Francis Cabrel le dit lui-même : Il n’a aucun génie. En revanche, c’est un besogneux ! Quand la plupart des paroliers se cantonnent dans la « rime suivie », c’est-à-dire « AABB », Francis Cabrel, lui, va explorer de nouveaux territoires. Le résultat ? Des chansons différentes, qui nous surprennent au détour de chaque phrase et qui se marient parfaitement avec la musique. Dans cette série de trois articles, je vous montre comment vous approprier les techniques du grand Francis pour vos propres chansons ! Dans ce premier volet, nous parlerons des RIMES CROISEES.
Les rimes croisées simples
La rime AABB, la plus courante en chanson, ça n’est pas trop le truc de Cabrel. Trop basique ! Lui, ce qu’il veut, c’est créer un effet par la construction même de ses rimes. Et la façon la plus simple, c’est la rime croisée : ABAB Et c’est de cela qu’on va parler aujourd’hui !
Avec la rime croisée, Cabrel crée déjà une attente, un suspense. On guette la rime suivante, elle tarde à s’offrir, et inconsciemment notre esprit la recherche, l’’imagine presque.
Un exemple avec « Ma place dans le trafic »
A Le jour se lève à peine B Je suis déjà debout A Et déjà je promène B Une lame sur mes joues
A Et le café qui fume B L’ascenseur qui m’attend A Et le moteur que j’allume B M’aident à prendre lentement (rime orpheline) Ma place dans le trafic.
Paroles à 0:22
Et Cabrel va aller plus loin avec la rime croisée :
Les rimes croisées avec le dernier vers plus court
Dans « La robe et l’échelle », Cabrel reprend les rimes croisées, mais crée un effet de surprise en anticipant la dernière rime, comme s’il nous coupait l’herbe sous le pied. Evidemment, cette structure est en phase avec le propos !
A. T’avais mis ta robe légère B. Moi l’échelle contre un cerisier A. T’as voulu monter la première B. Et après… ✂️
A. Ya tant de façons, de manières B. De dire les choses sans parler A. Et comme tu savais bien le faire B. Tu l’as fait… ✂️
Paroles à 1:15
Ce n’est pas fini ! Car Cabrel a plus d’un tour dans son sac
Les rimes croisées avec le dernier vers plus long
Dans « Animal », Cabrel crée au contraire une attente, un suspense supplémentaire en rallongeant, et même en « remplissant » le dernier vers de la séquence au lieu de nous offrir la rime au moment où on l’attend.
A. Tu voudrais qu’elle t’aime B. T’as changé tes manières, A. Tu prends des allures mondaines, B. Tu racontes seulement tes voyages en première, en première. (vers rallongéééé)
Paroles à 0:47
Pour finir cette séquence « rimes croisées », Cabrel nous propose une nouvelle forme :
Les rimes croisées avec une rime doublée.
Dans « A chaque amour que nous ferons » Cabrel crée encore une fois le suspense et l’attente en doublant l’avant-dernière rime avant de nous offrir la conclusion en dernière rime. Ce qui donne une structure ABAAB
A. Je me noierai dans tes étreintes, B. Dans tes vallées, tes sillons A. Tes merveilleux labyrinthes A. Et tes mystérieuses plaintes B. À chaque amour que nous ferons A. Le rouge de ta bouche peinte B. Enflammera l’horizon A. Jusqu’aux étoiles presque éteintes A. On y trouvera nos empreintes B. Et de là, nous nous perdrons
Paroles à 0:15
Vous avez vu ? On attend une rime B au quatrième vers, et non : c’est A qui revient, créant un sentiment de durée, voire d’infini. Et puis quand on n’y croit plus, le 5ème vers résoud la tension avec la rime B et apporte la conclusion.
Quoi, vous avez remarqué autre chose ? Ah oui c’est vrai : chaque couplet se termine toujours par la même rime : une rime en « on ». Eh bien on appelle ça une « rime refrain » Et ça tombe bien, parce qu’on en parlera dans la seconde partie de cette série d’articles !
