qu’il n’aurait jamais empruntés. La monorime, c’est aussi l’occasion de créer une ambiance singulière, presque hypnotique.

    Comme on le voit dans mon article « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai« , Francis Cabrel exploite cette technique avec brio. Tous les vers se terminent en  [ ɛ ] (ai), un choix qui -dans le cas de cette chanson- renforce l’idée d’éternité.

    Au fil des couplets, l’idée de « promesse infinie » se développe, les répétitions soulignent l’intemporalité de l’amour.
    Enfin le refrain rompt la monorime pour décentrer notre regard.

    Une vraie masterclass de monorime ! 🌟❤️ Merci Francis !


    Le dictionnaire de rimes : no way !

    Le premier réflexe pour monorimer ? Dégainer notre fidèle dictionnaire de rimes, bien sûr !
    📖. Hum… non !
    Ce faux ami semble là pour donner un coup de main quand l’inspiration manque…
    Vous le savez, je ne suis guère adepte de ce dico, limité, conventionnel et réducteur. Si on se contente de lister les mots qui riment, on va obtenir un texte très convenu et qui, selon l’élégante expression de mon ami José « pue le dictionnaire de rimes ».
    Une chanson monorime ne doit pas être une suite de mots forcés . Elle doit raconter quelque chose, transmettre une émotion, ton émotion. 💞

    Si vous êtes en difficulté, vous pouvez toujours aller lire mon article sur la technique ABC , et vous saurez comment 🔍 trouver des rimes personnelles et qui claquent !

    Astuce : choisis bien ta rime, camarade !
    Evitez les rimes riches ou compliquées, comme -ure (nature, blessure, architecture) ! Vous allez vite vous retrouver coincés.
    Préfèrez une rime plus pauvre, comme (été, aller, danser).
    On n’est pas là pour se compliquer la tâche ! 🙄


    Le piège de la facilité

    Attention : la monorime, mal maîtrisée, peut rapidement devenir monotone. Imaginez une chanson où les vers sont prévisibles dès le premier mot : ennui garanti ! 😴

    Pour éviter ça, il y a plusieurs stratagèmes. Comme jouer avec la longueur des phrases et surprendre son auditeur. Par exemple, alterner des vers courts et percutants avec des phrases plus longues et riches en détails.

    Mais surtout, n’ayez pas peur d’ajouter un twist 🌀. Une même rime peut servir à raconter des choses très différentes.
    Ecoutons Cabrel : il passe de l’amour à des images bucoliques avec une grande fluidité.
    Faites comme lui : brouillez les pistes, mélangez les univers. 🌈


    Quels thèmes pour la monorime ?

    Certaines thématiques se prêtent particulièrement bien à cet exercice. La répétition d’une rime crée une sensation de continuité ou d’obsession, parfaite pour des sujets comme :

    • L’éternité : L’amour éternel, comme chez Cabrel, ou encore le cycle infini de la nature 🌳♾️.
    • La fuite du temps : en évoquant les jours qui passent, toujours trop vite, mais avec une pointe de nostalgie. 🕰️🥀
    • La continuité : Pour parler d’un voyage, d’une quête ou d’une lutte sans fin. 🚶‍♀️✨
    • L’obsession : Qu’il s’agisse d’un amour, d’une idée fixe ou d’un idéal inaccessible, la monorime peut amplifier l’effet dramatique. 💔🔥

    À vous de jouer !

    Allez, on se retrousse les manches ! Voici quelques idées pour vous entraîner à écrire une chanson en monorime :

    Choisissez une rime : Prenez une rime qui vous inspire, comme [a] ou [ɑ] (en clair : a), avec des mots comme voilà, partira, cela, mât, etc. Faites une liste des mots qui riment en [a] ou [ɑ].

    Mais ne vous arrêtez pas là : associez-les à des idées ou des images.

    Écrivez un premier couplet : Racontez une histoire simple, mais accrocheuse. Par exemple :
    Ça ne change pas
    Les jours et les mois
    Le ciel sur les toits
    Et puis toi et moi.

    ….et surtout, publiez votre texte en commentaire, c’est facile !

    Pour aller plus loin

    Ne vous arrêtez pas en si bon chemin : vous allez tenter un twist qui va surprendre votre auditeur.

    Pour le deuxième couplet, cassez les attentes.
    Introduisez une nouvelle idée, tout en gardant la même rime.

    Par exemple :
    Ça ne change pas,
    La pluie sur les toits,
    Mais ton amour pour moi..?
    Ça… je ne sais pas…

    On continue ?
    Variez les structures : Uniformité ne signifie pas monotonie !
    Pour éviter l’ennui, prévoyez des variations.
    Par exemple, un refrain qui :
    – dans la forme rompt la monorime, et
    – sur le fond crée une distance avec le propos des couplets.
    Pour notre exemple, ce pourrait être quelque chose du genre :
    « Qui peut dire / Qui peut prédire »

    Vous pouvez également, dans tes couplets, alterner questions et affirmations, faire des jeux de mots, ou prendre un contrepied pour donner du relief.

    Bref on peut contrebalancer l’apparente uniformité de la rime par un twist… ou au contraire l’affirmer davantage encore !
    Les possibilités sont infinies !


    Les erreurs à éviter

    Facile de s’ennuyer avec la monorime !
    Alors on va éviter ces pièges classiques :

    • Les rimes évidentes : Si tout le monde devine la fin de tes phrases, c’est raté. Cherchez des associations surprenantes. 🧐
    • La monotonie : Ne vous laissez pas enfermer dans une structure répétitive.
    • Les mots « bouche-trous » : Trop de « j’ai, ça va, il est… » peuvent alourdir le texte.
      Mais bon ça, ça vaut pour toutes les chansons !

    Inspire-toi des maîtres

    La monorime, ce n’est pas nouveau. De nombreux auteurs s’y sont essayés avant nous. Les poètes médiévaux déjà utilisaient souvent cette technique dans leurs ballades. Si vous voulez tout savoir, vous pouvez aller lire cet article sur la petite histoire de la chanson française.

    Aujourd’hui, des artistes comme Cabrel ou même nos amis les rappeurs l’utilisent pour donner du rythme et de l’émotion à leurs textes. 🎶


    Un dernier conseil

    N’oubliez pas que :
    la contrainte est là pour nous inspirer, pas pour nous limiter.

    Si vous sentez coincé dans votre monorime, prenez du recul, changez de perspective. Et surtout, amusez-vous ! L’écriture, c’est avant tout un plaisir !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    La monorime est souvent associée au manque d’inspiration, à la maladresse du débutant.
    Et c’est vrai lorsqu’elle n’est pas maîtrisée.

    En revanche, quand elle appuie le propos, la monorime peut devenir un levier sonore et poétique dont il faut se saisir sans hésiter !
    Prêt(e) à écrire votre propre chanson en monorime ?
    À vous de jouer !

    Alors, tous sur le pont
    Sans rime ni raison
    Mais avec un crayon
    Pour dire à l’unisson :

    Vive la Chanson !

  • Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

    Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

    ⚠️ Autant vous prévenir tout de suite, cet article n’a aucun intérêt. ⚠️
    Et je vous en déconseille la lecture. Sauf bien sûr si vous voulez savoir comment un artiste qui s’autoproclame « vraiment barbant » a pu devenir disque de diamant 💎 avec une chanson à une seule rime !

    Mais d’abord, les paroles !

    Les paroles de « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai »

    COUPLET 1
    Mon enfant nue sur les galets
    Le vent dans tes cheveux défaits
    Comme un printemps sur mon trajet
    Un diamant tombé d’un coffret

    Seule la lumière pourrait
    Défaire nos repères secrets
    Ou mes doigts pris sur tes poignets
    Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

    REFRAIN
    Et quoi que tu fasses
    L’amour est partout où tu regardes
    Dans les moindres recoins de l’espace
    Dans le moindre rêve où tu t’attardes
    L’amour comme s’il en pleuvait
    Nue sur les galets


    COUPLET 2
    Le ciel prétend qu’il te connaît
    Il est si beau c’est sûrement vrai
    Lui qui ne s’approche jamais
    Je l’ai vu pris dans tes filets

    Le monde a tellement de regrets
    Tellement de choses qu’on promet
    Une seule pour laquelle je suis fait
    Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

    REFRAIN

    INSTRUMENTAL

    COUPLET 3
    On s’envolera du même quai
    Les yeux dans les mêmes reflets
    Pour cette vie et celle d’après
    Tu seras mon unique projet

    Je m’en irai poser tes portraits
    À tous les plafonds de tous les palais
    Sur tous les murs que je trouverai
    Et juste en dessous, j’écrirai

    Que seule la lumière pourrait
    (…)
    Et mes doigts pris sur tes poignets
    Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

    Carte d’identité de « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai »

    Paroles et musique : Francis Cabrel
    Orchestration et instruments (sauf cordes) : Francis Cabrel
    Direction musicale et cordes : Gérard Bikialo
    Chœurs : Chorale des Petits Écoliers Chantants de Bondy
    Année de sortie : 1994

    Francis Cabrel – clip officiel de « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai »

    L’histoire de « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai »

    Pour une fois, je ne vais pas vous raconter une grande histoire 📚 : Francis Cabrel est un artisan de la chanson, un obscur travailleur qui met cinq ans pour faire un album, et qui mène une vie ordinaire.

    Dans son village d’Astaffort, il ne lui arrive rien d’exceptionnel.

    C’est son équilibre, loin des paillettes. Il se décrit lui-même comme « vraiment barbant » 😴.

    Seulement voilà : même sans promo, il fait des tubes phénoménaux 🎉 !
    Comme en 1994, où il enregistre à 40 ans passés ce qui sera son plus grand album : « Samedi soir sur la terre » : disque de diamant avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus 💿 !
    L’envers du décor ? Il est tout simple : Francis Cabrel travaille dans l’ombre, comme un bon artisan, dans son studio, avec sa guitare et son carnet.

    Son inspiration, il la puise auprès de ses amis, de sa famille et des choses simples de la vie.
    Pour interpréter cette chanson, Francis est quasiment seul.
    Mais de qui parle-t-il ?

