Catégorie : Ecrire des paroles

Ecrire des paroles de chanson

  • Chanson, Poésie, Littérature : la grande confusion !

    Chanson, Poésie, Littérature : la grande confusion !

    Pourquoi de nombreuses chansons sont-elles lourdes et pesantes, alors qu’objectivement elles sont bien écrites ?
    Et bien la réponse est simple : la plupart des auteurs confondent littérature, poésie et chanson, ils confondent langue écrite, langue orale et langue parlée.
    Je vous donne les clés ici.

    Je vous préviens : cet article est un peu théorique, mais il est court et facile à lire
    Il vous permettra de bien construire vos chansons sans vous fourvoyer. Accessoirement, il vous permettra aussi de comprendre pourquoi certaines chansons ne « fonctionnent » pas.

    C’est parti !

    La littérature : langue écrite

    Ce qu’on nomme couramment « la littérature », ce sont les livres. Romans, nouvelles, essais, tout ceci appartient à la langue écrite. Ces textes ont été créés pour la lecture silencieuse. Et même si des « lectures » à voix haute sont régulièrement proposées dans des émissions ou des rencontres, cette forme d’interprétation n’est pas naturelle.
    Là où cela vire à la catastrophe, c’est quand les auteurs eux-mêmes lisent leurs œuvres à voix haute ! Jean Echenoz en parle fort bien au début de cette interview :

    Jean Echenoz, auteur, lit un extrait d’un de ses livres.

    Et là on se rend bien compte que ces textes, si somptueux qu’ils soient, ne sont pas faits pour être interprétés à l’oral : ils n’ont pas été pensés dans cet esprit.

    La poésie : langue orale

    C’est ici que commence la confusion !

    Bien qu’elle se présente sous une forme écrite, la poésie n’appartient pas à la langue écrite.
    Non : c’est de la langue orale !

    A l’exception de la « poésie visuelle » décrite ici sur Wikipedia, les textes poétiques sont conçus pour être dits à voix haute.

    Le son et le rythme des mots y sont des vecteurs d’émotion que la lecture silencieuse seule ne saurait transmettre.
    C’est d’ailleurs comme cela que travaillent les poètes « actifs » : en créant leurs textes à voix haute, à l’instar de Samantha Barendson, co-créatrice du « syndicat des poètes qui vont mourir un jour ».
    Je vous invite à découvrir ses oeuvres aux éditions du chat polaire en cliquant ici .

    Samantha Barendson, créatrice du « Cercle des poètes qui vont mourir un jour »

    Mais alors, pourquoi trouve-t-on la poésie dans des livres ? Pour deux raisons simples :
    1) Pour la stocker, tout simplement, de la même façon qu’on écrit la musique sur une partition.
    2) Pour permettre à chacun de l’interpréter à sa façon : la poésie est un art vivant, et elle n’est pas destinée au départ à l’enregistrement sonore.

    La chanson : langue parlée

    La chanson quant à elle n’est pas seulement de la langue orale : c’est de la langue parlée.
    Les mots qu’elle emploie, tout comme les thèmes qu’elle aborde, font partie du champ lexical oral quotidien de l’auditeur, et sont souvent des marqueurs de son époque.
    Ici, pas de formules alambiquées, pas d’effets de style ni de mots sophistiqués : le langage est direct, simple, et même : ordinaire !

    Ceci n’exclut pas une forme de poésie, mais celle-ci s’exprime davantage par des images que par des formules, tout comme dans une conversation entre deux amis.
    A cela s’ajoutent deux particularités importantes :
    1) la répétition
    2) la cohérence entre les paroles et la musique, deux éléments qui sont indissociables.

    Un grand classique comique (un peu facile) consiste d’ailleurs à se moquer de la soi-disant « pauvreté » des chansons célèbres en les privant de leur musique.

    « Ne me quitte pas » sans la musique… mais avec Muriel Robin !

    La grande confusion

    C’est ici que se trouve l’explication de notre problématique :

    L’immense majorité des auteurs de chanson négligent cet aspect « langue parlée ». Croyant écrire un texte de chanson, ils écrivent souvent de la « poésie » (en octosyllabe la plupart du temps), quand ils ne font pas carrément de la « littérature », c’est-à-dire un texte qui se lit bien mais n’a aucun intérêt à l’oral.
    Comme illustration de ce ratage, on peut citer (entre autres) Michel Houellebec qui a écrit tout un album pour Jean-Louis Aubert.

    Jean-Louis Aubert chante Michel Houellebecq…

    …et on voit bien que, malgré une grande qualité d’écriture, cela ne fonctionne pas.

    On pourrait également citer le « pas gaie la pagaïe » chanté par Maurane, formule rigolote à l’écrit, mais qui ne ressemble à rien à l’oral…

    Finissons avec une exception : Georges Brassens, qui excellait dans le style « récitatif » au point de se risquer à mettre en musique des poèmes de Victor Hugo.

    Brassens a transgressé l’interdiction de Victor Hugo en « déposant une musique sur ses vers » !

    A vous de jouer !

    Alors, comment éviter cet écueil ? C’est assez simple :

    Lorsque vous écrivez un texte de chanson, chantez-le ! Vous verrez que les mots s’organiseront de façon « audible » et « sonore ».
    Vous n’avez pas de musique ? Dites vos mots à voix haute.
    Vous pouvez même vous appuyer sur une musique connue pour créer « oralement » votre texte : Vous pourrez ensuite le confier à un compositeur (sans lui préciser votre méthode) qui disposera ainsi d’une base rythmiquement cohérente pour s’exprimer.
    Et surtout, utilisez le vocabulaire du quotidien, simple et imagé. Avec des mots qui « sonnent ».
    Et bien sûr, respectez la technique des « paniers » (en cliquant sur ce lien) de l’Académie de la Chanson.

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    Conclusion

    La plus grosse erreur que peut faire un auteur de chanson, c’est de produire de la littérature !
    Sans aller jusqu’à Aya Nakamura dont on ne peut pas dire qu’elle soit la meilleure ambassadrice de la langue française, il faut toujours garder à l’esprit que la chanson, c’est de la langue parlée !

    Vivent toutes les langues françaises, et

    Vive la chanson !

  • Pourquoi une bonne chanson dure 3’40 ?

    Pourquoi une bonne chanson dure 3’40 ?

    On le sait tous : la durée idéale pour un chanson, c’est 3 minutes et 40 secondes.
    Mais pourquoi ? Qui a édicté cette règle, et au nom de quoi devrions-nous, nous créateurs, la respecter ?
    Je vous dis tout sur la dictature du chronomètre.

    Car la durée typique d’une chanson n’est pas (que) le fruit du hasard : elle est le résultat de plusieurs facteurs historiques, techniques, et psychologiques !

    Un peu d’histoire

    La préhistoire de l’enregistrement sonore

    On va remonter aux origines de l’humanité : le 78 tours ! Ça se passe au début du 20e siècle. Les premiers supports d’enregistrement (après les rouleaux à exemplaire unique), ce sont les disques 78 tours.

    Le même système que les vinyles des DJ actuels : une galette de vinyle pressée entre deux moules qui imprimaient les sillons. Génial ! Seulement voilà : ces disques ne pouvaient contenir que 3 à 4 minutes de musique par face en raison de leurs limitations physiques.
    CQFD : le format 3’40 était né !

    L’apparition du 45 tours

    Après la Seconde Guerre Mondiale arrive le 45 tours, qui offre un peu plus de souplesse : on dispose d’environ 8 minutes par face… et pourtant, le format persiste ! Au lieu de se dire qu’on a 8 minutes par chanson, on préfère mettre deux chansons de 3’40 ! Bizarre, non ?
    Idem pour les « albums 33 tours », dont la durée par face est de 25 minutes : on préfère y mettre 5 chansons plutôt qu’une seule œuvre…
    …et là on se dit qu’il y a un truc avec ces fameuses 3’40 !
    La réponse se trouve du côté des diffuseurs !

    La radio !

    La programmation radio

    A l’époque, la radio occupe une place prépondérante dans la vie des français. Elle est partout : dans les foyers, dans les voitures avec les autoradios, et même sur les nappes à carreaux des pique-nique avec les « postes à transistor » !

    Or les stations de radio ont toujours favorisé les chansons plutôt courtes : cela leur permettait de diffuser plus de titres, de maintenir l’attention des auditeurs, et surtout de caser des publicités entre les chansons !

    Le Top 50, sinon rien !

    Plus tard, voilà qu’arrive le format « Top 50 ».

    Le Top 50, c’est devenu la référence des ventes pour les artistes. Et elle restera marquée par les mêmes contraintes :
    Plus une chanson était courte, plus elle avait de chances d’être diffusée fréquemment !
    3 à 4 minutes étant la durée idéale.

    Alors c’est juste une histoire de gros sous ?
    Tout ça est un peu tristounet, non ? Attendez la suite !

    Et l’auditeur dans tout ça ?

    Évidemment et heureusement, d’autres facteurs interviennent. Et naturellement, le plus important, c’est l’auditeur, avec sa physiologie, sa psychologie et son esthétisme.

    La capacité d’attention

    Psychologiquement, la capacité d’attention d’un auditeur pour une chanson sans qu’il ne se lasse est limitée.
    Limitée à… 3 à 4 minutes ! Tiens, tiens…
    Des études très sérieuses ont été effectuées pour établir LA durée idéale (il faut dire que des enjeux financiers importants sont dans la balance) et le gagnant est… 3’40 !
    Chiffre confirmé par la statistique puisque c’est autour de ce chiffre magique que se réalisent les plus grosses ventes !

    Accessoirement, et artistiquement parlant, cette durée est suffisamment longue pour développer une idée musicale complète, tout en étant suffisamment courte pour maintenir l’intérêt de l’auditeur.

    La structure de la chanson

    Bon finalement, ça nous arrange un peu, nous les auteurs-compositeurs, puisque la structure classique de nos modestes chansonnettes (couplet-refrain-couplet-pont-refrain) s’adapte bien à cette durée.
    Cela permet d’introduire des éléments répétés et mémorisables sans que la chanson devienne répétitive ou ennuyeuse. Du gagnant-gagnant !

    Business is Business

    Après cette brève incursion du côté de l’humain et de l’artistique, revenons au business !

    Standardisation

    Avec l’évolution de l’industrie musicale, la norme de 3 à 4 minutes est devenue un standard pour les singles. Les maisons de disques ont donc privilégié ce format qui répondait aux attentes du public, des radios, et des artistes. Difficile d’y échapper !

    Même si Sylvie Vartan et Carlos s’en affranchissent dans le savoureux « 2mn35 de bonheur » qui dure…2mn05 !

    Formats de diffusion numérique

    Oui mais… avec l’avènement du numérique, les limitations techniques des supports physiques ne s’appliquent plus ! Alors..?
    Et bien pourtant, cette norme persiste ! Il faut dire qu’elle a prouvé son efficacité pour capter et maintenir l’attention des auditeurs. On n’en sort pas, je vous dis !