À vous de jouer !
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pas simplement pour le plaisir de l’analyse, non.
Mais plutôt parce que toutes ces techniques, vous pouvez les appliquer à vos propres chansons. En commençant par les plus simples bien sûr.
Et vous allez voir que cela va sublimer vos textes !
Si vous commencez par la musique
C’est tant mieux : Avant même de commencer à écrire votre texte, vous pourrez organiser vos rimes pour qu’elles mettent mieux en valeur votre mélodie. Pour cela, comptez les pieds de chaque vers de votre chanson, et numérotez-les. Ecrivez votre chanson sous forme de numéros, comme si l’on comptait les syllabes. Puis voyez la structure de rimes que vous mettez en place. Il ne vous reste plus qu’à respecter le schéma pour écrire ! Pour mieux comprendre, voici ce que donnerait le début de La Marseillaise. (« Al / lons / z’en / fants – de / la / Pa / tri / i / e » devient « 1 2 3 4 – 5 6 7 8 9 10 »)
A. 1 2 3 4 – 5 6 7 8 9 10 (faire rimer en A) B. 1 2 3 4 5 – 6 7 8 (faire rimer en B) A. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 5 (faire rimer en A) B. 1 2 3 4 5 6 7 8 (faire rimer en B) A. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (faire rimer en B)
Si vous commencez par les paroles
C’est tant mieux aussi : certains effets, comme la rime croisée et ses déclinaisons, sont toujours jolis, quelle que soit la mélodie. Utilisez-les ! Et vous verrez qu’elles vont même contribuer, par leur musicalité, à vous inspirer des mélodies nouvelles !
Au travail !
Prenez votre courage à deux mains, une feuille dans la troisième et un stylo dans l’autre, et rédigez un petit quatrain en rimes croisées. Vous pouvez l’écrire en commentaire !
Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.
Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
En conclusion
La force de Cabrel est qu’il met en place un système de versification en amont de son écriture. Il n’y a là rien de difficile, et vous pouvez en faire autant. Alors, à vos stylos pour organiser la forme technique de vos chansons ! Et croyez-moi, vous verrez la différence !
A. Croisons le fer B. Le chant, le son, A. Croisons les vers !
Vous aimez écrire des chansons, pas vrai ? Vous avez même un certain talent pour cela, votre entourage vous le dit !
Seulement voilà : vous avez tellement de choses à raconter que vos chansons sont trop longues. Et ça c’est un vrai problème.
Et comme tout problème il a une solution ! Et elle est juste en dessous !
C’est grave, docteur ?
Déjà, on se rassure : vous n’êtes pas tout seul ! TOUS les auteurs compositeurs sont passés par là ! Sauf bien sûr ceux qui n’ont rien à dire… et encore ! Alors comment garder l’essence d’une chanson tout en la rendant plus percutante ?
Une bonne chanson, c’est une chanson concise
Allez, quitte à enfoncer quelques portes ouvertes, on va rappeler pourquoi une bonne chanson doit être courte. Vous pouvez en savoir plus à ce sujet dans l’article « Pourquoi les bonnes chansons durent 3’20 » https://academiedelachanson.fr/duree-bonne-chanson/ .
1. L’attention de l’auditeur est limitée
Dans notre beau monde où tout va aussi vite qu’un missile russe, le public a de moins en moins de patience. Pour qu’une chanson dépasse les 4 minutes, il faut vraiment qu’elle ait une bonne raison ! Et encore ! Bien peu de titres atteignent cette durée ! D’ailleurs la radio et les plateformes de streaming favorisent les morceaux courts et impactants.
2. Structure resserrée = plus d’impact
En épurant votre chanson, vous concentrez l’émotion. Vous le savez bien en tant qu’auditeur ! Ue message qui se dilue dans la durée perd peu à peu de sa force.
3. Faciliter la mémorisation
Ça, c’est vraiment un point important : un refrain accrocheur et une mélodie bien construite doivent être assimilables rapidement. Si l’auditeur met trop de temps à comprendre où vous voulez en venir, il ne va pas s’approprier « sa » chanson, pire encore, il va décrocher.