    La recette de « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai »

    Côté paroles

    De quoi parle la chanson ?

    Pour ce titre, chacun y va de sa petite explication 🤔 : il parle de sa femme… non, non 😲 : de sa mère… en fait non 😆 : c’est une allégorie céleste 🌌…

    Bon on va s’arrêter là, car même si une chanson cesse un peu d’appartenir à son auteur quand elle devient populaire, il y a un moment où il faut arrêter les spéculations 🥴.

    Francis Cabrel nous parle de Manon 👧, sa seconde fille née en 1991. Il avait déjà fait « Sarbacane » pour sa première fille Aurélie 👩, et fera plus tard « Mademoiselle l’aventure » pour sa troisième fille Thiu 👶.

    « Sarbacane » pour Aurélie
    « Je t’aimais… » pour Manon
    « Mademoiselle l’aventure » pour Thiu

    Ici, Francis déroule son discours au fil des trois couplets en multipliant les images et les métaphores.

    COUPLET 1 : Les présentations
    Avec tout l’émerveillement d’un père, Cabrel nous présente son enfant, arrivée « comme un printemps sur (son) trajet » 🌷, peut-être un peu accidentellement « tombé d’un coffret ».

    Et de conclure par cette formule qui sonne comme une évidence éternelle : « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » 💞.
    Nous voilà fixés : il va s’agir d’amour et d’éternité.

    Ceux qui naissent étaient en fait déjà avec nous,
    ceux qui nous quittent ne partent pas vraiment 🌈,
    et l’Amour traverse tout cela, comme un lien éternel.

    On retrouvera la petite phrase titre, gimmick de la chanson : « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » à la conclusion de chaque couplet, et non pas dans le refrain.

    REFRAIN : changement d’angle

    Première astuce technique, et élément clé de la chanson : le changement d’angle.
    Dans le refrain, c’est le regard de cette enfant qui découvre le monde avec des yeux tout neufs, pleins d’amour et de promesses.

    En fin de refrain, on retrouve la formule « nue sur les galets » du début qui resitue discrètement la scène dans son contexte et lui rend sa simplicité.

    La boucle universelle est bouclée !

    COUPLET 2 : L’universalité
    On attaque le plat de résistance : Le Ciel connait déjà cette enfant ☁️. Ouah !
    Francis, simple humain conscient de la dure réalité de la vie terrestre 🌍, espère juste pouvoir être à la hauteur de cette exigence.
    Il s’appuie sur la seule chose dont il est sûr : cette formule… « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » 💓 qui conclut de nouveau le couplet.

    C’est ainsi qu’au REFRAIN suivant, les yeux innocents de l’enfant prennent un sens nouveau, comme si elle avait pris conscience de cette difficulté.

    L’INSTRUMENTAL arrive à point nommé 🎶, pour laisser l’auditeur s’imprégner de cette question existentielle. Bien vu !

    COUPLET 3 : la note mystique.

    Le discours est : on va tous mourir un jour 🕊️ « on s’envolera du même quai » 🚉, mais ça n’a pas d’importance : nous sommes en connexion, et je continuerai de te porter, même si l’un de nous n’est plus de ce monde 🌠 : nous ne sommes qu’un 🌏 !

    Sur le plan technique :
    ce dernier couplet est en trois parties au lieu de deux 🧐,
    et il manque un vers dans la troisième partie…
    et ben alors Francis, un oubli ? 😅 Bien sûr que non !

    Au lieu de nous ramener vers le refrain, Cabrel « laisse aller » la chanson 🎶, pour nous convier dans cette connexion silencieuse entre le père et la fille 🤫… avant de nous ramener à la belle image du début : celle de ses « doigts pris sur ses poignets ».

    Et de conclure par la formule magique 💫 : « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai ».

    La musique quant à elle s’efface discrètement 🎻.
    Magnifique !

    Sur le plan technique

    La monorime

    C’est le grand secret de cette chanson, et vous l’aviez sans doute remarqué : tous les vers des couplets se terminent par le même phonème : [ ɛ ] (ai).
    Pourquoi ? Francis aurait-il décidé de rentabiliser 📖 son dictionnaire de rimes ?

    Eh bien non : cette rime obstinée, obsessive, plante le décor de la chanson : l’éternité ! 🌌💫
    Avant, pendant, après nous : l’amour était, est et sera toujours là ❤️.

    Ce qui apparaît comme une figure de style qui cède à la facilité (les chansons à rime unique sont souvent l’œuvre maladroite des débutants 😅) est en fait un choix technique au service de ce discours 🎯.
    Mais pourquoi avoir choisi le phonème [ ɛ ] (ai), qui est loin d’être le plus élégant ? 🤔
    Réponse juste en dessous ! 👇

    Le gimmick en fin de couplet

    Deuxième technique utilisée par Cabrel : le gimmick « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » arrive en fin de couplet et non dans le refrain
    (d’où la rime en [ ɛ ] (ai) 😊).

    Je vous recommande cette technique du gimmick en fin de couplet : elle est très efficace 💥.
    En effet :

    • Au premier couplet, l’idée forte est mise en évidence : d’une part elle conclut le couplet, d’autre part elle prépare l’arrivée du refrain avec un certain suspense 🤫.
    • Au second couplet, le gimmick revient, et saisit l’auditeur avec un vrai effet « waouh ! » 😲💥
    • Au troisième couplet, c’est cette fois l’auditeur qui attend le gimmick. Quand celui-ci arrive, c’est le graal 🏆✨.

    Dans le cas précis de cette chanson, Francis Cabrel nous la joue fine en nous faisant poireauter un quatrain de plus, non sans y insérer un silence d’un vers 😆. Franchement, il fallait oser ! 🎩

    Le refrain qui tranche

    Quant au refrain, pourquoi n’obéit-il pas à la monorime ?
    C’est parce qu’on y change d’angle.
    Donc la monorime ne se justifie plus, au contraire : on prend le contrepied 🧘.

    Cerise sur le gâteau, Cabrel se permet même de finir le refrain par « nue sur les galets », qui est le trait d’union entre cette réalité enfantine et l’universalité des couplets 🌊.

    Au passage, il nous ramène sans en avoir l’air à la rime en [ ɛ ] (ai).
    Trop fort, Francis !

    Les renvois

    Le renvoi, c’est une forme particulière de répétition 🌀.
    Je le répète, le répète et le rerépépète, la répétition est un des éléments clés de l’écriture de chansons 🎶✏️.
    Et le renvoi en est une forme particulière : il crée un lien entre différents aspects du propos de la chanson. Il met en relation des passages éloignés.
    Il nous rappelle que ça, on en avait déjà parlé un peu avant… On pourrait dire que c’est l’effet : « ah ouais.. ! » 💡

    Il y a deux renvois très importants dans cette chanson :

    • « nue sur les galets », qui apparaît dès le premier couplet, et que l’on retrouve dans les refrains. C’est la constante palpable de cette chanson, le lien entre le réel et le symbolique.
    • « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai », bien sûr ! 💘💌

    Dans les deux cas, les renvois sont à la bonne place : en fin de strophe, pour être mis en évidence 🎯.

    Côté musique

    Une note tenue

    …où l’on revient sur le fameux : [ ɛ ] (ai) !

    Ce phonème a aussi une vertu musicale : il s’agit presque d’une note tenue, une approche quasiment chamanique à la façon d’un bol tibétain, ou du « OM« …
    …en même temps qu’un rappel de chaque galet !
    Bref, un peu d’éternité

    Une orchestration simplissime

    Bonne nouvelle : la chanson est facile à jouer 👍. On peut même dire que le clip est un véritable tuto : on voit parfaitement comment Cabrel place ses doigts, même si le coquinou a descendu son accordage d’un demi-ton ! 🤭
    Côté orchestration, on ne peut pas faire plus simple. La guitare de Francis, et quasiment rien d’autre, hormis…

    Les chœurs très aériens de la « Chorale des Petits Écoliers Chantants de Bondy », qui arrivent à point nommé au second couplet 👦👧🎶.

    Bravo à cette jolie chorale, dirigée par des bénévoles, (ici Gilbert Oget), qui malgré ses apparitions régulières dans des chansons pop, reste gratuite, ouverte à tous, et sans sélection à l’entrée. Et tout ça depuis 1945 ! 🙇🙏 Respect !

    Les cordes qui arrivent au second refrain jouer une belle et discrète mélodie qui fait un contrepoint au chant 🎻🎼.

    – Hum… ! Au dernier couplet, on peut s’interroger sur la pertinence d’avoir doublé la voix chantée de Francis Cabrel avec sa propre voix parlée, en style outre-tombe 💀 et selon moi assez mal mixée (trop de niveau et pas assez de compresseur/limiteur). Certes, on y parle du départ vers la mort, mais cela me semble un poil surjoué et pour tout dire carrément moche 😬.

    Les tutos

    Quel que soit votre niveau d’instrument, je vous invite jouer à cette chanson simple qui repose sur 5 accords de base.
    Couplets : sol ré do mim (ou G D C e)
    Refrain : do lam ré re (ou C a D D)

    Si vous débutez, je vous recommande ce tuto simple et clair pour les accords

    Pour la « vraie » version (avec le mi mineur enrichi, la rythmique, et même la mélodie des chœurs), allez plutôt voir celui-ci

    Pour les plus avancés, voici le tuto le plus complet, avec un jeu plus fluide

    Piano et ukulele : Je m’aperçois avec horreur 😱 qu’il n’y a pas un seul tuto correct pour cette chanson. Je crois qu’un de ces jours je vous en proposerai un moi-même ! 😎🎹🎶

    A vous de jouer !

    Il y a bien longtemps que je voulais vous parler de la monorime. C’est en partie pour cela que j’ai choisi de vous présenter cette chanson.

    Voici votre petit jeu d’aujourd’hui : vous allez rédiger un quatrain (quatre vers) en monorime. ✍️
    S’il y a une idée forte, notez-la en premier pour vous, car c’est elle qui déterminera la rime.
    Mais dans la rédaction, gardez-la si possible pour le dernier vers !
    Ce qui est bien avec la monorime, c’est que les vers sont facilement interchangeables. Une fois toutes vos rimes trouvées (fastoche) vous pouvez donc organiser librement votre texte 🎶👌.