    Trop long, trop court ou dans les clous ?

    Alors bien sûr, aucune loi ne vous interdit de vous affranchir de ce standard (sauf peut-être chez nos amis tchétchènes : voir cet article !). Et certains artistes ne s’en privent pas ! Mais il s’agit souvent d’un choix artistique assumé plus que d’une ignorance de la règle.
    Et là, deux options s’offrent à vous : soit (nettement) plus long, soit (nettement) plus court.

    Chansons longues

    C’est souvent dans les les genres progressifs ou expérimentaux qu’on trouve des durées déraisonnables, qui permettent à  l’artiste souhaite d’explorer des idées plus complexes… et souvent un peu ennuyeuses !

    Plus de 8mn avec Bashung…

    Chansons courtes

    À l’inverse, des chansons très courtes peuvent être percutantes et efficaces, souvent rigolotes. Mais là encore, attention : elles sont souvent perçues comme incomplètes si elles ne suivent pas une structure narrative ou musicale solide.

    https://www.youtube.com/watch?v=AU6oFXSs5-Y
    2mn20 pour Philippe Katerine !

    Avant de se quitter

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    En conclusion

    3 minutes et 40 secondes !
    C’est la norme qui s’est imposée historiquement en raison de contraintes techniques, de la structure de la radio, et surtout… de la préférence des auditeurs !
    Mais pas que… Ce format laisse suffisamment de place pour s’exprimer tout en restant accessible et facilement mémorisable.

    Donc, sauf à avoir une intention artistique particulière, c’est un cap à avoir en tête au moment d’écrire votre opus.
    Je vous conseille même de viser plus court : le temps dans une chanson, c’est comme le sel dans la cuisine : c’est toujours possible d’en ajouter… En enlever, c’est une autre histoire !

    Alors prenez du bon temps (3’40), et…

    Vive la Chanson !

  • Composez le tube de l’été

    Composez le tube de l’été

    Voici l’été : il est temps de composer le tube qui va lancer votre carrière ! Vous pensez que je plaisante ?
    Pas du tout ! Ecrire un tube, c’est simple ! C’est même parce que c’est simple que c’est un tube !
    Et tous les tubes répondent à un certain nombre de recettes : les voici !

    Un maître-mot : le plaisir

    En été, la plupart des gens prennent des vacances. Et ceux qui sont au travail sont plus détendus, car l’ambiance y est souvent plus calme et moins stressée.
    La bande-son de leur été n’est pas là pour les faire réfléchir, culpabiliser ou douter. Ils en attendent un plaisir léger et immédiat.
    C’est tout simple, et les faiseurs de tubes l’ont bien compris !
    Voyons leur mode d’emploi, et tentons de nous l’approprier.

    Côté paroles

    On va donner à nos auditeurs ce qu’ils ont envie d’entendre : ils l’ont bien mérité !

    Le thème

    Vos auditeurs sont en vacances ! Ils ont besoin de se couper du monde, de se ressourcer. Comme pour leur lieu de vacances, ils ont besoin de changement, de rêve… même si c’est pour un temps seulement.
    Exit donc les thèmes du quotidien : on va parler de vacances !

    « Vamos a la playa » un bon programme de vacances pour l’été

    L’amour (et le chagrin d’amour au bout de l’été), l’été, le farniente, la danse, les soirées , l’apéro, le camping, le dépaysement…
    Et on laisse de côté ce qui déprime ou qui fait réfléchir : adieu les grands sujets de société, et même la poésie !

    Le style

    On laissera tomber tout ce qui exige un effort intellectuel (allez, on garde quand même la poésie à deux balles du genre coucher de soleil sur la plage).
    Seul l’humour, s’il reste léger a de droit de faire vibrer nos neurones.

    La forme

    Ecrivez des paroles simples, avec des répétitions : on doit pouvoir les retenir sans effort dès la première écoute. Pour cela, utilisez des redites, un gimmick, voire des onomatopées.
    Peu de couplets : on doit pouvoir se repérer dans la chanson, et la chanter par cœur  (et au passage montrer à l’entourage qu’on la connaît sur le bout des doigts)

    De la simplicité, des répétitions, et zéro réflexion ! Ca c’est du tube !

    Quant au refrain, il se résumera souvent à un mot : le titre de la chanson, répété plusieurs fois.

    Côté musique

    Le maître-mot : des repères simples

    Le rythme et la mélodie

    Le rythme

    Le rythme doit avoir une vraie personnalité, se repérer instantanément. Ce qui veut dire qu’il est simple, et souvent répétitif !
    Quelques exemples :
    – un rythme à la noire, qui suit tout bêtement le tempo
    – un croch’croch’noire (pom pom Pom…) répété
    Plus c’est facile, meilleur c’est !

    La mélodie

    La mélodie doit être facile à chanter (voire à beugler) et à reprendre en groupe.
    Ne vous compliquez pas la vie : montez la gamme, en noires, et c’est gagné !

    Le fameux refrain des « yeux d’émilie » (à 0:54) : une montée de gamme dont on a gommé 2 notes

    Les couplets et les refrains

    Le principe : Les couplets doivent créer une attente, et les couplets en sont l’explosion. Voici comment procéder :

    Les couplets

    Les couplets se feront sur un rythme retenu, sur une mélodie répétitive : ça peut même être une note unique !
    Il ne doit pas se passer grand’chose, si ce n’est l’attente du refrain. Vous pouvez même jouer de cela pour créer une vrai complicité avec l’auditeur !

    Big Bisou, par Carlos. Un bon exemple de tension qui trouve sa résolution au refrain !

    La tension monte, monte… on attend !

    Le refrain

    Badaboum, voilà le refrain qui débarque !
    Et là encore, on doit rester simple : le refrain répète toujours la même chose (souvent juste le titre de la chanson). Il ne raconte rien !
    Par contre, ça doit exploser et le public doit pouvoir le chanter.
    Pour cela, le mieux est de simplement monter la gamme !
    Soit toute la gamme (Les yeux d’Emilie), soit une partie (souvent 3 notes seulement comme Big bisou), soit même de rester sur une seule note (la Goffa Lolita).

    Le fabuleux refrain de « Can’t stop the feeeling qui libère la tension à 1:16

    Cette technique fonctionne à tous les coups, que ce soit avec un slow à la manière d’autrefois ou avec un tube dance.

    Facultatif : le pont

    Faire le pont quand on est déjà en vacances ? C’est un comble, non ? 😉
    Pour les non-initiés, le pont c’est ce petit passage plus calme qu’on retrouve souvent aux 2/3 de la chanson.

    Bob Sinclar : « World Hold On » avec un pont à 2:20 qui permet aux danseurs de souffler un peu…

    Cela permet à l’auditeur (ou aux danseurs) de « récupérer », d’éviter l’ennui et de relancer l’envie, pour mieux redémarrer juste après.
    Côté musique, le pont sera forcément plus calme, plus linéaire.
    Côté paroles, il donnera un éclairage nouveau, un angle différent.
    C’est surtout l’occasion pour vous de placer un petit thème sympa (qu’il s’agisse de paroles ou de musique).
    Mais le pont est facultatif : si ça ne vous vient pas naturellement, ne le faites pas.

    Bonus : 3 astuces

    Astuce 1 : Placez des points de repère

    Dans de nombreux tubes, il y a un élément qu’on repère instantanément, qu’on identifie, qu’on associe à la chanson et qui lui donne une identité unique.
    On appelle ça un gimmick.

    ManuChao est spécialiste de cette technique, soit avec des mots (me gustas tu), soit avec la fameuse note qui revient dans ses chansons dans l’album.

    Manu Chao et ses répétitions dans « Me gustas tu »

    N’hésitez pas à mettre une note, un son, un mot répétitif qui personnalise votre œuvre.

    Astuce 2 : Soyez positif

    Restez joyeux : les trucs pénibles, c’est pénible. La question est : auriez-vous envie d’entendre votre chanson ? Si la réponse est oui, on est bon, sinon lisez la suite.

    Astuce 3 : Soyez fainéant

    Je vous l’ai dit et répété : pas besoin de vous casser la tête : les idées qui ne « matchent » pas directement seront éliminées. On fait du simple, du facile, du joyeux !
    Je n’ai pas l’habitude de vous dire cela, mais pas question d’y passer des heures : votre tube doit pouvoir s’écrire sur un coin de table.
    Et puis vous avez mieux à faire que de vous torturer les neurones : c’est l’été, non ?

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Vous voilà avec tous les ingrédients en main pour faire votre tube de l’été. Et vous n’avez pas d’excuse pour échapper à ce job d’été : c’est rapide, simple, et le retour sur investissement est presque immoral. Alors à vous de jouer!

    Vive l’été, et

    Vive la Chanson !

  • Trouver les bons mots pour vos paroles de chansons

    Trouver les bons mots pour vos paroles de chansons

    Bonne nouvelle ! Vous pouvez dire adieu à l’angoisse de la page blanche ! Grâce à la technique des paniers, votre chanson va littéralement se construire toute seule !
    Voici le troisième et dernier volet de ce triptyque consacré à cette technique extraite de la méthode « Pomme » de l’Académie de la Chanson.

    Préambule

    Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à aller lire l’article :
    « Ecrire une bonne chanson jusqu’à la fin »,
    où je vous présente la démarche globale de la technique des paniers,
    ainsi que l‘article : « Trouver des idées : les paniers d’idées »
    où je vous montre comment construire la structure de votre chanson.

    Aujourd’hui, on parle des mots et de leurs copines les rimes.
    Pour prendre une analogie culinaire, les mots sont les ingrédients de base de votre chanson.

    Tous les chefs cuisiniers vous le diront : la chose la plus importante pour faire un bon plat, c’est d’avoir de bons produits, de bons ingrédients.


    Dans les deux premiers articles, je vous ai montré comment trouver le thème de la chanson (le plat), et les idées qui vont le composer (la recette).

    Il nous faut maintenant l’essentiel : les produits de base. Les mots et les rimes !
    Ce sont ces produits que, munis de nos paniers, nous allons aller chercher aujourd’hui.
    Et on veut de la qualité !

    Les paniers de mots

    Trouver des mots

    Les mots sont partout, ils sont nombreux, et ils s’offrent à vous !

    Vous allez utiliser la technique du brainstorming ou « remue-méninges » adaptée à la chanson (je vous rappelle que je la détaille dans l’article « Trouver des idées de chanson », pour noter TOUS les mots qui vous traversent l’esprit.

    Pour cela, reprenez votre feuille. Vous savez ? Celle où vous aviez noté vos idées et votre structure. Vous allez maintenant y ajouter des mots.

    Commencez par les mots que vous évoque le thème général de la chanson. Vous les noterez en haut de votre feuille, vers le titre.