Comment raccourcir une chanson existante ?
Houlà ! Là vous vous dites « Y’a du taf ! Quand une chanson est finie, mieux vaut ne plus y toucher ! ».
Eh bien pas si sûr : ce n’est pas si compliqué ! Voyez plutôt la suite…
1. Analysez la structure de votre chanson
Prenez du recul, oubliez que vous êtes un artiste et identifiez les parties essentielles :
L’introduction est-elle trop longue ? C’est souvent le cas : on raccourcit !
Y a-t-il trop de couplets ? 2 ou 3 ça va, 4 c’est déjà trop : on enlève ou on compacte !
Le refrain revient-il assez vite ? Est-il déjà trop long ? Si oui, on réajuste !
Le pont est-il vraiment nécessaire ? Si non, on lui fait rendre son tablier et on traverse à la nage !
👉 Astuce : Essayez de supprimer un couplet et voyez si le message reste clair. Oui ? Cool ! Non ? Lisez la suite !
2. Évitez les longueurs inutiles dans les paroles
Pour avoir analysé quelques centaines de chansons « amateurs » j’ai pu constater que la plupart du temps, le texte est trop explicatif. En chanson, la suggestion et l’image valent mieux qu’un long discours.
Remplacez les phrases trop bavardes par des expressions plus directes.
Supprimez les répétitions inutiles.
Cherchez l’impact émotionnel en moins de mots.
👉 Exercice : Réécrivez un couplet en supprimant un tiers des mots, tout en conservant le sens.
👉 Astuce : Condensez deux couplet en un seul en supprimant les mots les moins intéressants, tout en conservant le sens.
3. Dynamisez la mélodie
Bon, on accuse toujours le texte ! Mais parfois, c’est bien la musique qui allonge la chanson ! Voici deux des principaux problèmes : – des phrases musicales trop étirées – des passages instrumentaux superflus (pitié !) Tout cela nuit bien sûr à l’efficacité, et pour tout dire, ça em…nuie l’auditeur.
Faites des tests en réduisant la durée de certains passages musicaux.
Supprimez les intros et outros trop longues.
Essayez d’accélérer légèrement le tempo, juste pour voir ce que cela donne (attention, opération à risque !)
Essayez de modifier un peu « l’habillage » avec une rythmique plus sympa que la sempiternelle guitare « feu de camp » (oui je sais ça ne réduit pas la durée, mais cela modifie favorablement l’impression générale).
👉 Astuce : Enregistrez deux versions, l’une avec tous les éléments et l’autre plus resserrée. Comparez les effets.
Comment faire des chansons moins longues ?
Mieux vaut prévenir que guérir ! Pour vos prochaines chansons, prenez les devants, et mettez-vous en situation d’être tout de suite efficace.
1. Partez sur une bonne base
Sur le site « Académie de la Chanson » comme dans la méthode « R.I.M.E. » ou la méthode « POMME », je vous donne des ressources gratuites. Utilisez-les, elles sont là pour ça !
2. Agissez en amont
(comme dirait Marcel). Lorsque vous avez votre thème général de couplet, votre refrain et éventuellement votre pont, prenez un minuteur.
Chronométrez chacune des parties.
Fixez-vous une limite (3’40 par exemple) , et voyez ce qui « rentre ». Puis organisez la structure. Par exemple, si le couplet dure 30s, le refrain 20s et le pont 30s, vous pouvez envisager :
Couplet 1 (30s) Couplet 2 (30s) Refrain (20s) Couplet 3 (30s) Refrain (20s) Pont (30s) Refrain (20s) ce qui fait un total de 3mn. Si vous ajoutez l’intro et un éventuel petit instrumental, vous serez vite aux 3’30.
Structurez votre chanson (quel sera le propos de chaque couplet, celui du refrain, celui du pont) et là seulement, rédigez les paroles.