    Et bien sûr, écrivez votre production en commentaire ! 💬

    Pour aller plus loin

    Vous avez votre quatrain ? Avec votre idée forte dans le dernier vers ?
    Et bien vous tenez le premier couplet de votre chanson !

    Rédigez-en un second, puis un troisième, avec cette contrainte : chaque quatrain doit se terminer par le même vers (comme « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai »).

    Et ça tombe bien , car si vous avez bien respecté la consigne dès le départ, ce dernier vers est l’idée forte de votre chanson ! 🎼

    Et c’est là qu’on mesure tout l’intérêt de la monorime !
    Car à l’instar des vers, les couplets sont interchangeables aussi ! 🔄
    Et ce n’est pas tout : vous pouvez même échanger des vers d’un couplet à l’autre ! 🤩
    Franchement, elle est pas belle, la vie ? ✨

    Pour finir, vous pouvez si vous le souhaitez écrire un refrain qui n’a aucunement besoin de rimer avec le reste. Et voilà le travail !

    En conclusion

    Avec une chanson qui paraît toute simple, presque simpliste, Francis Cabrel a su nous toucher au cœur.
    Cela ne doit rien ni à la chance, ni au hasard.
    C’est le résultat d’un long et minutieux travail, comme le révèle notre analyse.

    C’est la leçon qu’il faut retenir de cette magnifique production : restons modestes, mais comme le disait Prévert, « cent fois sur le métier remettre son ouvrage ».


    Car la chanson, ce n’est pas seulement un travail d’artiste, c’est aussi un travail d’artisan.

    Et si avant de partir, vous voulez tout savoir sur la monorime, cliquez ici pour découvrir l’article que je consacre à cette technique : je vous y donne toutes les clés pour écrire votre chanson !

    Sans trêve ni rémission,
    Travaillons, rimons, chantons !

    Vive la Chanson !

  • Inventer une musique (même quand on n’a plus d’idée !)

    Inventer une musique (même quand on n’a plus d’idée !)

    Aïe Aïe Aïe !

    Ca fait un petit moment que vous n’avez pas fait de nouvelle chanson… et pour cause : l’inspiration n’est pas au rendez-vous !
    Pas moyen de trouver une chouette mélodie…
    Et bien rassurez-vous : la solution est juste en dessous !

    Etape zéro : on va se détendre

    Pro ou amateur, on va commencer par se libérer de ses blocages.
    On va contourner l’obstacle plutôt que de tenter de le franchir.
    Êtes-vous déjà compositeur ou bien débutez-vous?

    1. Vous êtes déjà compositeur, mais vous êtes « sec » ?

    Vous allez oublier (si vous en aviez) les bouts de mélodies que vous avez en tête et qui de toute façon ne fonctionnaient pas.
    Pas besoin de les mettre à la poubelle : dites-vous simplement que vous y reviendrez le cas échéant…

    Mais là tout de suite, vous les laissez de côté, parce qu’on va partir sur autre chose.
    Et je vous donne rendez-vous à l’ »Etape 1 : faire tourner une suite de 4 accords (donc vous sautez le paragraphe suivant).

    2. Vous débutez et vous ne savez pas par où commencer ?

    Là non plus, on ne va pas s’inquiéter : même si vous ne jouez d’aucun instrument, vous allez pouvoir faire la suite sans problème. Car comme toujours, on va opter pour la simplicité.

    Vous avez trois possibilités :

    Cas n°1 : Vous jouez d’un instrument

    Alors là, pas de souci : on va choisir des accords simples. Et si votre instrument est un clavier, c’est encore plus simple, car on ne va utiliser que les touches blanches.

    Cas n°2 : Vous avez un clavier mais vous ne savez pas jouer

    Pas de problème non plus : nous n’allons utiliser que des accords à trois doigts comme indiqué dans l’article « Majeur et mineur, amis pour la vie » en évitant l’accord de si.

    Cas n°3 : Vous ne disposez d’aucun instrument

    Une nouvelle fois, aucun souci : les playbacks disponibles sur le net, ou sur l’application gratuite « Chordbot lite » vous apporteront la solution.

    Référez-vous à l’article « Composer une chanson sans connaître la musique » qui vous dira tout !

    Allez, on y va !

    Etape 1 : Faire tourner une suite de quatre accords

    D’abord : choisir le mode et la tonalité

    Pas de panique : le titre est compliqué, mais c’est très simple :

    Le mode, c’est le style de votre suite d’accords : ce sera majeur ou mineur.
    De façon un peu simpl(ist)e :
    – un mode majeur sera plutôt simple et lumineux
    – un mode mineur plutôt sombre ou intimiste.
    A vous de choisir !

    C’est choisi ? Alors voilà le truc :
    Si vous avez choisi du Majeur, vous allez être en do majeur
    Si vous avez choisi du mineur, vous allez être en la mineur
    (si vous voulez savoir pourquoi allez lire cet article sur le majeur et le mineur)

    Pour faire une chanson en do majeur, vous commencerez votre suite d’accords par un do majeur (do-mi-sol).

    Pour faire une chanson en la mineur, vous commencerez votre suite d’accords par un la mineur (la-do-mi).

    Voyons maintenant les accords suivants !

    Puis choisir les accords

    Je vous propose six accords, pas un de plus !
    Et parmi les six, vous en choisirez quatre, que vous allez « faire tourner ».

    Ce seront des accords très simples puisqu’on les joue à 3 doigts au piano en jouant une touche sur deux.

    Comme sur la photo !
    1 : On l’a vu : avec la première touche (do) ça fait un Do (majeur) (noté Do ou C).
    Vous tenez votre accord de do majeur ! Et d’un !

    Faites la même chose avec les touches suivantes :

    2 : Avec la touche suivante (ré), ça fait un Ré (mineur) (noté Rém ou Dm ou d)
    3 : Avec celle d’après (mi), ça fait un Mi (mineur) (noté Mim ou Em ou e)
    4 : Avec fa, ça un accord de Fa (majeur) (noté Fa ou F)
    5 : En Sol, un accord de Sol (majeur) (noté Sol ou G)
    6 : Et en la, un accord de La (mineur) (noté Lam ou Am ou a)

    Et avec le si, alors ?
    Et bien avec un si, ça ne fait rien du tout parce qu’on ne va pas s’en servir. Et toc !

    Hé Pssst! Les guitaristes et ukuléléistes, vous avez vu ?

    C’est fastoche aussi : ce sont les accords de base que vous trouverez sur toutes les tablatures pour débutants !

    Allez, prenons un exemple : nous choisirons de jouer en Do.
    Donc c’est..? …Majeur ou mineur ?
    Do majeur ! bravo je vois qu’il y en a qui suivent !

    Notre suite d’accords va commencer. Gare au décollage !
    1. Je commence par un do.
    2. Je prends un second accord au hasard dans la suite : par exemple fa (je place mes trois doigts, en commençant pas le fa).
    3. Puis un troisième, disons rém (idem pour les 3 doigts en commençant par le ré)
    4. Et pour finir, sol, qui fonctionne souvent bien en fin de séquence.
    (nous sommes bien d’accord que ce n’est qu’un exemple et que vous pouvez prendre d’autres accords pour votre chanson).

    Je fais tourner ma séquence en boucle :
    Do, Fa, Rém, Sol
    Et je m’en imprègne
    …et déjà c’est joli ! 🙂

    Puis je passe à la suite.

    Etape 2 : créer une petite mélodie

    Comme nous sommes en Do majeur dans l’exemple, nous allons rester sur cet accord de do, en chantant librement 5 ou 6 notes.

    Là où c’est génial, c’est qu’on va chanter les notes simples de la gamme
    (celles qui correspondent aux touches blanches du clavier)
    Donc do ré mi fa sol la si do. Pas de dièse ni de bémol ni toute cette sorte de réjouissances.

    On va ainsi créer une petite mélodie simple qui commencera
    par un do si on a choisi le do majeur (comme dans notre exemple)
    par un la si on a choisi le la mineur (mais toujours avec les notes simples de la gamme)
    Et on peut inventer au choix :

    Option 1 : une mélodie « montante »

    Si on est en do, on part du do et on monte librement le long de la gamme, do ré sol la… au fil de ce qui vient, et sans réfléchir ni juger !

    Si on est en la mineur, on fait la même chose… mais en partant du la ! 🙂

    Option 2 : une mélodie « descendante »

    Autre possibilité :
    Toujours en partant du do, (ou du la si on est en la) on descend : do la sol fa… etc.
    Idem : soyez spontané et ne jugez pas !

    Option 3 : une mélodie d’ascenseur

    Heu kézako ?

    Et bien, on monte et on descend ! 😀

    Soit de façon répétitive : do la do la do etc. , soit plus librement en laissant errer sa voix.
    Ceux d’entre vous qui ont mon cahier d’exercices (je rappelle qu’il est gratuit) connaissent cette façon de travailler.

    Vous avez choisi votre formule ? Alors on y va : à vous de trouver un petit bout de mélodie tout simple. Ne vous compliquez pas la vie : la première sera la bonne !

    Vous tenez votre mélodie

    Vous l’avez ?
    On va la représenter par un petit serpentin qui monte et qui descend : c’est votre mélodie.
    Et on va bien en prendre soin, parce que c’est elle qui va nous accompagner tout au long de votre nouvelle chanson !

    Faites tourner votre bout de mélodie en la chantant sur votre premier accord : donc do (majeur) ou la (mineur).
    Attention : sur votre premier accord uniquement !
    Ne brûlez pas les étapes : ici, il s’agit de vous imprégner de ce petit « bout de truc » jusqu’à ce qu’il devienne naturel pour vous.

    Puis passez à la suite.

    Etape 3 : créer la mélodie complète

    Vous disposez d’une suite d’accords d’une part, et d’une mélodie d’autre part.
    Vous allez maintenant combiner les deux. Tout simplement :

    Premier accord

    Chantez votre mélodie sur votre premier accord (donc do pour notre exemple) comme vous venez déjà de le faire.