    Notez ensuite les mots en lien avec chacune des idées de votre chanson.
    Vous les écrirez autour de chaque idée, dans un élégant cercle répondant au doux nom de « patate« .

    Je vous le rappelle,  à ce stade, il n’y a aucune censure : notez tout !

    Mais quel genre de mots, me direz-vous ?

    Et bien, TOUT : des banalités, des idées, des mots qui vous viennent « comme ça » (ne cherchez pas à savoir pourquoi), certains seront liés à un souvenir, certains porteront une idée forte, d’autres pas du tout. Ils seront parfois énigmatiques, ou au contraire directement liés à votre quotidien. Il peut y avoir des noms propres, des marques (les rappeurs en raffolent). Peu importe, prenez tout : notez !
    Certains mots peuvent d’ailleurs n’avoir qu’un intérêt purement phonétique, voire même être carrément inventés ! Même les onomatopées sont bienvenues !

    « Ford Mustang » de Serge Gainsbourg. Marques, onomatopées, les mots libérés et décomplexés !

    Ne cherchez pas à être original à tout prix : vous l’êtes déjà !
    Oui, utilisez VOS mots, ceux que vous employez au quotidien et qui font votre personnalité.
    Des exemples ? « allô maman bobo », « Mistral gagnant », « Loulou et Boutin », « papa où t’es » (empapaouté), « Ambalaba », etc.

    La sélection

    Vous voici avec un stock de mots. Naturellement, tous n’ont pas forcément un bon potentiel.

    Alors, tout comme le cuisinier qui sélectionne les meilleurs produits, vous n’allez garder que ceux qui vous inspirent le plus.

    Sur votre feuille, entourez les meilleurs mots pour qu’ils vous sautent aux yeux.

    Vous n’avez pas besoin d’en avoir beaucoup : deux mots par couplet suffisent amplement ! Pour l’instant, n’éliminez pas les autres : ils pourront vous servir à compléter votre texte.

    Les paniers de rimes

    Vous voilà en possession d’un stock de mots intéressants. Pour chacun d’eux, vous allez maintenant trouver des rimes ! Sur une nouvelle feuille (ou des nouvelles feuilles), reportez les mots les plus intéressants que vous avez sélectionnés : ce seront des balises pour votre chanson.

    La recherche

    Chacun de vos mots aura droit à un « panier de rimes », qui revêtira une fois encore l’élégante forme d’une « patate ». Vous allez remplir chaque patate avec des rimes.

    Pour trouver de bonnes rimes, oubliez le dictionnaire : vous utiliserez la technique de l’alphabet décrite dans l’article « Trouvez des bonnes rimes ».

    C’est ainsi que vous allez être à la tête d’un grand stock de mots et de rimes en lien avec votre thème et vos idées… Et surtout : ce sont VOS mots et VOS rimes !

    Votre style s’exprime déjà !

    Vous vous apercevrez au passage que certains mots se prêtent mieux à la rime que d’autres : ça tombe bien, vous en avez plein !

    Le miracle

    Et là, le miracle opère : il ne vous reste plus qu’à déposer tout ceci en phrases, car vous avez tous les éléments : le thème, les idées, leur organisation, les mots et les rimes !

    Et vous allez voir qu’à ce moment-là, le texte se construit quasiment tout seul !

    Et qu’il s’en dégage tout de suite un style : le vôtre !

    En séparant les étapes, vous avez simplifié chacune des opérations, et vous avez libéré votre créativité !

    La rédaction n’est que l’étape finale du processus, et n’est rien d’autre qu’une mise en forme des idées que vous aviez trouvées.

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Pas mal d’auteurs laborieux travaillent sans méthode, et franchement ça s’entend tout de suite ! En appliquant la technique des paniers, vous vous surprendrez à écrire facilement des textes de qualité.

    Mieux encore : avec le temps et l’expérience, vous appliquerez cette démarche de façon fluide et naturelle, sans même vous en apercevoir ! C’est ça le talent !

    Alors faites parler votre talent, et

    Vive la Chanson !

  • Écrire des chansons : 5 fausses bonnes idées

    Écrire des chansons : 5 fausses bonnes idées

    L’enfer est pavé de bonnes intentions. Et la chanson n’échappe pas à la règle !

    F.B.I., vous connaissez ? Ça signifie Fausse Bonne Idée !

    Des auteurs plus expérimentés que vous vont sans doute vous conseiller pour vous aider à écrire vos chansons.
    Seulement voilà : parmi les conseils qu’ils vont vous donner, certains vont vous coller aux semelles !

    Car en chanson plus qu’ailleurs, certaines Fausses Bonnes Idées ont la vie dure !

    Voici les 5 Fausses Bonnes Idées les plus répandues !

    FBI 1 : Utiliser le dictionnaire de rimes

    « Pour trouver des bonnes rimes, rien de mieux que le dictionnaire de rimes ! »
    C’est vrai, ça : dans les dictionnaire de rimes, on en trouve, des rimes ! Qu’ils soient au format papier, électronique ou en ligne, les dictionnaires de rimes vont vous fournir toutes les rimes imaginables…
    Hum ! Imaginables, pas si sûr !

    Les dictionnaires vous proposeront des rimes convenues et « académiques » : ici, pas de nom propre, pas d’onomatopées, aucun langage argotique bien sûr, et aucun mot coupé…

    Bref il y a tout…sauf ce qui fait l’originalité d’une chanson actuelle.
    Pire : on obtient souvent des chansons qui, pour reprendre l’expression de mon ami José « puent le dictionnaire de rimes ».

    Si vous voulez vraiment trouver des rimes personnelles et originales, allez plutôt jeter un coup d’œil à cet article : « Trouvez des bonnes rimes ».

    FBI 2 : Pratiquer l’écriture automatique

    Certains auteurs, voire même certains coaches vont vous vanter les mérites de « l’écriture automatique ».
    L’écriture automatique, cela consiste à laisser courir son stylo et à écrire ce qui vient, sans filtre.

    On obtient des textes très originaux… hum, même trèèèèès originaux ! Pour la bonne raison qu’ils n’ont aucune construction, et pire : aucun sens.

    Alors, même s’il peut y avoir un certain snobisme à se dire « c’est moi qui l’ai fait, mais d’où ai-je sorti cela ? », en terme de chanson c’est à oublier.

    Car ce que vous obtiendrez sera de « l’art brut » : ça a un certain charme, c’est exotique, mais ça n’a ni queue ni tête. Comme un tableau de Wölfli ou de Clémentine R. : c’est étonnant, mais qui aurait envie d’accrocher ça dans son salon ? Que celui qui a déjà passé une nuit dans le palais idéal du facteur Cheval me jette la première pierre !

    Ne jetons pas pour autant le bébé avec l’eau du bain : je vous explique dans cet article « Ecrire une bonne chanson » comment tirer le meilleur de votre créativité tout en construisant des « vraies » chansons.

    FBI 3 : Écrire sur les grands thèmes

    Écrire sur des thèmes qui comptent vraiment, c’est tentant : l’amour, la paix dans le monde, l’enfance, la vie et la mort, la sauvegarde de la planète…

    C’est tout de même plus noble que de raconter ce qui se passe au coin de la rue, non ?

    Et bien non ! S’il est louable de porter de belles valeurs, « généralité » rime avec « banalité ». Et on se retrouve facilement avec une chanson qui vire à la leçon de morale… et qui ennuiera le plus bienveillant des auditeurs !

    Une bonne chanson se nourrit du quotidien, d’instants volés, de petites images toutes simples, loin des grands poncifs. C’est cela qui touche les gens, jamais des grandes généralités.

    Le graal, c’est bien sûr lorsque les « petits riens » portent en eux la symbolique d’un des grands thèmes cités plus haut. Là, vous avez gagné !

    FBI 4 : Croire qu’il y a une recette

    On s’imagine parfois qu’il suffit de prendre un tube et de le reproduire quasiment à l’identique pour obtenir un nouveau tube.

    Alors on clone :  style des paroles, phrasé, suite harmonique, progression mélodique, rythme, orchestration, on va tout recopier, changer deux ou trois petits trucs et ça va le faire.

    Et bien non, ça ne le fait pas ! Mais alors pas du tout !

    A cela, plusieurs raisons :

    • tout comme le mouton cloné Dolly, la copie aura quelques graves lacunes, invisibles mais rédhibitoires. Et ça va sonner somme une « copie de… » ou pire un « sous… »
    • le succès d’une chanson est souvent lié à un « alignement de planètes », à une conjonction de circonstances, à un simple mot, une simple note… et non à une « recette miracle »
    • enfin, reproduire un tube à l’identique produira par définition du déjà-vu qui ne touchera plus personne. Certains grands artistes ont ainsi « cloné » leurs propres chansons, et la seule chose qu’on en a retenu est… qu’ils ne se renouvelaient pas !

    FBI 5 : Croire qu’il n’y a pas de recette

    Alors, il faudrait savoir, là !
    Il y a une recette ou il n’y en a pas ? Et bien en fait, il y a… des recettes !

    Je compare souvent la chanson à la cuisine : même si l’on peut parfois réussir un plat génial par hasard (pas vrai, les sœurs Tatin ?), les bonnes chansons respectent certaines règles simples et efficaces.
    Des « recettes » toutes simples que vous trouverez sur le site.

    Bien sûr il y a quelques contre-exemples. Mais ce ne sont que des exceptions qui selon la formule consacrée « confirment la règle ». Et ça tombe bien , parce que le travail de l’Académie, c’est justement de vous permettre de connaître ces règles !

    Quant à ceux qui vous diront qu’il n’y a pas de recette, ne les écoutez pas : c’est simplement qu’ils ne les connaissent pas… même s’il les utilisent parfois sans s’en apercevoir !

    FBI BONUS : avoir peur de l’IA

    Allez : on ne va pas finir cet article sans dire un mot de ce dont tout le monde parle : les Intelligences Artificielles !

    Faut-il les utiliser ou faut-il s’en méfier ?
    Double Fausse Bonne Idée : ni l’un ni l’autre !
    La question est : que cherchent les gens qui aiment la chanson ?
    Réponse : de l’humanité !

    Et là, tout est dit : nos auditeurs n’ont aucun goût pour les œuvres déshumanisées : ils veulent de la simplicité, de l’humain, de l’authentique. Une voix, une guitare, une personnalité.
    L’IA est hors sujet, tout simplement.

    Accessoirement, les productions IA sont loin d’être convaincantes, et ce n’est pas près de changer. J’ai développé en détail ces questions dans les articles « Comment utiliser l’IA pour vos chansons »

    Allez, on oublie l’IA, elle n’est pas dans la course !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    On peut perdre beaucoup de temps en ne suivant pas les bons conseils.