3. Soyez impitoyable avec votre propre travail
Écrire une chanson est un travail d’orfèvre (c’est idiot comme phrase, non ?). Il faut parfois accepter de couper des passages, parfois même des passages que l’on adore (et non pas que l’on dore, ça c’est l’orfèvre). L’important est que la chanson fonctionne en tant qu’ensemble.
Faites écouter votre morceau à quelqu’un de confiance.
Demandez-lui où il décroche ou ce qui lui semble répétitif.
Soyez à l’écoute des retours et osez trancher ! (ça c’est plutôt le boucher)
4. Pratiquez le tri sélectif : Utilisez la corbeille à papier
Quoi ?!? Mettre à la poubelle des passages qui vous ont donné tant de mal ? Et bien oui ! C’est un problème de riche : tel un cuisinier talentueux (ça y est on recommence avec le jeu des métiers !), vous ne garderez que les meilleures pièces pour composer votre opus.
Mais rassurez-vous, le reste n’est pas perdu : gardez de côté vos idées non retenues : elles serviront pour d’autres chansons.
Vous constituez ainsi votre petite « base de données artistique » que vous relirez de temps en temps. Vous verrez, c’est à la fois plaisant et inspirant !
C’est comme cela qu’on utilise la corbeille : en pratiquant le tri sélectif et le recyclage… il faut vivre avec son époque !
5. Testez une version live
Enfin, une bonne manière de savoir si votre chanson est trop longue, c’est de la jouer en situation réelle. Un public, même restreint, vous fera sentir instinctivement quand il commence à perdre le fil.
👉 Astuce : Faites un test en chantant votre chanson en acoustique. Si elle fonctionne sans artifices, c’est qu’elle tient la route.
Avant de se quitter
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Conclusion : la force de la simplicité
Inventer une chanson marquante, c’est savoir aller droit au but. Comme dirait Ludwig Mies van der Rohe : « Less is more » (et non pas « en laisse y s’mord », ça c’est Snoop Dog). Une chanson concise gagne en force et en émotion.
En appliquant ce principe, vos chansons sauront captiver sans lasser. Elles auront ce « je ne sais quoi » (mais nous on sait!) qui va toucher vos auditeurs.
Alors, prêts à faire un peu de ménage dans vos textes ? ✂️🎵
Qu’on le veuille ou non, l’intelligence artificielle s’est définitivement invitée dans tous les domaines de la création, y compris la musique. Alors une question se pose : peut-on écrire une VRAIE chanson avec l’IA ?
L’IA au service des paroles : une plume qui ne vole pas très haut
Vous le savez : les outils d’IA sont capables de générer des paroles en quelques secondes. Des plateformes gratuites comme ChatGPT, DeepBeat, LyricStudio et bien d’autres permettent de proposer des lignes de texte en fonction d’un thème ou d’un style donné. Mais concrètement, qu’est-ce qu’on peut en tirer ?
IA pas de problème
L’IA est capable d’écrire en quelques instants une chanson de qualité médiocre qui ne surprendra personne. Pratique si vous êtes à cours de temps pour fêter l’anniversaire d’une vielle tante un peu déconnectée.
L’IA sait analyser des milliers de chansons pour proposer des idées dans un registre particulier (romantique, engagé, humoristique…). Elle trouvera donc des thèmes porteurs… mais ordinaires.
L’IA peut vous aider à surmonter le syndrome de la page blanche : un auteur peut utiliser une IA pour générer des suggestions et stimuler son inspiration.
Ben… c’est à peu près tout ! 😁
IA pas moyen
Créer des métaphores originales : Impossible. L’IA se base sur des données préexistantes, donc zéro inventivité : elle recycle du déjà-vu.
Donner une âme aux textes : non plus. Elle ne ressent ni émotions ni intentions profondes. Pire encore, l’IA ne comprend souvent rien aux paroles de chansons qu’on lui soumet ! Essayez, pour voir, vous serez édifié ! 😕
Comprendre les subtilités de la langue française : que nenni ! Les jeux de mots, les doubles sens et la poésie fine, tout ça, ça n’est pas son truc du tout !