    Deuxième accord

    Jouez votre second accord (fa dans notre exemple) et chantez la même mélodie dessus.
    Et là, miracle ! Vous allez voir que celle-ci s’adapte parfaitement à son nouvel écrin !
    Peut-être changerez-vous une note pour qu’elle s’harmonise avec votre accord, mais vous verrez que cela se fait tout naturellement !
    Ne vous compliquez pas la vie : laissez aller, et votre mélodie se glissera tout tranquillement dans ce nouvel accord.

    Troisième accord

    Continuez avec votre troisième accord, en changeant toujours le moins possible votre mélodie.
    Vous avez vu ? A chaque fois, votre mélodie prend une nouvelle couleur, tout en conservant sa cohérence !
    De la magie, je vous dis ! 🧙

    Dernier accord

    Finissez avec le quatrième accord, qui aura un air de conclusion.

    Vous pouvez même dévier un peu de la mélodie d’origine pour qu’elle conclue votre suite.
    Mais pas trop !

    Faites tourner

    Maintenant, faites maintenant « tourner » votre série de quatre accords en chantant votre mélodie dessus.
    Et vous allez voir ! ça « tombe » directement !
    Et vous allez même pouvoir l’affiner au fil des « tournes ».

    Voilà, vous tenez votre chanson !
    N’oubliez pas d’enregistrer à mesure, car l’air 🎵 , c’est volatile 😉 !

    Etape 4 : pour aller plus loin

    Ah… j’entend une petite voix qui me dit : ☝️
    « Au nom de l’association des perfectionnistes anonymes, je vous rappelle qu’une chanson se résume rarement à une série de quatre accords. »

    Mouais, c’est pas faux : pour faire une « vraie » chanson, il y a (presque) toujours un couplet et un refrain, qui sont sur deux suites d’accords différentes, voire contrastées.

    Eh bien là encore, pas de problème !
    Vous avez déjà inventé une suite d’accords.
    Il vous suffit donc de créer un deuxième thème.
    C’est très simple : on va refaire la même procédure, en modifiant même quelques paramètres pour apporter un peu de variété.

    Et là, question modifications, vous avez le choix :

    Choix 1 : Prenez une nouvelle suite de quatre accords :

    Il vous suffit de piocher quatre nouveaux accords dans la série.
    Simplement : démarrez toujours en Do ou en Lam.

    Choix 2 : Changez de mode

    Rien ne vous oblige à rester dans la tonalité majeure de do : vous pouvez passer en La mineur.
    Pour cela, commencez votre série de 4 accords par un Lam.
    Et dans ce cas, vous commencerez votre mélodie par un la.
    Et voilà ! 🙂

    Pour tout savoir sur la question des majeurs et des mineurs, allez lire l’article « Accord majeur – Accord mineur, amis pour la vie ».

    Choix 3 : Changez le style de la mélodie

    Votre première mélodie était montante ? faites une mélodie descendante ou un « ascenseur » !

    …ou restez dans le « montant », en agrandissant les intervalles entre les notes.

    Ou toute autre idée qui vous passera par la tête :
    Les possibilités sont infinies.

    Couplets et refrain

    Une fois votre seconde mélodie complètement créée, vérifiez la cohérence entre vos deux productions. Si elles s’enchaînent bien, vous tenez votre nouvelle chanson !

    Vous réserverez la mélodie la plus intéressante pour le refrain, la moins bonne des deux sera pour les couplets. Et hop !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Pour faire une bonne chanson, pas besoin de se compliquer la vie !

    C’est pour cela que les grands virtuoses sont souvent de piètres compositeurs (et inversement) : une bonne chanson est toujours simple !

    Alors à vous de composer la suivante !

    Et si vous n’avez pas peur de devenir une star, allez donc voir cet article sur les accords magiques qui font les tubes en cliquant ici. Tout y est !

    Vive la simplicité, et

    Vive la Chanson !

  • Etoile des neiges

    Etoile des neiges

    Depuis ce triste 4 octobre 2024 où Michel Blanc nous a quittés, la chanson « Etoile des neiges » n’a plus la même saveur. Mais connaissez-vous l’histoire de ce tube des télésièges ?
    Avant tout, les paroles !

    Les paroles de « Etoile des neiges »

    Dans un coin perdu de montagne
    Un tout petit savoyard
    Chantait son amour
    Dans le calme du soir
    Près de sa bergère
    Au doux regard.

    Étoile des neiges
    Mon cœur amoureux
    S’est pris au piège
    De tes grands yeux
    Je te donne en gage
    Cette croix d’argent
    Et de t’aimer toute ma vie
    Je fais serment.

    Hélas soupirait la bergère
    Que répondront nos parents
    Comment ferons-nous
    Nous n’avons pas d’argent
    Pour nous marier
    Dès le printemps ?

    Étoile des neiges
    Sèche tes beaux yeux
    Le ciel protège
    Les amoureux
    Je pars en voyage
    Pour qu’à mon retour
    À tout jamais plus rien
    N’empêche notre amour.

    Alors il partit pour la ville
    Et ramoneur il se fit
    Sur les cheminées par le vent et la pluie
    Comme un petit diable noir de suie

    Étoile des neiges
    Sèche tes beaux yeux
    Le ciel protège
    Ton amoureux
    Ne perds pas courage
    Il te reviendra
    Et tu seras bientôt
    Encore entre ses bras.

    Et quand les beaux jours refleurirent
    Il s’en revint au hameau
    Et sa fiancée
    L’attendait tout là-haut
    Parmi les clochettes
    Des troupeaux

    Étoile des neiges
    Tes garçons d’honneur
    Vont en cortège
    Portant des fleurs
    Par un mariage
    Finit mon histoire
    De la bergère et de
    son petit savoyard.

    Carte d’identité de « étoile des neiges »

    Musique : Franz Winkler (1930)

    Premier titre original (inédit) Am Strande von Rio (Fliege mit mir) vers 1938

    Titre original : Fliege mit mir in die Heimat (première sortie 1940)

    Paroles françaises : Jacques Plante

    Première sortie française : Jacques Hélian et les « Hélianes » (1949)

    L’histoire de « étoile des neiges »

    Tout d’abord, rétablissons la vérité : non, ce n’est pas « étoile des neiges » que chante Michel Blanc dans « Les bronzés font du ski »… mais un peu de patience : j’y reviendrai juste après !

    Au départ, il y a une histoire de famille : Franz Winkler, auteur-compositeur autrichien, entreprend un long voyage jusqu’en Argentine pour rejoindre ses deux frères qui vivent là-bas. Seulement voilà : rapidement, Franz prend le mal du pays, et il en fait une chanson : « Am Strande von Rio », l’histoire un peu neuneu d’une petite fille qui a le bourdon sur la plage de Rio et qui demande à son copain aviateur de la ramener chez elle en Autriche d’un coup d’aéroplane. Bref je vous passe le détail, mais en résumé, ça s’appelle « Sur la plage de Rio » et ça ne parle que du Rhin, du Danube et de la mère patrie.

    Franz Winkler « Fliege mit mir in die Heimat »

    De retour au pays, Franz forme un duo avec sa sœur Albertine, et chante sa chanson sous un nouveau titre « Fliege Mit Mir In Die Heimat », avec de nouvelles paroles. En gros, la même histoire, mais qui ne se passe désormais sur la plage de Troglau et non plus de Rio ! Un premier enregistrement est réalisé en 1940.

    Puis Franz épouse Ingeborg et le duo devient un trio. Nouvel enregistrement en 1948.

    Et voilà Olga, l’autre sœur de Franz, qui rejoint le groupe ! Et ça donne encore un nouvel enregistrement qui sort en 78 tours !

    Question pour voir si vous suivez : combien y a-t-il de garçons et de filles dans la famille Winkler ? 
    Question subsidiaire : combien y avait-il de personnes dans le dernier groupe de Franz ?

    Bon ça va on continue : la chanson fait un carton. Dès 1948, il y a une même une version anglaise « Forever And Ever » qui sort, reprise peu après aux USA.

    En France, c’est Jacques Hélian qui flaire le bon coup en 1949 : ce génial chef d’orchestre (je l’adore !) demande à son parolier Jacques Plante de lui faire des paroles. Et Plante se plante !
    Car ses paroles sont pas à la hauteur des sommets tant convoités.

    Jacques Hélian et son orchestre « Etoile des neiges » première version

    Alors Jacques (Hélian) dit à Jacques (Plante) ce qui lui passe par la tête (je cite) :
    « Je dis n’importe quoi… la montagne, la Savoie… en Savoie, y a des ramoneurs ! Un ramoneur est fauché. Comme il veut se marier, il s’en va gagner des sous, ça existe, non ? Et quand il a la bourse pleine, il radine au pays. Et c’est la noce… Ding, dong, les cloches ! ».

    Jacques est d’accord avec Jacques, et voilà la chanson écrite et validée. Sauf un couplet (celui en italiques) qui est passé discrètement à la trappe !

    Et Ding ! Dong ! En 1949, c’est le Disque d’Or, suivi du Grand Prix du disque en 1951 !
    Voilà ce qui se passe quand on est digne d’un don. C’est dingue !

    Suivront de nombreuses autres versions dont bien sûr la plus connue : celle de Line Renaud.

    Etoile des neiges par l’irremplaçable Line Renaud

    Et les Bronzés dans tout ça ?

    Eh bien non : Michel Blanc ne chante pas « Etoiles des Neiges » sur son télésiège… du moins à l’écran ! Car lors du tournage, c’est pourtant bien cette chanson qu’il chantait !
    Alors que s’est-il passé ? Pourquoi entend-on dans le film :
    « Quand te reverrai-je, pays merveilleux
    Où ceux qui s’aiment vivent à deux ? »

    Adieu, Michel… Quand te reverrai-je ?