    Sur l’Académie de la Chanson, on vous aide à vous y retrouver et on vous donne des pistes.… même si vous n’êtes pas obligé de les suivre ! 😉

    Alors suivez les « vraies » bonnes idées, et

    Vive la Chanson !

  • Trouver des idées de chanson : les paniers d’idées

    Trouver des idées de chanson : les paniers d’idées

    Bonne nouvelle ! Vous allez pouvoir dire adieu à l’angoisse de la feuille blanche ! Grâce à la technique des paniers d’idées, votre chanson va littéralement se construire toute seule !

    Préambule

    Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à aller lire l’article Ecrire une bonne chanson jusqu’à la fin, où je vous présente la démarche globale de la méthode Pomme :

    – 1 Trouver le thème de la chanson (cliquez ici pour trouver un thème original)
    – 2 Remplir les Paniers d’idées (ça, c’est l’article d’aujourd’hui! 😉)
    – 3 Remplir les Paniers de mots (c’est le prochain article)
    – 4 Remplir les Paniers de rimes (cliquez ici pour savoir comment trouver des bonnes rimes)

    Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la deuxième étape : Les paniers d’idées.

    A quoi servent les paniers d’idées ?

    Finie la page blanche : les paniers d’idées vont vous donner sans effort le contenu de votre chanson.
    Vous avez déjà choisi le thème général de votre chanson (sinon cliquez ici pour découvrir la stratégie du Cerf-volant) ?
    Les paniers d’idées vont vous permettre de trouver toutes les idées qui se rapportent à votre thème, puis de trier tout ça et enfin de construire la structure de votre chanson. Rien que ça !

    Le principe des paniers d’idées

    La technique

    Nous allons utiliser une technique inspirée du brainstorming (ou « remue-méninges » en bon français).
    Même si vous savez déjà ce qu’est un brainstorming, je vous invite à lire l’article que j’ai consacré à ce sujet [article en cours de modification]. Car nous allons l’adapter à l’écriture de chanson.

    Pour faire court

    Le brainstorming est une technique de recherche d’idées en réunion : chacun des participants y « envoie » toutes les idées qui lui viennent à l’énoncé du thème choisi.

    Ces idées sont toutes notées à la volée par un secrétaire.
    Dans un second temps, les idées notées sont traitées « à froid » : relues, éventuellement explicitées, puis sélectionnées, éliminées ou exploitées en fonction de l’intérêt qu’elles présentent.

    Ce qui est fondamental dans le brainstorming (et que peu de gens comprennent), c’est que dans la première phase de travail, il ne doit y avoir aucun censure, aucun jugement : on note tout. C’est la pensée divergente qui est en œuvre, et rien ne doit la brider. On se concentre sur la quantité, sans se soucier de la qualité.
    La seconde phase, celle du tri et de l’exploitation, sera quant à elle guidée par la pensée convergente. C’est une garantie de cohérence.

    La spécificité pour l’écriture de chanson

    Aux deux phases du brainstorming, nous ajouterons une troisième phase plus spécifiquement « chanson », dans laquelle nous construirons les liens entre les idées pour construire la structure de la chanson.

    Comment procéder

    Petit préambule

    Ce que vous allez faire ressemble à un brainstorming « classique » autour du thème de votre chanson. Mais vous y tiendrez tous les rôles : ceux de tous les participants puisque vous êtes seul, mais aussi celui de secrétaire puisque c’est vous qui notez.

    Pour le reste, rien ne change : dans la première phase, vous noterez TOUTES vos idées, sans aucune censure. Laissez-vous aller : peu importe que vous soyez hors-sujet, que vos idées vous semblent pauvres ou banales, faites votre job de secrétaire : notez TOUT.
    Et ne soyez pas votre propre juge, personne ne lira vos brouillons (sauf si vous devenez célèbre, auquel cas on va se les arracher !).

    Allez, C’est parti !

    Etape 1 : la préparation

    Prenez votre feuille. Inscrivez en en-tête le thème de votre chanson. Exemple (presque) au hasard : l’amour 😉.

    Au milieu de votre feuille, écrivez l’idée principale qui sera la plupart du temps une simple redite de votre thème de chanson.
    Entourez-la.

    Etape 2 : avis de tempête

    Tout autour de votre idée principale, écrivez en vrac sur votre feuille tout ce que le thème de votre chanson vous évoque.

    Je le répète parce que c’est important : à cette phase du travail, il n’y a aucune censure.
    Aucune censure, cela signifie que vous allez noter tout ce qui vous vient : Des mots, des phrases, des idées, des thèmes, tout ! Ce n’est pas le moment de savoir si vos idées sont bonnes ou mauvaises : notez-les toutes, sans exception.

    Et pas besoin d’être génial : la seule chose qui compte ici, c’est d’écrire, et si le thème « amour » vous fait penser à « choucroute », notez « choucroute » sans vous dire que c’est idiot !
    Vous avez amorcé la pompe à idées !

    Tant que votre feuille vous le permet, continuez de noter (au moins 5mn). Puis passez à l’étape 3.

    Etape 3 : un peu de ménage pour commencer

    Bon. Là, on est d’accord, c’est un peu la pagaille ! Vous en avez dans tous les sens, et il va falloir faire un peu de ménage.
    Vous allez souligner les idées les plus intéressantes, et entourer les idées fondamentales.
    Vous pouvez aussi rayer ce qui vraiment ne servira à rien.

    Vous vous apercevrez au passage que certaines idées sont reliées entre elles. L’occasion de passer à l’étape suivante !

    Etape 4 : un peu d’ordre pour terminer

    Prenez une nouvelle feuille
    Vous l’avez vu à l’étape précédente : certaines idées sont à éliminer, d’autres à regrouper. Vous allez maintenant organiser tout cela de façon plus propre.
    Au milieu de votre nouvelle feuille, commencez par écrire l’idée principale.
    Puis vous allez recopier, en les organisant tout autour (en les regroupant ou en les reliant), toutes les idées que vous avez décidé de conserver.

    A chaque fois que vous reportez une idée sur la nouvelle feuille, rayez-la sur l’ancienne. Vous serez sûr ainsi de ne rien oublier.
    Et là encore, miracle ! Un embryon de structure commence à se dessiner.
    Quand tout est rayé sur l’ancienne feuille, il est temps de passer à la dernière étape.

    Etape 5 : La structure de la chanson

    Vous obtenez une structure qui ressemble au système solaire : l’idée principale au milieu, et des idées secondaires tout autour, elles-mêmes entourées des idées « satellites » qui s’y rapportent.

    L’idée principale sera le refrain de votre chanson.
    Les idées secondaires seront les couplets. Il vous faut entre 3 et 5 couplets.
    Et les petites idées intéressantes isolées qui apportent un éclairage un peu différent ? Vous en ferez le pont de votre chanson, voire une intro ou une outro (c’est comme l’intro, mais à la fin) dans certains cas.

    Il ne vous reste enfin qu’à déterminer l’ordre des couplets, et à passer à la phase suivante de votre travail : les paniers de mots ! Mais ça, c’est l’objet d’un autre article !

    Pour aller plus loin

    Quand vous serez familiarisé avec cette technique, que je développe dans la méthode « Pomme », vous apprendrez peu à peu à l’enrichir :
    – Avec des liens, traits, flèches et double-flèches qui vous aideront à ordonner fluidifier les enchaînements.
    – Avec des aller-retours entre les différentes étapes de cette phase du travail (car une idée en amène une autre), et aussi entre les différentes phases des paniers : idées-mots-rimes
    – Avec parfois un changement d’angle ou d’idée principale qui apparaîtra au fil de votre inspiration : par exemple un couplet qui se révèle devenir l’idée principale… et donc le refrain !

    Enfin, je vous renouvelle mon invitation à aller voir l’article sur le brainstorming [en cours de modification] pour bien comprendre quelle en est la logique lorsqu’on l’applique à la chanson.

    Avant de se quitter

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    En résumé

    La feuille blanche est à l’écriture ce que le panier est à la cueillette : elle ne vous sert qu’à amasser ce que vous offre votre environnement. Inutile de vous creuser la tête : contentez-vous de tendre la main et de cueillir. Et surtout, restez simple : c’est ce qui touchera le plus vos auditeurs !

    Bonne cueillette, et

    Vive la Chanson !

  • Ecrire une bonne chanson : La technique des paniers

    Ecrire une bonne chanson : La technique des paniers

    Vous avez du mal à finir vos chansons ? Au fil des couplets, votre inspiration s’essouffle ? Vous ne trouvez pas cette maudite rime qui clôturerait votre refrain ?
    Tous ces problèmes ont une seule et même cause ! Et ça tombe bien : j’ai la solution !

    Comment écrire une bonne chanson ?

    LE CONSTAT :

    Vous l’avez sans doute remarqué en écrivant vos chansons :

    Les meilleures idées arrivent au début, et peu à peu on sent bien que « ça tire » de plus en plus.
    – C’est le cas dans la structure de la chanson, dont l’intérêt s’amenuise en avançant dans le texte
    – C’est le cas dans la qualité du texte, qui s’appauvrit au fil des couplets
    – C’est le cas aussi dans chacun de ses composants, le refrain comme les couplets, où l’idée forte est souvent au début, et où ça se termine avec une rime approximative ou hors-sujet.
    Au final, vous obtenez une chanson poussive, au point qu’il vous arrive même d’abandonner avant la fin !

    Et bien rassurez-vous : comme bon nombre d’auteurs, je suis passé par là.
    Et j’ai trouvé la cause… et donc la solution !

    La cause

    Elle est simple : si vos chansons ont ce problème, c’est que vous les pensez de façon chronologique. Vous faites ce qu’on vous a toujours dit de faire : commencer par le début, finir par la fin.

    Et naturellement, les idées qui vous viennent au début sont les meilleures. Donc plus vous avancez, moins vous avez de matière.

    Et ce n’est pas tout ! Car à cela s’ajoute peu à peu la fatigue qui accompagne naturellement tout travail.

    Ces deux éléments se télescopent : comment faire aussi bien avec moins de matière et plus de lassitude ? Vous venez de créer un joli cercle vicieux qui tire votre chanson vers le bas au fil de votre écriture.

    La solution

    Alors comment faire ? Vous n’allez pas commencer votre chanson par la fin !
    Non. Tout ce qui vous manque, c’est un peu d’organisation !

    Et il y a deux bonnes nouvelles :
    Votre talent n’est pas en cause, et l’organisation, je vais vous la donner !

    La chanson, c’est comme la cuisine !

    La France est le pays de la chanson, mais aussi celui de la cuisine !

    Et ce n’est pas un hasard, car la chanson et la cuisine, c’est la même chose :
    Il faut une bonne recette, de bons ingrédients, un bon cuisinier et… une touche de génie pour vous surprendre !

    Le secret des chefs

    Alors comment s’y prennent les cuisiniers ? Croyez-vous qu’ils allument les fourneaux, puis qu’ils commencent à cuisinier au fil des ingrédients qu’ils vont trouver dans les frigos et les placards ?
    Non, bien sûr !