Trouver des rimes : là c’est carrément risible 😁 ! Les IA peuvent aligner des vers qui semblent rimer, et en plein milieu, patatras : un mot qui n’a rien à faire là vient tout flanquer par terre ! C’est sans doute dû au fait qu’elle ne maîtrise pas le son des mots.
Respecter la métrique : AUCUNE des IA que j’ai testées n’en est capable. Plus largement, tout ce qui fait l’essence de la langue orale (accent tonique, rimes, métrique, etc… lui échappe totalement.
Bon, allez, soyons sympa ! Offrons à l’IA un poste d’assistante, et ce malgré ses énormes lacunes techniques qui donnent à toutes ses productions une grande banalité et pas mal de lourdeur.
Mais on la garde à l’oeil, car elle ignore tout de la langue orale, et davantage encore de la langue parlée, qui est l’essence même de la chanson. Dans ce domaine, l’IA est pire qu’inutile : elle fait carrément des fautes !
Et puis on ne lui laissera pas le mot de la fin, car une bonne chanson repose définitivement sur la personnalité de l’artiste, et non sur un assemblage froid -et souvent hasardeux- de mots générés par un algorithme.
En clair, y’a du boulot !
Composer avec l’IA : une note médiocre
Bilan mitigé pour l’IA côté paroles, mais qu’en est-il des mélodies et des arrangements ? Des outils comme AIVA, Boomy ou Amper Music (pour ne citer qu’eux) proposent de composer automatiquement des morceaux en fonction d’un style musical donné.
Alors ? Qu’est-ce qu’on en retire ?
IA pas de problème
Générer des progressions d’accords : pratique ! Mais bon, l’IA reste dans des schémas habituels ultra-connus.
Proposer des arrangements automatiques : orchestre, synthé, guitares… L’IA peut esquisser une direction sonore. C’est de mon point de vue sa seule réelle qualité, même si les claviers arrangeurs font cela depuis belle lurette.
Proposer des entames de mélodie : souvent, cela pourra vous donner l’impulsion pour un début de thème musical. Un début seulement, car…
IA pas moyen
Les mélodies ne vont nulle part ! Autant les entames peuvent être une source d’inspiration, autant il faudra vous débrouiller tout seul pour trouver « la sortie », car systématiquement les mélodies s’enlisent après quelques mesures.
Aucune émotion authentique : une composition IA peut être techniquement correcte, mais elle manquera cruellement de vie… ou alors ce sera sur un malentendu !
Marge de progression très faible : un artiste modifie, affine et improvise selon ses sensations, les retours de son entourage, ce que l’IA ne peut pas faire. L’IA sera juste capable de proposer de nouvelles choses sans s’adapter de façon intuitive comme le fait un artiste. Ne perdez pas votre temps à lui faire affiner sa création, c’est peine perdue.
Uniformisation des styles : les morceaux générés tendent à tous se ressembler, faute d’une véritable intention artistique. Ce qui fait qu’avec un peu d’expérience, on les identifie instantanément. N’espérez pas lancer votre carrière de cette façon !
Bref, là encore, on peut au mieux considérer l’IA comme une source d’inspiration parmi d’autres, voire comme un soutien technique, mais il ne faut pas en attendre plus.
Le public « chanson » et l’IA : I’A un blème !
Il faut également soulever un point très important : Si certains publics, notamment dans les musiques électroniques ou la pop internationale, peuvent tolérer une production en grande partie automatisée, il en va tout autrement pour la chanson francophone.
Les auditeurs de chanson française ne cherchent pas une prouesse technologique, mais une voix, une plume, une identité. Pourquoi aime-t-on Brel, Véronique Sanson ou Vianney ? C’est pour leur manière unique de raconter une histoire, d’interpréter une émotion et de donner une profondeur humaine à leur art.
Et là, côté IA, on est carrément hors sujet !
En résumé : Utiliser l’Intelligence avec intelligence
On l’a vu, même si la prouesse technologique est remarquable, le résultat objectif produit par les IA est souvent de médiocre qualité. Pourquoi ?