    Et bien tout ça , c’est une sombre affaire de gros sous et de droits d’auteurs : au cœur des hostiles cîmes enneigés, le bisounours des montagnes a totalement disparu !
    Les ayants-droits des auteurs et compositeurs s’étant avérés un peu trop gourmands, les Bronzés se sont résolus à changer à postériori la chanson. Et ce n’est qu’en postproduction, au doublage que « Etoile des neiges » est devenu « Quand te reverrai-je ».
    Une inspiration géniale qui a sauvé l’affaire !

    Etoile des neiges par Simon et les modanais

    En 1988, neuf ans après « Les Bronzés font du ski », c’est une version rock’nroll qui fait escalader l’étoile des neiges jusqu’à la seconde marche du Top50 : celle de Simon et les modanais

    Le groupe de Modane (je connais bien Modane : depuis que je suis né, c’est là que je vais été comme hiver passer toutes mes vacances) est au départ un duo de reprises de rock « à la Johnny ».
    Simon, c’est Bernard Simon, cheminot la semaine et rocker le samedi. Pour rigoler, lui et son ami Gigi jouent « Etoile des neiges » au milieu de leur répertoire de reprises.

    « Etoile des neiges  » version Simon et les Modanais

    Et la chanson plait ! Autant aux touristes qu’aux Mauriennais locaux ! A tel point que deux autres amis modanais de Simon vont démarcher le titre à Paris.
    Et bingo ! Signature de contrat, touche de féminité avec Véro (une autres modanaise) et succès !

    Ceci n’aura qu’un temps. Simon et ses acolytes vont rapidement reprendre leurs activités professionnelles… cheminot, conducteur de dameuse, saisonnier… chacun a repris sa route enneigée sous les seules paillettes des cristaux de neige !

    La recette de « étoile des neiges »

    Pourquoi et comment cette chanson est-elle devenue un véritable hymne du répertoire « classique » français ?

    La musique de « étoile des neiges »

    Ici, on va surtout s’intéresser à la mutation contre-nature de cette étoile des neiges : comment cette valse-balade a-t-elle pu se transformer en rock ? Comment l’edelweiss s’est-elle mutée en roc ?

    A cette question d’alchimie et de manipulation génétique, deux réponses : l’une rythmique, l’autre harmonique.

    Le rythme : transformer une valse en rock… ou l’inverse !

    Certains en ont usé, et parfois abusé : changer le rythme d’une chanson apporte un éclairage nouveau à un titre connu, et ça fonctionne à tous les coups ! Cela crée un décalage, soit en forme d’hommage, soit à visée comique, et les exemples sont nombreux ! Comme cette excellente version reggae d’une chanson de notre Francis national.

    « Petite Marie » version reggae

    Mais comment est-ce possible ?
    Et bien c’est très simple en fait ! Tout reste pareil sauf la base rythmique ! N’importe quelle chanson peut être jouée en reggae, en mambo, en electro. Il y a même des logiciels qui font ça très bien, comme IReal Pro, par exemple.
    Là où ça se complique un peu, c’est quand on change ce qu’on appelle « l’armure », comme quand on passe d’une valse à 3 temps (armure 3/4) à un rock à 4 temps (armure 4/4). C’est ce qu’ont fait Simon et les Modanais : ça ne rentre plus dans les cases, non ?
    Et bien ne croyez pas cela : en changeant très naturellement le balancement, ça fonctionne, dans un sens comme dans l’autre !
    Et croyez-moi, pas besoin d’être musicien pour cela ! Essayez, vous verrez !

    L’harmonie : « Etoile des neiges », c’est déjà du rock !

    Penchons-nous sur la grille d’accords de « étoile des neiges ». Les plus musiciens d’entre vous l’ont déjà remarqué : c’est la même grille que tous les morceaux de rock !

    A quelques détails près, on retrouve les degrés I – IV – V dans l’ordre habituel de tous les tubes rock’n roll !

    Autrement dit si on joue en do (pour les pianistes) : do – fa – sol
    et si on joue en mi (pour les guitaristes) : mi – la – si

    Et voilà le travail ! « Etoile des neiges » était déjà une chanson rock ! Et elle n’est pas un cas isolé : de nombreuses chansons populaires traditionnelles sont construites sur ce schéma harmonique.

    Les paroles de « étoile des neiges

    Hormis l’histoire un peu naïve mais touchante et désuète de notre courageux petit savoyard, cette chanson a une caractéristique qui la rend unique : le « e » muet est utilisé comme rime principale :
    neigE, piègE, gagE, bergèrE, protègE… j’arrête là : il y en a tout du long !

    Or le « E » muet est le cauchemar des auteurs : il est inélégant, alourdit le flot, et est souvent la marque des auteurs inexpérimentés.
    Mais là, allez savoir pourquoi, ça fonctionne !

    Et bien la raison est simple : dans la version originale, le « E » en fin de vers n’est pas appuyé, mais vient simplement prolonger la note finale de la mélodie… donc ça passe en douceur.
    On observe que la version des Bronzés respecte cette métrique :
    – « Quand te reverrai-jE
    – Où ceux qui s’aimEnt… Génial !


    Quant à la version « Simon et les modanais », c’est encore mieux !
    Car Simon y appuie à outrance ce fameux « E » !
    Et ça, c’est vraiment rock !

    En effet :
    – d’une part cela correspond à l’accent tonique du rock’n roll anglophone qui appuie l’avant-dernière syllabe .
    – d’autre part il s’agit d’une adaptation à vocation humoristique, donc on appuie là où ça fait pouët !

    Mention spéciale pour le « Halte-là » qui vient ponctuer le refrain.

    C’est la recette des fameux « E » à la neige !

    On en reste baba !

    A vous de jouer !

    Sur la progression d’accords de « étoile des neiges » (cliquez ici pour la version karaoké), laissez-vous aller à improviser des mélodies rock à la voix. Vous verrez que vous allez rapidement trouver vos marques.

    Peut-être même inventerez-vous une chanson, puisque cette « grille » d’accords est un classique qui n’est la propriété de personne ! Alors faites-vous plaisir !

    Pour aller plus loin

    Vous vous sentez inspiré ? Alors créez vous-même une adaptation rock d’un classique, c’est facile !
    Je vous propose de prendre une chanson de votre choix dans le répertoire traditionnel français, et d’en faire une version rock ou reggae. Vous serez surpris de voir à quel point vous pouvez apporter un éclairage nouveau sur une œuvre connue. Et cela va plaire à vos auditeurs ! Car comme dit le proverbe :

    « Le public adore découvrir ce qu’il connait déjà »

    Version plus difficile pour les adeptes des sports extrêmes : prenez une valse, et transformez-la en rock. Essayez, et vous verrez qu’on trouve rapidement le bon balancement !

    Conclusion

    On n’a pas fini de chanter « Etoile des neiges » sur les télésièges ! Je vous donne rendez-vous cet hiver à Modane ValFréjus, la station de Simon et les modanais !

    Nous guetterons ensemble la moindre panne pour chanter cette belle chanson qui, telle la neige éternelle, est entrée au panthéon de la chanson populaire française !

    Vivent les Bronzés, vivent les Modanais, vive la neige, et

    Vive la Chanson !

  • Chanson : gare aux fautes de français !

    Chanson : gare aux fautes de français !

    Aïe ! Aïe ! Aïe !
    Vous sortez du studio avec votre nouvelle chanson. Elle est superbe ! Seulement voilà : il y a une énorme faute de français en plein milieu ! Vous ne l’aviez pas repérée bien sûr, et tout le monde n’entend que cela !
    Bref c’est la cata !
    N’allez pas croire que c’est exceptionnel : ça arrive souvent hélas !
    On va voir ensemble pourquoi cela se produit, et surtout comment l’éviter !

    1. Pourquoi une faute de français dans ma chanson ?

    Nous maîtrisons bien la langue, pourtant ! Ben oui, mais l’écriture de chansons est un processus créatif, et on est souvent concentré (à juste raison) sur l’émotion, la musicalité et le rythme, au détriment de la grammaire ou de l’orthographe. Et patatras !
    Je ne parle pas bien sûr des « fautes volontaires » guidées par une intention stylistique… quoi que…

    2. Les causes fréquentes des fautes de français dans les chansons

    Inattention ou précipitation

    Lorsqu’on est inspiré, on écrit rapidement, sans prendre le temps de relire.

    Liberté créative et licences artistiques

    Il arrive qu’on prenne des libertés avec la langue pour ajuster les paroles à la mélodie ou au rythme, et c’est très bien ! Mais cela ne doit pas nous servir de prétexte pour s’autoriser des erreurs.
    Comme Marc Lavoine et ses « tellement si » !

    Marc Lavoine : un tellement si bon auteur ! (la faute à 0:32)

    Complexité de la langue française

    Nous avons la chance de posséder une des plus belles langues de la planète… et cela a un prix : certaines règles de grammaire et de conjugaison sont subtiles et l’erreur nous guette, surtout quand on cherche à simplifier les paroles pour les rendre plus accessibles.
    Comme Françoise Hardy et son titre charabiesque « c’est à l’amour auquel je pense ». Hein ?

    Françoise Hardy : C’est à quoi t’est-ce auquel elle pense ? (la faute à 0:23)

    Utilisation de l’oralité

    Je le dis souvent : la chanson, c’est du langage parlé. Ce qui implique des expressions familières ou relâchées. Voire fausses ! Alors les libertés linguistiques, c’est bien mais point trop n’en faut, sauf si que vous faiseriez du rap, bien sûr !

    3. Les erreurs les plus courantes en écriture de chansons

    Alors concrètement, nos fautes, c’est quoi ?

    Confusion des temps verbaux

    Présents qui ne sont pas des cadeaux, passé pas si simple et futur incertain… On se prend régulièrement les pieds dans le tapis de la conjugaison !
    Vigilance impérative pour une liberté conditionnelle !
    Notre ami Eddy nous gratifie d’un impératif/infinitif de toute beauté.

    Eddy Mitchell : reprené r’avec lui la conjugaison ! (la faute à 0:56)

    Concordance des temps

    Cette erreur est la meilleure copine de la précédente : on commence au présent, on continue au passé, on revient au présent, et on se retrouve avec un texte… imparfait ! Bref : c’est le bazar !
    A suivre, un méli-mélo entre futur et présent signé Véronique Sanson.