    D’abord, ils choisissent leur recette
    Puis ils listent les ingrédients
    Enfin ils partent au marché avec leur panier pour trouver les meilleurs produits possibles.
    Ce n’est qu’ensuite, lorsqu’ils ont tout, qu’ils commencent à confectionner leur plat.

    En clair, lorsqu’ils allument leur fourneau, ils savent ce qu’ils comptent cuisiner, et ils ont déjà tout préparé.
    Et vous savez quoi ? en faisant leur marché, ils ne s’interdisent jamais de découvrir un produit inattendu qui va sublimer leur recette : c’est même souvent là qu’ils puisent leur inspiration !

    C’est qui le chef ?

    En chanson, le chef cuisinier, c’est vous !
    Votre recette, c’est le thème de votre chanson.
    Vos ingrédients, ce sont les idées, les mots et les rimes qui s’y rattachent
    Et les fourneaux, ce sont vos feuilles et votre stylo !

    Je vous ai déjà expliqué dans d’autres articles comment trouver des thèmes originaux :
    trouvez des idées originales
    imagination à sec ? Les 8 astuces qui vont vous sauver.
    Je n’y reviens pas ici. On part du principe que vous avez déjà votre thème de chanson.

    Le secret pour écrire une bonne chanson : la technique des paniers

    Trois paniers différents pour écrire une bonne chanson

    Vous avez votre thème. Avant de rédiger votre texte, vous allez donc partir avec trois paniers sous le bras pour chercher des idées, des mots et des rimes.
    Et vos paniers à vous, ce sont des feuilles de papier : ce sont vos récipients pour vos ingrédients. Trois feuilles que vous utiliserez dans cet ordre :

    • Une première feuille pour les idées,
    • Une seconde feuille pour les mots,
    • Une troisième feuille pour les rimes.

    Feuille 1 : le panier d’idées

    C’est la feuille sur laquelle vous listerez les idées en rapport avec votre thème.
    Votre idée principale sera au centre de votre feuille, et les idées secondaires qui en découlent auront une position « satellitaire ».

    Je vous expliquerai la démarche en détail dans un prochain article « les paniers d’idées ».

    Feuille 2 : les paniers de mots

    C’est la feuille sur laquelle vous listerez des mots, des groupes de mots ou des expressions en rapport avec chacune des idées.
    On choisira les mots pour leur sens mais aussi pour leur son.

    Je vous détaillerai toute la démarche dans un prochain article « les paniers de mots ».

    Feuille 3 : les paniers de rimes

    Ce sont, pour chacun des mots choisis, des groupes de rimes possibles. Je vous ai déjà expliqué dans l’article « Trouver des rimes imparables » comment trouver des rimes avec la technique de l’alphabet.

    Et je vous dirai tout sur la démarche spécifique des paniers de rimes dans un prochain article.

    La démarche globale

    Vous le voyez, je n’entre pas ici dans le détail de la technique à mettre en place pour chaque panier, ce serait trop long. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de comprendre la démarche globale, qui n’est pas chronologique. C’est ça le plus important, et je vais même l’écrire en gros :

    On ne commence pas par le début pour finir par la fin :
    D’abord on fait son marché avec ses paniers, puis on s’organise, enfin on écrit le texte.
    Comme un cuisinier étoilé qui prépare un plat.

    Videz vos paniers !

    Maintenant que vous avez fait votre marché, et que vous vous êtes aperçu que vos paniers se remplissaient (presque) tout seuls, vous allez inventorier votre butin.

    PREMIERS (petits) MIRACLES

    A ce moment-là, vous vous apercevrez qu’une bonne partie de la chanson (et pas forcément le début) s’est écrite quasiment toute seule ! Ce sont les mots qui vous ont guidé !
    Mais ce n’est pas tout : tel un cuisinier qui fait son marché et qui découvre des produits inattendus, vous avez trouvé des mots et des rimes que vous n’auriez pas soupçonnés en travaillant « à l’ancienne ». Utilisez vos ingrédients !

    SACHEZ REVENIR EN ARRIERE

    Vous verrez à l’usage que ces trois paniers ont des interférences et s’enrichissent mutuellement : un mot peut amener une idée nouvelle. Une rime peut apporter un nouveau couplet.

    Vous avez vu ? Nous avons commencé l’article avec un cercle vicieux, nous le terminons avec un cercle vertueux. Elle est pas belle, la vie ?

    NE VOUS INTERDISEZ RIEN

    Tout comme le cuisinier, vous pouvez à la dernière minute rajouter (ou enlever, ce que le cuisinier ne peut pas faire) un ingrédient que vous venez de découvrir ! Car comme le dit mon ami le grand Claude Lemesle : « une chanson n’est finie que lorsque le disque est enregistré ».

    A vous de jouer !

    Reprenez dans vos tablettes une de vos anciennes chansons qui « bloque ».
    Attention : je ne parle pas d’une chanson « mal née », mais plutôt d’un projet qui avait du potentiel mais qui a tellement patiné que vous l’avez abandonné.
    C’est bon, vous l’avez ?

    Appliquez la technique des 3 paniers (même si vous n’en connaissez pas le détail, peu importe, ce qui compte c’est de vous faire une première expérience). Vous n’avez rien à perdre, non ?

    Et dites-nous en commentaire en quoi cela vous a aidé. Je suis impatient de voir ça !

    Pour aller plus loin

    Traitez votre prochaine chanson directement avec la technique des paniers !

    Lorsque vous aurez une nouveau thème de chanson, ne vous ruez pas sur l’écriture proprement dite !
    Commencez par faire votre panier d’idées, puis votre panier de mots, et enfin votre panier de rimes.

    Je vous parie que vous vous surprendrez vous-même, et que votre style va enfin pourvoir s’exprimer pleinement !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Le plus difficile, avec la technique des paniers, c’est qu’on obtient souvent bien plus d’idées que ce dont on a besoin !

    Un vrai problème de riche, qui vous obligera à faire du tri dans toutes vos idées… et qui vous offrira au passage des pistes pour de nouvelles chansons !

    Prenez une bonne inspiration, et

    Vive la chanson !

  • Trouvez des bonnes rimes

    Trouvez des bonnes rimes

    Vous avez du mal à trouver des bonnes rimes ? Tout comme moi, jusqu’à ce que je découvre la technique de l’alphabet ! Et cette technique, je vous l’offre : je vous dis tout ici !

    Les méthodes de « AVANT »

    Avant, il y avait deux façons de trouver des rimes : la méthode « basique » et le dictionnaire de rimes. Et il faut bien le reconnaitre : toutes deux sont assez limitées. Mais il y a désormais une troisième voie : la technique de l’alphabet, ou technique ABC.
    Quand vous l’aurez découverte, vous trouverez facilement des rimes imparables et personnelles !

    La méthode de rime basique

    La méthode la plus couramment employée par les auteurs de chanson est simple : ils n’ont PAS de méthode !

    C’est-à-dire que la plupart écrivent leur texte en cherchant « à la volée » et au fil de leur écriture ce qui pourrait bien fonctionner avec le mot précédent. Et cela fonctionne parfois !
    Ces rimes ont l’avantage d’être naturelles, et de rester dans l’esprit de la chanson… ou pas !

    Cette non-méthode est très limitée et donne la plupart du temps des textes très ordinaires, voire ennuyeux. Je pense que vous voyez de quoi je parle !

    Le dictionnaire de rimes

    Alors ces même auteurs ont trouvé la parade : le fameux dictionnaire de rimes !

    Que ce soit en version papier ou sur le net, de nombreux dictionnaires de rimes sont disponibles. De nombreux auteurs y ont recours… et ça s’entend !
    Car pour rimer, ça rime !
    Ça rime… façon dictionnaire de rimes ! Et ça se repère à la première écoute !
    Hé oui, le dictionnaire, ce n’est qu’un dictionnaire : il ne connait ni le contexte, ni le sujet de votre chanson, ni le niveau de langage que vous employez. Et surtout, ce ne sont pas « vos » mots. On n’y trouve pas non plus les noms propres, les anglicismes, les expressions argotiques…

    Une Merco, un pookie, à la one again, etc…

    A quoi aurait ressemblé «Ma  Benz» si Joey Starr l’avait écrite avec un dictionnaire de rimes ?
    Non… Impossible d’écrire quoi que ce soit d’original de cette façon.
    On passe vite à la suite !

    La méthode imparable : la technique de l’alphabet

    J’ai développé une technique, que je propose dans la méthode « Pomme » de l’Académie de la Chanson : la technique de l’alphabet, aussi simple qu’un ABC !
    C’est la seule technique qui permet de balayer de façon exhaustive tous les mots qui riment avec votre mot de référence, y compris des mots d’argot, voire des mots inventés, comme le font de nombreux auteurs : Brel, ou plus récemment… Aya Nakamura !

    Comment fonctionne la technique de l’alphabet ?

    1. Posez le cadre

    En haut de votre feuille, vous allez écrire tout l’alphabet, comme s’il s’agissait d’un en-tête. Oui : A B C D E F etc. C’est décoratif et cela vous mettra dans l’ambiance !

    Pendant que vous y êtes, rajoutez les lettres accentuées : É, È, (pas besoin de rajouter Ô)
    Puis les digrammes, ces phonèmes courants qui ne sont pas dans l’alphabet :
    – Les voyelles « nasalisées » : AN, IN, ON, UN
    – Les autres : EU, OU, OI.
    Attention : pas besoin de les dédoubler (« AU » ou « EAU » par exemple sont déjà représentés par « O ») ! On est sur de la langue orale, même si c’est sur papier !
    On rajoute aussi « GN » (comme dans oignon) et « CH », et on est au complet !

    Si vous écrivez sur ordinateur ou un clavier, c’est encore plus simple : pas besoin d’écrire votre alphabet : vous vous servirez simplement des lettres du clavier comme pense-bête : vous remplacez « A B C D E F » par « A Z E R T Y », sans oublier les digrammes !

    Je vous détaille cela juste en dessous !

    2. Explorez les rimes

    Maintenant que ce « cadre » est posé, vous pouvez écrire vos paroles.
    Et bientôt, la première rime pointe le bout de son nez.
    Ce sera, au hasard… Amour, bien sûr !

    C’est donc une rime en « our » que nous allons chercher :  on essaie oralement et à voix haute, en balayant l’alphabet que l’on vient d’écrire :
    a) Avec le A : « Aour » : Bof il n’y a rien !
    b) Avec le B : « Bour » : on a déjà « Bourre »…
    Mais on aura aussi tous les mots qui finissent par « bour » :

    – Précédés d’une « voyelle » A – E – I – O – U- É, È, AN- ON – UN –
    Et là je trouve «rEbours » « dÉbours », « Hambourg », etc. (vous avez vu, j’ai trouvé « Hambourg » avec un « AN » et non un « AM », mais peu importe, on est sur de l’oral, c’est le son qui compte !)