Il faut prendre l’IA pour ce qu’elle est : un assistant dévoué, plein de bonne volonté mais totalement dénué de talent.
et pas pour ce qu’elle n’est pas : un artiste à part entière qui saura vous surprendre ou vous émouvoir.
Pour bien utiliser l’IA, il faut garder à l’esprit que l’IA ne ressent rien, elle ne vit pas d’expériences, elle ne doute pas, ne cherche pas à provoquer ni à innover par nécessité intérieure. Elle n’a aucune marge de progression (j’ai testé la méthode « Pommes » sur ChatGPT… misère !) L’IA n’a pas d’intuition, elle ne crée que par association statistique. Un musicien, un auteur, un compositeur va parfois aller à contre-courant, casser les codes, oser l’inattendu… Un choix que l’IA ne fera pas.
Bon, alors l’IA, c’est poubelle ? Pas tout à fait : on peut quand même l’utiliser… un peu !
Le MODE D’EMPLOI
Voici le moment tant attendu : ce qu’on peut faire ou ne pas faire !
Côté paroles
Vous pouvez utiliser l’IA pour : – Trouver un thème de paroles – Rédiger un texte « juste pour voir » s’il y a un petit truc à en tirer mais surtout pas pour : – Trouver des rimes fiables – Ecrire un texte à votre place
Côté musique
Vous pouvez utiliser l’IA pour : – Trouver une progression harmonique (pas trop originale) – Chercher des idées d’entames de mélodies mais surtout pas pour : – Faire une mélodie complète – Mettre en musique un texte complet – Créer à votre place une musique complète, sauf si vous êtes slameur ou rappeur. – Interpréter à votre place
Vous devez donc utiliser votre IA comme un employé un peu neuneu mais très dévoué, sans en attendre de miracle, et en lui pardonnant ses faiblesses.
Hé oui, désolé, mais… l’IA n’a aucun talent !
Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.
Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
En conclusion : un outil, mais pas un artiste
L’intelligence artificielle fait peur à beaucoup. Et bien croyez-moi, il n’y a pas de quoi ! Car si elle peut être un soutien créatif intéressant pour écrire une chanson, notamment pour surmonter un blocage ou explorer de nouvelles idées, elle n’a ni le talent, ni la sensibilité, ni la vision d’un artiste.
Vous êtes auteur-compositeur ? Voyez l’IA comme un assistant, mais ne lui laissez jamais le premier rôle.
Ce que le public attend d’une chanson, ce n’est pas une rime convenue ou une harmonie standardisée, c’est une vérité, une émotion et une signature unique : la vôtre.
Vous aimez écrire des chansons, pas vrai ? Mais voilà : l’idée de les chanter vous-même ne vous emballe pas plus que ça ? Ou peut-être aimez-vous l’idée de voir vos mots portés par la voix d’un(e) autre artiste, avec une interprétation qui leur donne une dimension inédite ?
BINGO ! De nombreux interprètes sont à la recherche d’auteurs et/ou de compositeurs !
Ecrire des chansons pour d’autres est une passion (et même un métier !) qui peut ouvrir bien des portes. Mais comment faire pour que vos textes ou vos mélodies trouvent preneur ?
L’équilibre entre style personnel et adaptation
L’un des plus grands défis lorsque l’on écrit pour un autre artiste, c’est de marier son propre style avec la personnalité musicale et artistique du chanteur ou de la chanteuse.
Comprendre l’artiste
Avant même de poser les premières paroles ou les premiers accords, il est essentiel de bien cerner l’univers musical de celui ou celle pour qui vous écrivez. Quels sont ses thèmes de prédilection ? Quel ton préfère-t-il/elle ? Plutôt poétique, percutant, léger, introspectif ?
Garder sa touche personnelle
Si l’on doit s’adapter à l’artiste, il faut également veiller à ne pas totalement s’effacer. Les plus grands auteurs-compositeurs ont un style reconnaissable, même en écrivant pour plusieurs interprètes. J’ai le privilège d’être l’ami de Claude Lemesle, le plus grand auteur français à qui l’on doit des titres aussi différents que « La bête immonde » et « Big bisou ». Sacré grand écart, non ?