    Véronique Sanson : avec elle, le futur est déjà présent ! (la faute à 0:30)

    Fautes d’accord

    Masculin, féminin, singulier pluriel… je vous l’accorde : le genre n’est plus ce qu’il était ! Même Brassens en son temps s’y était fait prendre : La première fille qu’on a pris dans ses bras… c’est Ielle !

    Georges Brassens pris.e.s en défaut (la faute à 0:27)

    Pléonasmes ou redondances

    Attention à l’utilisation d’expressions répétitives ou inutiles, qui peut même souvent virer à la faute.
    Le ciel étoilé d’étoiles, le vent marin de la mer, la belle beauté de l’immense grandeur et toute cette sorte de fautes inexactes erronées. Un grand classique quand on débute !

    Les liaisons dangereuses 

    Celles-là, elles sont terribles! Vous avez lu, relu et rerelu votre texte : tout va bien.
    Et dès le micro branché, elles vous tombent dessus : les liaisons mal t’à propos qui ne  se voient pas, mais qui s’entendent… comme le nez au milieu de la figure 😉
    Nez qu’on colle au z’hublot, comme Ringo Willy Cat et son grand corbeau noir.

    De son n’hublot, Ringo n’a rien vu venir ! (la faute à 0:53)

    Allez, il n’y a pas que le texte qui pose question : si vous avez remarqué quelque chose à propos de la guitare de Ringo, écrivez-le en commentaire ! 😂

    Anglicismes et tournures erronées

    Vous avez découvert une expression in ingliche qui claque sa mozeure ! Et vous la mettez fièrement en plein milieu du refrain de votre nouvelle chanson. Problème : vous vous êtes trompé sur sa signification, et là : ouatzefeuque !

    Je vous propose d’aller en voir une superbe illustration en cliquant ici

    4. Comment éviter les fautes en tant qu’auteur de chansons ?

    Il n’y a pas de fatalité : on peut échapper au déshonneur suprême. Et voici comment :

    Relisez et corrigez après le processus créatif

    Une fois la chanson écrite, prenez bien le temps de la relire calmement à froid pour vérifier les fautes. Attention, vous devez faire cela en dehors du processus créatif, sous peine de brider votre imaginaire !
    Autrement dit, lors le processus de recherche, tout est permis et il n’y a pas de censure. Par contre, avant de livrer votre nouvel opus à votre public, il vous faut passer par l’impitoyable contrôle qualité qui lui garantira le zéro défaut !

    Un texte qui frise le sans faute, servi par une présentation d’une autre époque !

    Utilisez des outils de correction orthographique et grammaticale

    Il existe en ligne plusieurs outils de correction orthographique et grammaticale qui peuvent aider à détecter les erreurs (Grammarly, BonPatron, etc.).

    Sollicitez votre entourage

    Vos proches, qui sont votre premier public, sont les mieux placés pour pointer avec bienveillance les défauts et erreurs de vos productions. Ecoutez-les sans vous braquer (pas toujours facile) et surtout, surtout, ne vous obstinez pas !
    Puis, avant de passer au studio pour graver votre œuvre, prenez le temps de faire vérifier une dernière fois vos textes par quelqu’un qui a une bonne maîtrise du français.

    Evitez le suraccident

    Histoire vécue :
    J’ai fait un jour remarquer à mon ami Bruno qu’il avait fait une faute de français dans ces très jolis vers en 10 et 9 pieds :

    « Je me rappell’ de l’été 80
    Se souvient-elle seulement de moi »

    Vous l’avez trouvée ? Oui, bravo : on se souvient DE quelque chose ou on se rappelle quelque chose. « Je me rappelle de » n’est pas correct.

    Eh bien, allez savoir pourquoi, Bruno a corrigé en écrivant :
    « Je me souviens de l’été 80
    Se souvient-elle seulement de moi »

    et c’est MOCHE ! Puisque non seulement il répète « souviens » de façon maladroite, mais en plus il multiplie les sons [ɛ̃] (in) souviens, quatre-vingt, souvient. Affreux !

    Il lui suffisait d’écrire :
    « Je me rappelle l’été 80
    Se souvient-elle seulement de moi »

    – soit en appuyant le « e »muet de « rappelle », ce qui admettons-le n’est pas très élégant,
    – soit plutôt en modifiant légèrement sa métrique (9 pieds et 9 pieds) en remplaçant le « de » par un silence :
    « Je me rappell’ (…) l’été 80
    Se souvient-elle seulement de moi »

    Veillez donc bien à ne pas remplacer une maladresse par une autre !

    Prendre des libertés conscientes

    Si une faute est volontaire pour des raisons stylistiques, elle doit être assumée. C’est-à-dire que l’auditeur doit bien le comprendre… alors attention quand même, car c’est un terrain glissant !

    5. A vous de jouer !

    Un petit quiz pour finir ?
    Ce tube célèbre se cache une belle grosse faute de français.
    Saurez-vous la dénicher, et la corriger ?
    Ecrivez en commentaire ce qu’il eût fallu écrire si que vous parleriez correctement.

    Grand Corps Malade / Calogero : Toute la lumière sur une faute restée dans l’ombre !

    6. Pour aller plus loin

    Reprenez impitoyablement vos textes, et passez-les à l’IRM :
    Y a-t-il des fautes involontaires ?
    Si oui, comment les éliminer sans alourdir le son de votre texte ?
    Y a-t-il des « fautes volontaires » ?
    Si oui, sont-elles pertinentes en terme de création, ou est-ce de la coquetterie mal placée (je pense notamment à certaines « créations » de Brel un peu approximatives)

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion :

    La faute de français n’est pas une fatalité ! Elle est au texte ce que la fausse note est à la musique : il faut la traquer, la repérer l’éliminer, voire l’adopter parfois.

    C’est en tout cas un élément à anticiper et à prévoir, de façon organisée, afin de ne pas se retrouver pris au piège le jour de la sortie du single !

    Je compte sur vous sans faute, et

    Vive la Chanson !

  • La goguette

    La goguette

    Vous rêvez de faire vos chansons, mais voilà : vous ne savez pas faire de musique, et vous ne connaissez personne dans ce milieu.
    Voilà qui est super frustrant 😕 et vous enferme dans un cercle vicieux !

    Pas de musique égale pas de chanson..?
    Et bien c’est exactement le contraire ! 😃

    Il existe une façon de se passer totalement de composition, tout en créant des chansons originales qui vous attireront instantanément la sympathie de votre public !
    Des chansons que tout le monde reprendra avec vous dès la première écoute.
    Certains ont bâti toute une carrière de cette façon, sans connaître une seule note !

    Vous croyez que je divague ? Lisez donc la suite ! 👀

    La goguette

    Le principe de la goguette

    Une façon efficace et originale d’écrire des chansons, lorsqu’on n’est pas musicien, est de faire une goguette.

    Une goguette, c’est une parodie de chanson qui reprend un tube connu en modifiant les paroles. ✍️
    L’idée est d’apporter un éclairage nouveau, un décalage par rapport à la chanson originale.
    Le plus souvent, il s’agira d’un détournement comique lié à l’actualité. Mais cela peut également être une variation plus intimiste qui suscite l’émotion.
    Le principe est de surprendre le public, soit en prenant un contre-pied par rapport à l’original, 🎨 soit en lui donnant un nouveau sens.

    Quelques exemples de goguettes

    La version la plus connue de la goguette, celle que l’on connait tous sans le savoir, ce sont les chants qu’entonnent les manifestants dans les défilés✊. Une véritable version « street » visible chaque jour aux actus.

    Autre exemple, dans le monde du spectacle : les imitateurs 🎭 ont souvent recours à la goguette en tant que « faire-valoir » de leur imitation.

    Pas besoin d’être imitateur !
    Il existe aujourd’hui des artistes qui ont fait de la goguette leur spécialité à part entière. Parmi eux, « Les Goguettes », bien sûr !

    « Les goguettes » un groupe qui ne fait que cela !

    C’est donc une forme de chanson à part entière !

    Les avantages de la goguette 🌟

    Sur le plan technique

    Pour l’écriture

    L’intérêt technique de la goguette est qu’elle vous donne un cadre.
    D’une part la structure de la chanson.
    D’autre part le son des mots 🔊.
    Une bonne goguette doit s’en rapprocher le plus possible, trouver des mots qui riment , des structures de phrases qui ressemblent à celles de l’original, des groupes de mots détournés dont la sonorité globale renvoie à l’original 🎧.

    Pour l’interprétation

    Pour chanter une goguette, on ne vous demandera pas de faire des prouesses vocales 🎙️.
    Si vous êtes un excellent chanteur ou un merveilleux imitateur, tant mieux pour vous. Mais même si vous chantez de façon approximative , cela renforcera l’effet comique. Votre défaut devient une qualité ! 💡

    Sur le plan pratique

    Sur un plan pratique, la goguette présente de nombreux avantages :
    Le principal est que vous trouverez facilement des accompagnements karaoké 🎤, n’importe où sur le Net 🌐. Votre orchestration est donc toute trouvée !
    Voici par exemple trois versions de « La tribu de Dana » de Manau.

    1 . L’original
    2 . La goguette
    3 . L’instrumental Karaoké

    Sur le plan du résultat

    La goguette ? Un public acquis d’avance 🤗

    S’amuser avec son auditoire, le faire rire, est une recette qui fonctionne à tous les coups. Vous allez tout de suite vous attirer son intérêt et sa sympathie.

    Mais ce n’est pas tout : la goguette crée entre vous et le public une connivence immédiate 🤝.

    Vos auditeurs, qui connaissent –et reconnaissent– la chanson originale , seront sensibles à tous les clins d’œil que vous y intégrerez. Bien plus qu’à une création nouvelle qui leur demanderait un plus grand effort.

    En chanson comme ailleurs :
    « Les gens adorent découvrir ce qu’ils connaissent déjà. »

    En termes de satisfaction personnelle 😌

    Et vous dans tout ça ?
    Et bien, pensez à la satisfaction que vous allez en retirer ! 😊
    Car même avec une production simple, vous venez de faire un beau cadeau 🎁 à votre public : Il reconnaît la chanson, il la reprend avec vous. Vous avez ainsi su le toucher ou le faire rire, il vous en sera reconnaissant.
    Et ça, ça n’a pas de prix !