    – Précédés d’une « consomme » : C – D – F- etc., ce qui me permet de trouver « baR-Bour », et même des mots que j’avais oubliés au premier passage, comme « tAM-Bour 
    c) On reprend avec « C » : seCours, reCours, etc…
    d) et ainsi de suite avec tout l’alphabet

    3. Notez

    Naturellement, on ne note que les mots qui nous font « TILT », sinon on va réécrire le dictionnaire de rimes !
    Vous allez ainsi vous constituer des « paniers de rimes », des stocks en quelque sorte.

    Des mots uniques qui vous ressemblent

    La technique de l’alphabet vous permet ainsi de trouver des mots et expressions qui ne sont pas dans le dictionnaire, et aussi de les trouver en les oralisant (à la bourre, Rocamadour, Roger Moore, balourd, Shure, la chourre, etc.), ce qui est LA bonne méthode, puisque la chanson, c’est de l’oral !

    Vous trouverez également les mots « coupés » avec la  rime au milieu, comme « entOURloupe ».
    Et surtout, vous trouverez ces mots en les contextualisant sans être parasité par des mots hors-sujet (comme dans le dictionnaire), car votre esprit est déjà axé vers ce que vous voulez dire dans votre chanson.

    Enfin, ce sont VOS mots, ceux qui VOUS viennent à l’esprit, et qui définiront votre univers.

    C’est un peu long à expliquer, mais en réalité  ça va très vite !

    Naturellement, si vous préférez écrire les phonèmes sous leur forme phonétique (comme par exemple « [u] » pour « OU »), faites-le ! Personnellement je préfère les écrire en toutes lettres.

    Et si j’écris sur ordinateur ?

    Si vous écrivez sur ordinateur, c’est pareil, sauf que vous utilisez toujours le « A Z E R T Y » de votre clavier pour la recherche, ce qui donne :

    Avec le A : « Aour » : Toujours rien
    Avec le Z : « Zour »
    Avec le E : « Eour »
    Avec le R : « Rour »
    Avec le T : « Tour » : On y est : il y a « tour, bien sûr, mais aussi « Tourer » , anglicisme qui ne figure pas dans les dictionnaires de rimes et où l’accent tonique est interne.
    On trouvera aussi tous les mots qui finissent par « tour » : si l’on repart dans l’ordre du clavier, on trouve : « dETour », « cONTour »,

    Et enfin avec les rimes internes « ENTourloupe » qu’on n’aurait pas trouvé dans le dictionnaire de rimes non plus.
    Et ainsi de suite…

    A vous de jouer !

    Voilà, vous savez tout sur la technique de l’alphabet.
    Afin de vous l’approprier un peu, je vous propose le jeu suivant :

    Je vous donne un vers, à vous d’imaginer la suite :
    « Je suis parti.e chercher des rimes… »

    Vous pouvez soit faire un quatrain (donc 4 vers), soit un diptyque (2 vers, attention, plus difficile !)
    Evidemment, ça doit rimer !

    Partagez votre production en commentaire !

    Pour aller plus loin

    Quand vous travaillez votre chanson, voici ce que je vous recommande pour obtenir un texte riche et qui vous ressemble : créez des « paniers de rimes », en panachant dans cet ordre les trois techniques :
    1 – La méthode basique
    qui vous donnera tout de suite les rimes les plus évidentes.
    2 – La technique de l’alphabet
    qui vous donnera des rimes originales et qui vous ressemblent.
    3 – Le dictionnaire de rimes
    qu’on réservera aux cas de sécheresse inspirationnelle et qui permet de s’assurer de n’avoir rien oublié en route.

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Pour un texte parfait
    Choisis sans hésitation
    La technique de l’alphabet
    De l’Académie de la Chanson

    Vive la Chanson !

  • Comment utiliser l’IA pour vos chansons

    Comment utiliser l’IA pour vos chansons

    Ça y est : l’Intelligence Artificielle s’attaque à la chanson ! Mais comment utiliser l’IA dans vos chansons ? Deux programmes gratuits sont à votre disposition, et…
    OUI ! Vous allez pouvoir les utiliser pour vos créations, sans vendre votre âme au diable ! Mais pas n’importe comment : je vous dis tout !
    Attention, cet article est plutôt complet et donc un peu long (6 mn de lecture), mais…
    « Vous me remercierez plus tard ! » 😉

    Ne pas jeter le bébé…

    Nous avons vu dans les deux autres articles consacrés aux nouvelles IA musicales (liens en fin d’article) que même si la prouesse technique est remarquable, la création de chansons par l’IA, ça n’est toujours pas vraiment ça !

    Autant pour les paroles (ridicules!) que pour la musique (limitée!), on reste très loin du compte… quand on n’obtient pas carrément des moutons à 5 pattes comme avec les IA graphiques !
    Alors comment utiliser l’IA dans vos chansons ?

    Même si notre bébé a 3 bras et 7 doigts, il ne faut pas le jeter avec l’eau du bain !

    l'IA dans les chansons : ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain
    L’IA plonge dans le grand bain

    Comment exploiter les IA musicales ?

    La première condition est de ne pas perdre son temps.
    Pour cela, trois préalables.

    1. Montrez qui est le patron

    Le patron, c’est vous !

    Ça, c’est la première chose à bien comprendre : la musique que vous créez par IA vous appartient : à vous et à vous seul !
    1) Vous avez le choix de l’utiliser ou pas.
    2) Vous ne l’avez « piquée » à personne. Même si c’est bizarre à dire, vous en êtes l’auteur compositeur et vous pouvez même la déposer… souvent dans la corbeille d’ailleurs ! 🗑️

    le patron, c'est VOUS
    C’est qui le patron ? C’est VOUS

    2. Gardez la meilleure IA

    Et la meilleure IA, c’est clairement Suno AI !
    Pour avoir écouté des dizaines de mélodies de Suno et Udio, Udio beta est terne, sans âme et pour tout dire mortifère. Tout est convenu, les rythmiques semblent sorties d’un arrangeur bas de gamme, bref selon moi il n’y a rien d’intéressant à en retirer.
    Suno AI au contraire propose régulièrement des envolées lumineuses… même si elles font souvent pschitt à l’atterrissage. 🪂

    3. Jetez ce qui ne sert à rien

    Il y a beaucoup de déchet dans les productions IA.
    Mais ici, pas de recyclage : on jette !

    Par exemple, la structure globale des chansons proposées par les IA n’a pas d’intérêt.
    Et pour cause : il n’y a PAS de structure !
    En effet, les IA de musique créent de la « musique au mètre », sans logique ni ligne directrice.

    En revanche, quelques pans de mélodies sont intéressants.
    On les garde et on débarrasse le reste ! Hop !

    dans vos chansons, l'IA finira souvent à la poubelle
    Ca va chanter dans les poubelles

    Côté paroles, ce que l’on garde

    Nous avons vu dans l’article « 2024 : Ecrire une chanson avec l’IA » que côté paroles, en gros il n’y a pas de quoi pavoiser. Alors comment utiliser l’IA pour vos paroles de chansons ?

    Un simple complément pour votre création

    Vous l’avez vu, le « style IA » est pesant et ampoulé. Ce n’est donc pas l’IA qui va vous apprendre à écrire des chansons, encore moins les écrire à votre place ! En revanche, elle pourra vous apporter des idées ou des images auxquelles vous n’aviez pas pensé. Voici comment vous allez vous y prendre.

    1. Faites vos recherches comme d’habitude

    Que ce soit pour le choix du thème de votre chanson, ou pour trouver les idées que vous allez y développer, faites d’abord vos recherches comme vous le faites d’habitude. Procédez par paniers d’idées, et paniers de mots, comme décrit dans la méthode « Pomme » de l’Académie de la Chanson.

    2. Passez le témoin

    Quand (et seulement quand) vous commencerez à tourner en rond, , faites appel à l’IA. Mais pas avant ! Que ce soit ChatGPT (plus complet) ou Suno AI (plus tonique), demandez-lui des idées, des mots, des compléments. N’en espérez aucun miracle. L’IA est tout au plus une source d’information.

    passez le témoin

    3. Reprenez la main

    Vous avez relevé des pistes intéressantes ? Ajoutez‑les, au même titre que vos autres idées, dans vos paniers de recherches.
    Puis continuez votre chanson avec votre style et vos mots à vous.

    comment utiliser l'IA dans vos chansons et reprendre la main

    Côté musique, ce que l’on garde

    Dans l’article « En 2024, composer une chanson avec l’IA », nous avons vu que l’exploitation des productions IA n’était pas évidente.
    Alors comment utiliser l’IA dans vos musiques de chansons ?

    Comment récupérer la musique produite par l’IA ?

    Aucune exportation directe n’est prévue : pas de fichier MIDI, pas de pistes séparées, rien ! Alors comment faire ?
    Et bien c’est « à l’oreille » qu’il vous faudra récupérer les choses intéressantes dans les propositions des IA musicales. La bonne nouvelle, c’est que vous avez tout le temps de le faire tranquillement, puisque vous aurez téléchargé les fichiers, et que ceux-ci vous appartiennent !
    Et voici ce que vous pourrez en retirer :

    comment utiliser l'IA dans vos chansons en vous servant de vos oreilles
    On récupère « à l’oreille »

    1. Des rythmiques

    Suno AI vous propose souvent des rythmiques très toniques et aérées, quel que soit le style choisi. Comme vu plus haut, vous exercerez votre écoute pour les recopier « à l’oreille ». Et là, rien d’impossible car ce sont les thèmes les plus simples (donc les plus faciles à reprendre) qui sont les plus efficaces ! La vie est bien faite, non ?

    comment utiliser l'IA dans vos chansons, en rythme et en mélodie
    Suno a le rythme dans la puce

    2. Des suites harmoniques

    Les suites d’accords proposées par Suno AI sont souvent des anatoles simples mais de bon goût. Vous pouvez les reprendre à votre compte (si vous ne savez pas ce qu’est un anatole, il y a un lien en fin d’article).

    3. Des belles mélodies

    Suno propose souvent de très beaux départs de mélodies. Hélas il est rare qu’ils conduisent vers une conclusion harmonieuse. Je vous conseille de les prendre en note mentalement et d’en inventer vous-même le développement.