Fugain – La bête immonde
Malgré deux univers très éloignés, on reconnait la patte de l’immense auteur qu’est Claude Lemesle
Carlos – Big Bisou
Vous ne connaissez pas d’artiste ?
C’est normal au début ! Vous avez trois solutions.
Ecrivez pour vous-même
Avant de proposer votre œuvre à divers artistes, écrivez votre chanson comme vous le feriez pour vous-même. C’est un gage d’authenticité (mais pas d’universalité).
Pensez à un artiste célèbre
Imaginez-le en train de chanter votre chanson, cela guidera votre inspiration.
Pensez à un artiste peu connu
Peu connu certes, mais que vous, vous connaissez, pour l’avoir vu sur une petite scène ! Le contact sera facilité et vous pourrez ainsi faire vos premières armes… avant de lui proposer directement votre chanson !
Une thématique forte
Une chanson marquante repose souvent sur une idée forte. Quand on écrit pour soi, on peut se permettre une certaine « errance poétique », mais quand on écrit pour un artiste, finies les expérimentations : il faut que le message soit percutant et cohérent.
Raconter une histoire
Beaucoup des plus grandes chansons sont construites comme des mini-récits, avec un début, un développement et une conclusion. C’est une bonne façon de construire votre chanson !
Éviter les clichés
L’amour, la solitude, le dépassement de soi… Ce sont des thèmes universels… et donc galvaudés ! Pitiééé ! On n’en peut plus des auteurs amateurs et de leurs grands poncifs ! Aborder ces thèmes oui, mais sous un angle original !
S’adapter à l’artiste et au public
Une chanson écrite pour un jeune chanteur pop et une chanson destinée à une icône de la chanson acoustique n’auront pas le même langage ni la même profondeur de texte. Restez cohérent avec l’image que l’artiste envoie à son public.
Ecrire des paroles qui sonnent
Lorsqu’on écrit pour soi, on peut se permettre quelques libertés de diction.
Mais écrire pour quelqu’un d’autre impose un autre niveau d’exigence ! Et ça, ça va influencer votre façon d’écrire !
Le phrasé doit être fluide
Méfiez-vous de l’écrit : une phrase qui paraît naturelle à l’écrit peut se révéler difficile à chanter. A l’inverse, un texte nul à lire peut se révéler génial à chanter ! Pourquoi ? La chanson, c’est de la langue orale ! Il faut toujours tester son texte à l’oral, et même « écrire à voix haute » !
Faire attention aux accents toniques
En français, certains mots sont difficiles à chanter si l’accentuation tombe au mauvais endroit. Dites adieu aux phrases qui sonnent bizarrement une fois mises en musique ! Méfiez-vous donc des syllabes « muettes » (ou pas), et gare à la malédiction du « e » ! 😲
Le pouvoir des répétitions
Un bon refrain repose souvent sur des répétitions de mots ou de sons, qui facilitent la mémorisation et renforcent l’impact.
Composer une mélodie efficace
Si vous êtes à la fois auteur et compositeur, vous savez que la mélodie est un élément clé.
On peut faire toutes les paroles qu’on veut, une bonne chanson, c’est avant tout une mélodie accrocheuse et adaptée à la tessiture de l’artiste.
Trouver un gimmick
Un gimmick, c’est ce petit motif musical récurrent qui peut faire toute la différence. C’est lui qui donne vraie une identité à la chanson. A utiliser sans modération ! Quelques exemples ? L’intro des « démons de minuit », ou « comme toi, comme toi » que répète JJ.Goldman.
Garder en tête la voix de l’artiste
Certains artistes préfèrent des mélodies très linéaires, d’autres adorent les envolées lyriques. Chacun son style, et vous vous faudra l’analyser, puis le respecter. Ne l’oubliez pas, surtout si votre œuvre est destinée à quelqu’un en particulier ! Pour vous, ça peut même être un exercice plutôt rigolo !