    En termes de visibilité 🌍

    Quel que soit le niveau de public que vous visez, la goguette fonctionne 🎤 et vous avez les moyens de vos ambitions !
    Car vous allez disposer de tout ce que les pros ont déjà mis en place pour vous : une composition aboutie, une orchestration complète, une chanson célèbre, rien que ça !
    Vous pouvez directement poster votre création sur YouTube, en mentionnant le titre d’origine !
    Non seulement vous ne paierez aucun droit, mais vous bénéficierez des recherches autour de ce titre !

    Comment ça marche ?

    Pour être efficace, une goguette doit remplir quatre conditions.

    La chanson originale doit être TRES connue

    Pour que la goguette fonctionne, il est impératif que votre public connaisse bien l’original 📻. Sinon, il n’aura pas la référence et vous passerez à côté 😕.

    La goguette doit « sonner » comme l’original

    Les paroles d’une goguette réussie sonnent à l’oreille de façon proche des paroles originales 🔊 : notamment celles du refrain et du titre : c’est ce qui lui donnera sa pertinence.
    Par exemple : « Ma BM », parodie « La bohème » de Charles Aznavour.
    ou « Je l’aide à mourir » pour « Je l’aime à mourir »
    Dans les couplets, on peut se permettre plus de liberté ✍️, mais plus c’est proche et mieux c’est 💡.

    La goguette doit être « décalée »

    Le sens de la goguette doit présenter un décalage assumé par rapport au discours de l’original 💬. Souvent de façon humoristique.

    Si c’est pour tenir le même propos avec d’autres mots, la goguette ne se justifie pas.
    Pire encore : si le son ou le propos sont trop éloignés, cela ressemblera à un simple plagiat.

    La goguette ne doit pas être trop longue

    Votre public passera par 3 phases :

    • 1. la découverte : effet de surprise, reconnaissance de l’original 😲 (effet Waouh! )
    • 2. le développement : dans les couplets (effet HaHa! )
    • 3. Heu…l’ennui, quand l’auditeur a compris le principe et que toutes vos bonnes idées sont déjà dites (effet Zzzz! ).
      Mieux vaut alors supprimer un couplet, voire le répéter, plutôt que saboter votre effet « Waouh » en faisant trop long ! ⏳

    À vous de jouer !

    Voici le moment que vous redoutez 😬 : au boulot !
    Vous allez détourner un titre de chanson ou son gimmick (c’est souvent la même chose).
    Le résultat doit sonner de façon proche de l’original et avoir un sens.

    Par exemple :
    « Là-bas au Conforama » pour « Là-bas au Connemara ».
    Trouvez si possible quelque chose dans lequel on se doute qu’il y aura quelque chose de rigolo à raconter 😂 !
    Pour Conforama, on pourrait énumérer des noms de meubles tout pourris qui se désossent au bout de 3 semaines, ou les nomenclatures incompréhensibles des notices avec des noms de vis exotiques 🔩.

    Allez, au travail 💪, et mettez votre idée en commentaire 💬 !

    Pour aller plus loin

    Vous avez le titre et/ou le gimmick ?
    Je vous propose de faire une goguette complète, et vous allez voir : c’est facile ! 😄

    Le gimmick

    Vous l’avez déjà : c’est lui qui vous donne la direction de la chanson ➡️.

    Le refrain

    C’est la partie importante du travail, car le refrain est ce que le public connaît par cœur . C’est lui qui va permettre d’identifier la chanson d’origine, et vous allez vous appuyer dessus pour fixer votre goguette.
    Vous allez faire le même travail que pour le gimmick : repérer chacune des rimes, chacun des mots, chacun des sons 🔉.
    Puis vous aller tester oralement des rimes proches, des sons proches, et voir ce qui « matche ».
    Car il vous faudra autant que possible les respecter.
    Ainsi, les mots importants qui font l’identité de la chanson originale seront (idéalement) soit copiés, soit détournés 💡.

    Un exemple connu :
    « Je l’aime à mourir » devient
    « Je l’aide (détourné) à mourir (copié) ».

    Les couplets

    Il ne vous reste plus qu’à écrire les couplets ✍️, en développant le thème que vous avez mis en place dans le refrain.
    Vous disposez de davantage de liberté ici, car les repères sonores très forts et répétés du refrain n’ont plus cours ici.
    Pour autant, restez décalé 🎭, et gardez autant de points de repère que possible.

    Le secret d’une goguette réussie :
    Les points de repère 📌 de la chanson doivent être
    respectés dans leur son et
    détournés de leur sens.

    Chantez votre goguette

    Vous savez ce qui va être le plus difficile ? Ce sera de choisir la date ! 🗓️
    Parce que pour le reste, vous avez déjà tous les éléments en main ! 💪
    Alors il ne vous reste plus qu’à :

    1. Cibler votre public 🎯

    Familial lors d’un événement 🎉, mariage, naissance…
    – Amical lors d’une fête 🎊, anniversaire, évènement…
    – Amateur pour une scène ouverte 🎤 devant un public bienveillant
    – Professionnel pour un concours de chant 🏆 devant un public averti

    2. Choisir un accompagnement 🎼

    – Une bande-son 🎶
    en téléchargeant tout simplement la version Karaoké de l’original 📲

    – Des musiciens 🎻
    en leur donnant la grille d’accords que vous trouverez d’un simple clic sur le web. Bien souvent, les musiciens connaîtront déjà les accords de la chanson 🎸.

    « Hells Bells » de AC/DC

    – a capella tout simplement 🎙️
    pour un événement au pied levé. Avantage par rapport à une musique originale : l’auditeur, qui connaît la chanson, n’est pas gène par l’absence de bande-son, car son cerveau fait le reste en « bouchant les trous » 🧠 !

    Et vous vous apercevrez que :

    Vous avez les moyens des pros 🎤🎧

    Pour vous produire en spectacle 🎭

    Comme les professionnels, vous avez votre bande son professionnelle, enregistrée en studio et téléchargée.

    Et vous pouvez vous produire à tout moment dans n’importe quel événement musical.

    Pour réaliser votre enregistrement de qualité CD 💿

    Vous choisissez sur internet la bande-son qui vous convient le mieux 🎵.
    La plupart du temps, vous pourrez même choisir la tonalité qui correspondra le mieux à votre tessiture 🎤.
    Il vous suffit d’enregistrer votre voix et d’ajouter un peu (j’ai bien dit « un peu » 😉) de reverb via le logiciel d’enregistrement 💻, et le tour est joué !

    Budget zéro pour la prod

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    Conclusion

    La goguette est un style à part entière 🎭.
    Certes il s’agit d’une sous-catégorie dans un art mineur. Et alors ?

    La goguette vous facilite la tâche ✍️ ! Elle vous permet dès aujourd’hui de bénéficier des moyens dont pas mal de professionnels n’osent même pas rêver, comme une bande-son, ou des musiciens déjà rôdés, et des recherches référencées sur le web.
    De plus, vous vous attirerez à coup sûr la complicité bienveillante du public !

    Essayez-vous à cette pratique :
    vous n’avez rien à perdre et tout à gagner !
    Et qui sait ?

    La goguette sera peut-être une révélation pour vous !
    …peut-être même la réciproque sera-t-elle vraie ! 🌟

    Vivent les goguettes, et

    Vive la Chanson !

  • Chanson, Poésie, Littérature : la grande confusion !

    Chanson, Poésie, Littérature : la grande confusion !

    Pourquoi de nombreuses chansons sont-elles lourdes et pesantes, alors qu’objectivement elles sont bien écrites ?
    Et bien la réponse est simple : la plupart des auteurs confondent littérature, poésie et chanson, ils confondent langue écrite, langue orale et langue parlée.
    Je vous donne les clés ici.

    Je vous préviens : cet article est un peu théorique, mais il est court et facile à lire
    Il vous permettra de bien construire vos chansons sans vous fourvoyer. Accessoirement, il vous permettra aussi de comprendre pourquoi certaines chansons ne « fonctionnent » pas.

    C’est parti !

    La littérature : langue écrite

    Ce qu’on nomme couramment « la littérature », ce sont les livres. Romans, nouvelles, essais, tout ceci appartient à la langue écrite. Ces textes ont été créés pour la lecture silencieuse. Et même si des « lectures » à voix haute sont régulièrement proposées dans des émissions ou des rencontres, cette forme d’interprétation n’est pas naturelle.
    Là où cela vire à la catastrophe, c’est quand les auteurs eux-mêmes lisent leurs œuvres à voix haute ! Jean Echenoz en parle fort bien au début de cette interview :

    Jean Echenoz, auteur, lit un extrait d’un de ses livres.

    Et là on se rend bien compte que ces textes, si somptueux qu’ils soient, ne sont pas faits pour être interprétés à l’oral : ils n’ont pas été pensés dans cet esprit.

    La poésie : langue orale

    C’est ici que commence la confusion !

    Bien qu’elle se présente sous une forme écrite, la poésie n’appartient pas à la langue écrite.
    Non : c’est de la langue orale !

    A l’exception de la « poésie visuelle » décrite ici sur Wikipedia, les textes poétiques sont conçus pour être dits à voix haute.

    Le son et le rythme des mots y sont des vecteurs d’émotion que la lecture silencieuse seule ne saurait transmettre.
    C’est d’ailleurs comme cela que travaillent les poètes « actifs » : en créant leurs textes à voix haute, à l’instar de Samantha Barendson, co-créatrice du « syndicat des poètes qui vont mourir un jour ».
    Je vous invite à découvrir ses oeuvres aux éditions du chat polaire en cliquant ici .

    Samantha Barendson, créatrice du « Cercle des poètes qui vont mourir un jour »

    Mais alors, pourquoi trouve-t-on la poésie dans des livres ? Pour deux raisons simples :
    1) Pour la stocker, tout simplement, de la même façon qu’on écrit la musique sur une partition.
    2) Pour permettre à chacun de l’interpréter à sa façon : la poésie est un art vivant, et elle n’est pas destinée au départ à l’enregistrement sonore.