    4. Des envolées pour le refrain

    C’est dans les départs de refrains que Suno AI m’a le plus étonné.
    D’une part les refrains « décollent » avec une vraie tonicité, d’autre part ils sont très bien amenés : l’entame du refrain n’est souvent pas sur le premier temps de la mesure, ce qui lance la mélodie d’une façon dynamique. Bien vu !
    On les recopiera tels quels.
    Le problème est qu’ils s’enlisent ensuite.

    comment utiliser l'IA dans vos chansons et trouver l'inspiration
    Suno est parfois très inspiré

    5. Le bonus : L’IA nous fait progresser !

    Suno AI a des vertus pédagogiques qu’il ne faut pas négliger. Ses algorithmes s’appuient sur de millions de productions existantes, et vous guident vers celles qui fonctionnent, qui sont représentatives de ce qu’aime le public. Et pourquoi ça fonctionne ? Parce que c’est bon, pardi !
    Alors, écoutez, inspirez-vous… Suno vous propose un échantillon de ce que vous pouvez faire. Et si vous décidez de ne pas le suivre, ce sera par un choix éclairé et non par manque de connaissance.

    comment utiliser l'IA dans vos chansons pour progresser en musique
    L’IA comme système expert

    L’IA comme un stagiaire

    Comment utiliser l’IA dans vos chansons ?
    En chanson comme dans d’autres domaines, la seule bonne façon d’utiliser l’IA est de la considérer comme un stagiaire.

    Tout comme un stagiaire, l’IA est pleine de bonne volonté et fera sans rechigner tout ce que vous lui demanderez.
    Mais comme un stagiaire, l’IA n’y connait pas grand’chose et fait souvent des erreurs. Des grosses erreurs dont elle n’a pas conscience.

    Ne lui accordez aucune confiance, ne lui confiez aucune responsabilité, mais restez à l’écoute, car votre « stagiaire » aura souvent des idées auxquelles vous n’aviez pas pensé.
    Et ces idées, ce sont… les vôtres ! Et oui !

    Dans vos chansons, utilisez l'IA comme un STAGIAIRE !
    Notre stagiaire un peu neuneu

    Car c’est vous le boss ! Votre IA ne revendiquera rien de ce qu’elle vous aura apporté. Ce qui nous amène à la question suivante : et les droits d’auteur ?

    Et les droits d’auteur ?

    Ici, pas de débat : tout ce que vous obtenu via l’IA vous appartient.

    Vous en êtes l’auteur, le compositeur, et même l’interprète.

    Et personne ne va venir vous le contester : avant que vous ayez cliqué sur « créer », ces œuvres n’existaient pas !
    C’est donc bien vous le créateur. Vous avez utilisé l’IA comme un outil. N’en concevez aucun état d’âme !

    utiliser l'IA dans ses chansons et devenir riche ?
    C’est moi qui l’ai fait !

    Et mon âme dans tout ça ?

    Justement, l’âme, parlons-en !
    Ne vais-je pas la perdre en me jetant dans les bras de l’Intelligence artificielle ?
    Faisons un voyage dans le temps :

    Pour écrire, on a utilisé au fil de l’histoire : le bout de charbon, le stylo, la machine à écrire, l’ordinateur…
    Ce sont de simples outils, même s’ils ont aujourd’hui des fonctions avancées.

    Pour la musique, il y a eu les bambous, le piano, le synthétiseur, le clavier arrangeur…
    Là encore, ce ne sont que des outils, avec les mêmes progrès techniques.

    Voilà comment utiliser l’IA dans vos chansons : comme un outil.

    comment utiliser l'IA dans vos chansons sans vendre votre âme au diable ?
    L’IA ne te veut aucun maaal !

    L’intelligence artificielle n’est aujourd’hui qu’un outil supplémentaire. Elle ne remplace ni votre personnalité ni votre talent.
    C’est aussi simple que cela.

    Un cas particulier : rap et slam

    Si vous êtes rappeur ou slameur, c’est le jackpot : vous pouvez carrément utiliser les musiques IA telles quelles, sans les modifier !
    En effet, vous pouvez créer votre « instru » de toutes pièces avec Suno AI ou Udio beta.

    Les rappeurs raflent le jackpot
    Rappeurs : raflez la mise!

    Comment utiliser l’IA dans vos chansons slam ou rap ?
    Il vous suffit de shunter la fin du morceau pour éviter la coupure brutale. Cela se fait aisément avec un enregistreur du type Audacity ou par un DAW si vous êtes plus pro.

    Dans un autre registre, les musiques d’ambiance ou d’illustration (podcasts, musiques de films, sonorisation de congrès…) peuvent aussi être produites directement par l’IA.

    comment utiliser l'IA dans vos chansons avec Audacity, Suno, Udio et votre DAW
    Un montage à la portée de tous

    L’intérêt est double : plus besoin d’effectuer de recherches pour « viser juste » (ou à peu près) sur ce que vous voulez… et aucun droit à verser à quiconque, puisque ces œuvres vous appartiennent.

    A vous de jouer

    En guise de travaux pratiques, je vous propose de demander à Suno AI (cliquez ici pour le lien) de créer une petite chanson sur le thème de votre choix. Envoyez-la par mail à message@academiedelachanson.fr. Je la publierai (non sans l’analyser, on ne se refait pas!). Une page du site sera consacrée à toutes les productions reçues. Alors n’hésitez pas et lancez-vous !

    Pour aller plus loin

    Vous voulez savoir comment utiliser l’IA « pour de vrai » dans vos chansons ?
    Alors lisez bien ce qui suit, car je vous dis concrètement comment vous y prendre pour repérer des extraits musicaux, vous les approprier et les exploiter avec votre personnalité.

    1. Ecrivez votre prompt

    Dans Suno, écrivez le prompt de votre choix. Le prompt, c’est la consigne que vous donnez à votre IA. Par exemple, demandez un riff rythmique, cochez « custom » et entrez les paroles du premier couplet, ou préférez un instrumental pop, ou toute autre demande dans l’esprit que vous souhaitez.

    Le prompt

    2. Misez sur la première écoute

    La première écoute est fondamentale : c’est à ce moment‑là que vous serez surpris, que vous relèverez une idée intéressante.

    il faut savoir ouvrir ses oreilles !
    Ouvrez les oreilles

    3. Soyez à l’affut

    Vous êtes un chasseur en quête de création : soyez prêt à relever ce qui vous plaît : est-ce la rythmique, une mélodie, une ligne de basse ? Votre écoute doit être active et attentive.

    il faut ouvrir l'oeil !
    Tous les sens en action !

    4. Notez immédiatement

    Lorsqu’une proposition vous interpelle, notez‑la immédiatement : avec votre enregistreur à côté de vous, réenregistrez tout de suite vous-même (à la voix, à la guitare, à la oineugaine…) le passage musical qui vous a interpellé, en vous l’appropriant.

    5. Transformez l’essai

    Continuez sur votre lancée en imaginant la suite, votre suite. Cela peut être la suite d’une mélodie, le dédoublement d’une phrase, un accord de conclusion, etc. Bref, isolez ce qui vous a plu et ajoutez-y tout de suite votre patte !

    comment utiliser l'IA dans vos chansons et transformer l'essai
    Mettez les points sur les H !

    6. Détachez-vous de l’original

    Surtout, surtout, n’allez pas réécouter la proposition de Suno AI ! Du moins pas tant que vous n’aurez pas noté ce que vous en extrayez, car très vite vous ne pourrez plus sortir de la proposition globale. Et vous y perdriez votre identité.

    7. Contrôlez

    Ensuite seulement, vérifiez si vous retrouvez bien dans votre production ce qui vous avait plu dans la proposition de Suno.
    Réécoutez donc la proposition initiale de Suno.
    Et réajustez au besoin votre production. Cette fois-ci, vous avez bien créé votre musique !

    Une pépite pour finir ?

    On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise : écoutez ce thème de piano plein d’émotion.

    C’est une pure création de Suno AI, et vous savez quoi ?

    J’en suis le propriétaire ! Immoral, non ?

    comment utiliser l'IA dans vos chansons ou vos instrumentaux
    Ivoire clair dans l’IA

    Naturellement, comme c’est de l’IA, ça se coupe en plein milieu (puisque c’est fait « au mètre ») ! 🥺
    Et je ne vous parle pas de la catastrophe lorsque j’ai demandé à Suno de mettre une voix par-dessus !

    Il ne faut pas trop rêver non plus ! 😂

    Comment utiliser l'IA dans vos chansons, c'est pas gagné !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    En conclusion

    Finalement, comment utiliser l’IA dans vos chansons ? C’est tout simple !
    L’IA est une source d’information comme une autre, ni plus ni moins. Il ne faut ni en avoir peur, ni lui faire une confiance aveugle. Et même si l’exploit technique est remarquable, ses productions restent peu exploitables directement.
    Mais on peut s’en inspirer comme on le ferait d’un ciel rougeoyant, du chant d’un oiseau, ou d’une recherche à la guitare…

    Bref, prenons l’IA pour ce qu’elle est : un stagiaire dévoué mais…
    …un peu neuneu quand même !

    Ecrivez en commentaire ce que vous en pensez, partagez-nous votre expérience, car vous êtes les pionniers d’une nouvelle ère !

    Utilisons l’intelligence avec intelligence, et

    Vive la Chanson !

    Les liens :
    Article « Ecrire une chanson avec l’IA »
    Article « Composer une chanson avec l’IA »
    Article sur les anatoles

  • Ecrire une chanson avec l’IA en 2026, c’est possible !?!

    Ecrire une chanson avec l’IA en 2026, c’est possible !?!

    Ça y est : l’Intelligence Artificielle se met à écrire des chansons ! Deux programmes IA gratuits sont à votre disposition. Que valent-ils ? Essai !

    écrire des paroles avec l’IA, c’est possible ?

    Dans les articles « Ecrire une chanson avec l’intelligence artificielle » et « Composer une chanson avec l’intelligence artificielle » (liens en fin d’article) qui restent d’actualité, j’avais testé la création de paroles et de musique par l’Intelligence Artificielle via ChatGPT.

    écrire une chanson avec l'IA ChatGPT 2023
    écrire une chanson avec l’IA ChatGPT 2023

    La question était déjà « Est-il possible de faire écrire et composer ses chansons par une Intelligence Artificielle ? » et la réponse avait été… pas encore ! Mais aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, deux petits nouveaux débarquent dans l’univers de l’Intelligence Artificielle : Suno AI et Udio beta. Tous deux sont gratuits, spécifiquement dédiés à la chanson, et là franchement, c’est du sérieux.

    Suno est disponible depuis fin 2023.
    Udio est apparu en avril 2024, avec les mêmes ambitions.
    Pendant que j’y étais, je suis également retourné voir si ChatGPT avait fait quelques progrès depuis la dernière fois. Qui sait ? On dit que les t’Chats ont 9 vies…

    Suno AI Udio beta

    Alors que valent-ils ? Essai obligatoire !

    Les paroles

    Pour écrire les paroles, j’ai proposé à nos trois intelligences une consigne simple :
    Écrire une chanson en français dont le thème est : « la musique créée par intelligence artificielle ».

    La requête ci dessus s’appelle un prompt. C’est très facile : il suffit de l’écrire telle quelle et nos IA se débrouillent !

    Ecrire une chanson IA en rédigeant un prompt
    Rédaction d’un prompt

    Les paroles de chanson par ChatGPT :

    Le texte

    Titre : SYMPHONIE DE L’INTELLIGENCE

    REFRAIN
    Dans un monde numérique, où l’intelligence s’épanouit,
    La musique prend son envol, d’une source sans limite.
    Un algorithme compose, une mélodie infinie,
    Dans ce doux tourbillon, où la magie se décrit.

    Couplet 1
    Au cœur de la machine, une symphonie s’éveille,
    Des lignes de code dansent, une harmonie qui chatouille.
    Les circuits électriques, pulsant d’une vie nouvelle,
    Créent des sons divins, une musique éternelle.

    REFRAIN

    Couplet 2
    Les bits et les octets tissent une toile sonore,
    Des rythmes en cascade, une cadence qui explore.
    L’IA devient chef d’orchestre, dans ce ballet singulier,
    Guidant les notes et les accords, vers l’éternité.

    Pont
    Quelle merveille, cette création sans fin,
    Où la machine devient muse, dans ce destin.
    La musique de demain, façonnée par le virtuel,
    Un voyage sans frontière, vers l’infini du réel.


    REFRAIN

    L’analyse

    Rien qu’à la lecture du titre, on est fixé ! Quelle modestie ! Mais le résultat ?
    Mouais. C’est un peu désolant (ou rassurant ?) : un an après notre précédent essai, ChatGPT n’a pas progressé d’un iota.
    Les paroles restent lourdes et banales.
    Les rimes sont souvent fausses (« épanouit » avec « limite », « éveille » avec « chatouille »).
    La métrique est aléatoire (au lieu des 6 pieds visés, on oscille entre 5 et 10 pieds !).
    Le sens : Très souvent, cela ne veut rien dire. « la magie se décrit », « une cadence qui explore », « la machine devient muse dans ce destin », un rappeur lui-même n’oserait pas écrire ça !.

    Le ChatGPT chante sa chénson ecrite avec IA
    Le t’Chat miaule toute la nuit dès mi-août

    La structure : ChatGPT nous en propose bien une, mais celle-ci est plutôt bancale :
    REFRAIN, Couplet 1, REFRAIN, Couplet 2, Pont, REFRAIN, ça semble correct, mais…
    Mais dans les paroles, on ne voit pas trop de différence entre le refrain, qui est censé présenter l’idée générale, et les couplets qui sont devraient dérouler le propos. Seul le pont apporte comme il se doit un éclairage un peu différent ; mais dans le cas présent il aurait mieux valu en faire le refrain.

    Le verdict

    La production de ChatGPT est totalement inexploitable. Tout au plus peut-on en extraire quelques idées, et encore !

    Au suivant ! J’ai confié la même mission à notre petit nouveau : Suno AI !

    Les paroles de chanson par Suno AI

    Le texte

    Titre : LES MACHINES DANSENT

    COUPLET 1
    Les machines s’éveillent dans la nuit
    Leur coeur électronique bat en rythme
    Elles dansent ensemble en harmonie
    La fusion de l’art et de la mécanique

    REFRAIN
    Dansons Dansons avec l’intelligence artificielle
    Laissons-nous emporter par cette symphonie
    Les machines révèlent leur beauté sans pareille
    Dans un monde où la musique est leur magie

    COUPLET 2
    Les algorithmes tracent des mélodies
    Les mots se transforment en sonorités
    Les machines composent avec précision
    Un nouvel univers Fusion d’émotions

    L’analyse

    Le style est un poil plus tonique que ChatGPT. Mais pour le reste, c’est du même tonneau : lourd et banal. Je reprends l’analyse dans le même ordre que pour Chat GPT :
    Les paroles restent poussives.
    Les rimes sont parfois fausses (« mélodies » avec « sonorités »).
    La métrique est aléatoire (De 9 à 11 pieds).
    Le sens : Très souvent, cela ne veut rien dire ou c’est hors sujet (« la fusion de l’art et de la mécanique », « un nouvel univers fusion d’émotions »).
    Côté structure enfin, il n’y a qu’un seul refrain. C’est donc incomplet.
    je crois que je vais rappeler le rappeur !

    Le Sumo du Suno AI chante sa chanson écrite avec IA
    Le Sun(m)o pratique le ki-AI

    Le verdict

    Le résultat est très médiocre mais un tout petit peu mieux que ChatGPT. Cela ressemble un (tout petit) peu plus à une « vraie » chanson, (d’autant plus qu’une musique est livrée avec!).
    Mais cette production reste insipide et n’a franchement aucun intérêt.

    Pour autant ,J’ai gardé le meilleur pour la fin en demandant la même chose au nouveau-né : Udio beta

    Les paroles de chanson par Udio beta

    Le texte

    Titre : L’HARMONIE DES ALGORYTHMES

    Petit code créé d’acier
    Qui compose et qui façonne
    Mais que l’homme lui pardonne
    Si la machine dépasse l’essayé
    Pareil à aucun autre
    Elle a appris les gammes
    Aséitme, abfouslu
    Noïtme, aplibru vipète
    Et la muse, cachée dans chréni mutier
    Y insérésissable pédé
    Compose dans cesse renouvelé
    Des chants frontière la nouvelle portée.

    L’analyse

    Vous n’avez pas la berlue, et il n’y a pas de fautes de frappe.
    Alors, qu’en dire ? Heu rien.
    Mieux vaut en rire sans doute !

    On analyse, juste pour le plaisir ? Allez, soyons charitable, on s’arrêtera à « Elle a appris les gammes », mais déjà là, on a touché le fond depuis un moment…

    Udio beta chante sa chanson écrite avec IA
    Udio : un incompris en pleine création

    Le style est carrément pesant (heureusement on rigole à la fin !)
    Les paroles sont… heu… pesantes aussi. Ça doit être un hasard !
    La métrique est fausse (de 6 à 10 pieds).
    Le sens : Aïe ! Même quand il y a de vrais mots, ça ne signifie rien. Mais soyons indulgent, car comme dit le proverbe :

    « Que l’homme lui pardonne si la machine dépasse l’essayé ».
    Udio beta (idiot bêta?) 2024

    Et puis bon, Aya Nakamura a bien explosé en France et à l’international avec des mots qui n’existent pas, non ?

    Et la structure ?
    Hein ?
    Quoi, la structure ? Quelle structure ?
    Y’a PAS de structure !

    Le verdict

    Udio le bien nommé est de loin le plus mauvais des trois. Il n’y a rien, mais alors RIEN à tirer, d’autant que la version écrite des paroles n’est pas facile à trouver dans l’interface.

    En résumé

    Ce n’est pas encore cette fois-ci qu’on peut espérer vraiment écrire une chanson avec l’IA. Même si dans le meilleur des cas, le français est correct, le style reste pesant.
    De plus, hormis ce bon vieux ChatGPT, la production n’est pas pensée comme une chanson.
    Seul Suno AI tirerait ‑un peu‑ son épingle du jeu, sans toutefois être très convaincant.

    A vous de jouer !

    Devenez musicien programmateur en Intelligence Artificielle,
    ça claque, non ? Allez on y va !

    Je vous propose de faire vos premiers pas dans la rédaction de chanson par IA. C’est vous qui allez écrire une chanson avec l’IA ! Votre mission : faire rédiger un petit quatrain par l’IA de votre choix : ChatGPT, Suno AI ou Udio beta (cliquez dessus).

    Vous allez pour cela rédiger « un prompt », c’est-à dire une consigne pour l’IA.
    Attention : c’est bien l’IA qui doit écrire la chanson, création humaine prohibée !

    Donnez une consigne de vers de 8 pieds (on verra bien si c’est respecté)
    Le thème est : une IA écrit des chansons, elle nous raconte ses sensations (c’est l’IA qui parle, le texte est donc à la première personne).

    Spécimen de Ver à 8 pieds muni d'Intelligence Artificielle musicale.
    Spécimen de Ver à 8 pieds muni d’Intelligence Artificielle musicale.

    De mon côté je prends un engagement :
    Dès qu’il y aura quatre quatrains dans les commentaires, je les compilerai et je demanderai à une IA d’en faire une « vraie » chanson. Chiche ? Je compte sur vous !

    Ecrivez votre quatrain dans les commentaires.

    Pour aller plus loin

    Malgré toutes les réserves énoncées plus haut, il est possible d’utiliser l’intelligence artificielle, mais pas aveuglément, sous peine de voir l’IA écrire une chanson pas très… intelligente.

    Voici mon conseil pour utiliser intelligemment l’intelligence :

    Lorsque vous avez votre thème de chanson,

    1. Faites votre travail de recherche comme d’habitude (idées, mots, rimes).
    2. Ensuite seulement allez demander à ChatGPT et Suno AI ce qu’ils auraient fait.
    3. Prenez les idées intéressantes, uniquement s’il y en a.
    4. Intégrez ces idées dans vos recherches du point 1.
    5. Ecrivez vos paroles avec votre style et vos mots.

    En bref, on ne confie pas les clés de la maison à l’IA !
    Et ce n’est pas parce qu’elle risque d’y mettre la pagaille :
    non, c’est parce qu’elle ne sait pas où est la porte !

    Et la musique ?

    Si le ChatGPT donne sa langue au t’Chat dès qu’il s’agit de chanter, il n’en est pas de même de Suno AI et Udio beta qui sont de vraies IA musicales !

    Non seulement ces applications incroyables écrivent des paroles, mais elles composent, orchestrent et interprètent votre chanson. Et vous n’avez plus qu’à télécharger !
    Ecrire des chansons avec l’IA est aujourd’hui une réalité !

    J’ai croisé plusieurs blogueurs et YouTubeurs très enthousiastes à ce sujet.

    Mais pour nous, auteurs, compositeurs et interprètes, ces programmes sont-ils utiles ? Sont-ils dangereux ? Et surtout, comment peut-on s’en emparer ?

    Suno AI et Udio beta ou Daft Punk ?
    Suno AI et Udio beta : Les enfants cachés des Daft Punk !

    Avant de se quitter

    Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

    Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.

    Avant de découvrir comment nos IA ont interprété la chanson que je viens de vous présenter (suspense!!!), je vous propose ce petit instrumental signé SunoAI histoire de patienter un peu, car…

    ...je vous dis tout dans la seconde partie de cet article !
    (cliquez sur le lien ici)

    D’ici là, comme dit Udio le bêta : ablipru vipète,

    et Vive la Chanson !

    Comme promis, voici les liens vers les articles sur ChatGPT :

    « Ecrire une chanson avec l’intelligence artificielle »
    https://academiedelachanson.fr/ecrire-une-chanson-intelligence-artificelle/

    « Composer une chanson avec l’intelligence artificielle »
    https://academiedelachanson.fr/composer-une-chanson-intelligence-artificelle/