    La chanson : langue parlée

    La chanson quant à elle n’est pas seulement de la langue orale : c’est de la langue parlée.
    Les mots qu’elle emploie, tout comme les thèmes qu’elle aborde, font partie du champ lexical oral quotidien de l’auditeur, et sont souvent des marqueurs de son époque.
    Ici, pas de formules alambiquées, pas d’effets de style ni de mots sophistiqués : le langage est direct, simple, et même : ordinaire !

    Ceci n’exclut pas une forme de poésie, mais celle-ci s’exprime davantage par des images que par des formules, tout comme dans une conversation entre deux amis.
    A cela s’ajoutent deux particularités importantes :
    1) la répétition
    2) la cohérence entre les paroles et la musique, deux éléments qui sont indissociables.

    Un grand classique comique (un peu facile) consiste d’ailleurs à se moquer de la soi-disant « pauvreté » des chansons célèbres en les privant de leur musique.

    « Ne me quitte pas » sans la musique… mais avec Muriel Robin !

    La grande confusion

    C’est ici que se trouve l’explication de notre problématique :

    L’immense majorité des auteurs de chanson négligent cet aspect « langue parlée ». Croyant écrire un texte de chanson, ils écrivent souvent de la « poésie » (en octosyllabe la plupart du temps), quand ils ne font pas carrément de la « littérature », c’est-à-dire un texte qui se lit bien mais n’a aucun intérêt à l’oral.
    Comme illustration de ce ratage, on peut citer (entre autres) Michel Houellebec qui a écrit tout un album pour Jean-Louis Aubert.

    Jean-Louis Aubert chante Michel Houellebecq…

    …et on voit bien que, malgré une grande qualité d’écriture, cela ne fonctionne pas.

    On pourrait également citer le « pas gaie la pagaïe » chanté par Maurane, formule rigolote à l’écrit, mais qui ne ressemble à rien à l’oral…

    Finissons avec une exception : Georges Brassens, qui excellait dans le style « récitatif » au point de se risquer à mettre en musique des poèmes de Victor Hugo.

    Brassens a transgressé l’interdiction de Victor Hugo en « déposant une musique sur ses vers » !

    A vous de jouer !

    Alors, comment éviter cet écueil ? C’est assez simple :

    Lorsque vous écrivez un texte de chanson, chantez-le ! Vous verrez que les mots s’organiseront de façon « audible » et « sonore ».
    Vous n’avez pas de musique ? Dites vos mots à voix haute.
    Vous pouvez même vous appuyer sur une musique connue pour créer « oralement » votre texte : Vous pourrez ensuite le confier à un compositeur (sans lui préciser votre méthode) qui disposera ainsi d’une base rythmiquement cohérente pour s’exprimer.
    Et surtout, utilisez le vocabulaire du quotidien, simple et imagé. Avec des mots qui « sonnent ».
    Et bien sûr, respectez la technique des « paniers » (en cliquant sur ce lien) de l’Académie de la Chanson.

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    Conclusion

    La plus grosse erreur que peut faire un auteur de chanson, c’est de produire de la littérature !
    Sans aller jusqu’à Aya Nakamura dont on ne peut pas dire qu’elle soit la meilleure ambassadrice de la langue française, il faut toujours garder à l’esprit que la chanson, c’est de la langue parlée !

    Vivent toutes les langues françaises, et

    Vive la chanson !

  • Pourquoi une bonne chanson dure 3’40 ?

    Pourquoi une bonne chanson dure 3’40 ?

    On le sait tous : la durée idéale pour un chanson, c’est 3 minutes et 40 secondes.
    Mais pourquoi ? Qui a édicté cette règle, et au nom de quoi devrions-nous, nous créateurs, la respecter ?
    Je vous dis tout sur la dictature du chronomètre.

    Car la durée typique d’une chanson n’est pas (que) le fruit du hasard : elle est le résultat de plusieurs facteurs historiques, techniques, et psychologiques !

    Un peu d’histoire

    La préhistoire de l’enregistrement sonore

    On va remonter aux origines de l’humanité : le 78 tours ! Ça se passe au début du 20e siècle. Les premiers supports d’enregistrement (après les rouleaux à exemplaire unique), ce sont les disques 78 tours.

    Le même système que les vinyles des DJ actuels : une galette de vinyle pressée entre deux moules qui imprimaient les sillons. Génial ! Seulement voilà : ces disques ne pouvaient contenir que 3 à 4 minutes de musique par face en raison de leurs limitations physiques.
    CQFD : le format 3’40 était né !

    L’apparition du 45 tours

    Après la Seconde Guerre Mondiale arrive le 45 tours, qui offre un peu plus de souplesse : on dispose d’environ 8 minutes par face… et pourtant, le format persiste ! Au lieu de se dire qu’on a 8 minutes par chanson, on préfère mettre deux chansons de 3’40 ! Bizarre, non ?
    Idem pour les « albums 33 tours », dont la durée par face est de 25 minutes : on préfère y mettre 5 chansons plutôt qu’une seule œuvre…
    …et là on se dit qu’il y a un truc avec ces fameuses 3’40 !
    La réponse se trouve du côté des diffuseurs !

    La radio !

    La programmation radio

    A l’époque, la radio occupe une place prépondérante dans la vie des français. Elle est partout : dans les foyers, dans les voitures avec les autoradios, et même sur les nappes à carreaux des pique-nique avec les « postes à transistor » !

    Or les stations de radio ont toujours favorisé les chansons plutôt courtes : cela leur permettait de diffuser plus de titres, de maintenir l’attention des auditeurs, et surtout de caser des publicités entre les chansons !

    Le Top 50, sinon rien !

    Plus tard, voilà qu’arrive le format « Top 50 ».

    Le Top 50, c’est devenu la référence des ventes pour les artistes. Et elle restera marquée par les mêmes contraintes :
    Plus une chanson était courte, plus elle avait de chances d’être diffusée fréquemment !
    3 à 4 minutes étant la durée idéale.

    Alors c’est juste une histoire de gros sous ?
    Tout ça est un peu tristounet, non ? Attendez la suite !

    Et l’auditeur dans tout ça ?

    Évidemment et heureusement, d’autres facteurs interviennent. Et naturellement, le plus important, c’est l’auditeur, avec sa physiologie, sa psychologie et son esthétisme.

    La capacité d’attention

    Psychologiquement, la capacité d’attention d’un auditeur pour une chanson sans qu’il ne se lasse est limitée.
    Limitée à… 3 à 4 minutes ! Tiens, tiens…
    Des études très sérieuses ont été effectuées pour établir LA durée idéale (il faut dire que des enjeux financiers importants sont dans la balance) et le gagnant est… 3’40 !
    Chiffre confirmé par la statistique puisque c’est autour de ce chiffre magique que se réalisent les plus grosses ventes !

    Accessoirement, et artistiquement parlant, cette durée est suffisamment longue pour développer une idée musicale complète, tout en étant suffisamment courte pour maintenir l’intérêt de l’auditeur.

    La structure de la chanson

    Bon finalement, ça nous arrange un peu, nous les auteurs-compositeurs, puisque la structure classique de nos modestes chansonnettes (couplet-refrain-couplet-pont-refrain) s’adapte bien à cette durée.
    Cela permet d’introduire des éléments répétés et mémorisables sans que la chanson devienne répétitive ou ennuyeuse. Du gagnant-gagnant !

    Business is Business

    Après cette brève incursion du côté de l’humain et de l’artistique, revenons au business !

    Standardisation

    Avec l’évolution de l’industrie musicale, la norme de 3 à 4 minutes est devenue un standard pour les singles. Les maisons de disques ont donc privilégié ce format qui répondait aux attentes du public, des radios, et des artistes. Difficile d’y échapper !

    Même si Sylvie Vartan et Carlos s’en affranchissent dans le savoureux « 2mn35 de bonheur » qui dure…2mn05 !

    Formats de diffusion numérique

    Oui mais… avec l’avènement du numérique, les limitations techniques des supports physiques ne s’appliquent plus ! Alors..?
    Et bien pourtant, cette norme persiste ! Il faut dire qu’elle a prouvé son efficacité pour capter et maintenir l’attention des auditeurs. On n’en sort pas, je vous dis !

    Trop long, trop court ou dans les clous ?

    Alors bien sûr, aucune loi ne vous interdit de vous affranchir de ce standard (sauf peut-être chez nos amis tchétchènes : voir cet article !). Et certains artistes ne s’en privent pas ! Mais il s’agit souvent d’un choix artistique assumé plus que d’une ignorance de la règle.
    Et là, deux options s’offrent à vous : soit (nettement) plus long, soit (nettement) plus court.

    Chansons longues

    C’est souvent dans les les genres progressifs ou expérimentaux qu’on trouve des durées déraisonnables, qui permettent à  l’artiste souhaite d’explorer des idées plus complexes… et souvent un peu ennuyeuses !

    Plus de 8mn avec Bashung…

    Chansons courtes

    À l’inverse, des chansons très courtes peuvent être percutantes et efficaces, souvent rigolotes. Mais là encore, attention : elles sont souvent perçues comme incomplètes si elles ne suivent pas une structure narrative ou musicale solide.

    https://www.youtube.com/watch?v=AU6oFXSs5-Y
    2mn20 pour Philippe Katerine !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    3 minutes et 40 secondes !
    C’est la norme qui s’est imposée historiquement en raison de contraintes techniques, de la structure de la radio, et surtout… de la préférence des auditeurs !
    Mais pas que… Ce format laisse suffisamment de place pour s’exprimer tout en restant accessible et facilement mémorisable.

    Donc, sauf à avoir une intention artistique particulière, c’est un cap à avoir en tête au moment d’écrire votre opus.
    Je vous conseille même de viser plus court : le temps dans une chanson, c’est comme le sel dans la cuisine : c’est toujours possible d’en ajouter… En enlever, c’est une autre histoire !

    Alors prenez du bon temps (3’40), et…

    Vive la Chanson !