Penser à l’instrumentation
Une même mélodie peut être prévue pour une simple guitare, ou un piano. Mais elle peut prendre une toute autre ampleur si elle est avec un arrangement orchestral complet ! Et ça marche dans les deux sens : certaines chansons se révèlent ou au contraire « s’écroulent » en passant d’un état à l’autre ! Une qualité du compositeur est de garder en tête le potentiel orchestral de sa musique… …et ne pas oublier d’en parler à son interprète !
Proposer ses chansons aux artistes
Bon, c’est bien beau d’écrire et/ou de composer une jolie chanson… …encore faut-il qu’elle trouve un interprète !
Réseauter
Fréquentez les cercles musicaux, les concerts, les tremplins d’artistes. Mais aussi les groupes facebook dédiés à la chanson. Souvent, une simple rencontre peut déboucher sur une collaboration.
Envoyer ses démos
Certains artistes ou maisons de disques acceptent les propositions de chansons. Mon conseil : envoyez une maquette simple mais propre. Evitez les orchestrations complexes (ou pire : maladroites) qui peuvent escamoter le potentiel de votre chanson.
Ne pas prendre la grosse tête
Il est probable que les artistes à qui vous proposerez vos œuvres vous suggéreront des adaptations, voire des modifications. Ne prenez pas la mouche : c’est une étape normale dans ce type de démarche. Sans renier votre œuvre, soyez adaptable, c’est une vraie qualité dans ce métier !
S’inscrire à la SACEM
Si vous commencez à écrire pour d’autres, pensez à protéger vos créations.
Et l’IA dans tout ça ?
On voit fréquemment des auteurs ou compositeurs proposer (le plus souvent sans s’en vanter) des productions largement « inspirées » par l’IA. Qu’en penser ?
L’IA comme support :
Pour donner une musicalité aux textes
F.B.I. : Fausse Bonne Idée ! Les IA sont pour l’instant (et pour encore longtemps) incapables de gérer correctement l’accent tonique, surtout en français, et elles vont saboter vos effets. De plus, le compositeur à qui vous proposerez votre texte n’aura nullement besoin qu’on lui tienne la main pour trouver une musique ! Au contraire.
Pour mettre en mots une musique
Re-F.B.I. ! Car il faut bien le dire, les IA ne connaissent rien aux textes de chansons, à fortiori en français. Elles ne pourront que tirer vers le bas votre ligne mélodique.
L’IA comme aide
Aide à l’écriture
Les IA peuvent éventuellement vous fournir des pistes, mais veillez à garder le contrôle, car elles vont souvent limiter votre imaginaire dans des chemins très convenus.
Aide à la composition
C’est sans doute le seul domaine où l’IA peut offrir une vraie aide. Les IA proposent parfois de beaux départs de lignes mélodiques… qui se vautrent lamentablement après quelques mesures ! Si vous arrivez à attraper au vol quelques notes pour les mettre à votre sauce, pourquoi pas ? C’est une source d’inspiration (presque) comme une autre. Mais là encore, gardez le contrôle !
Le vrai danger de l’IA
Le seul véritable danger de l’IA n’est pas l’IA elle-même. Car Aucun alien ne va venir siphonner votre cerveau !
En revanche, si l’on apprend que vos œuvres sont le fruit d’une IA (et croyez-moi, ça se saura très vite !) vous pourrez dire adieu à votre réputation !
…Hum ! Et accessoirement, ceux qui envisagent déjà de s’en remettre à une IA pour écrire ou composer à leur place devraient peut-être s’interroger sur leur réelle motivation, non ?
Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.
Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
Conclusion : un métier passionnant mais exigeant
Écrire des chansons pour d’autres, c’est à la fois un exercice technique et un vrai travail d’empathie artistique. Il vous faudra savoir vous adapter tout en conservant votre patte, proposer des mélodies qui restent en tête et des textes qui touchent.
Alors, si vous rêvez de voir un jour un artiste chanter vos mots, lancez-vous : l’aventure en vaut la peine !
Le 14 février approche et vous cherchez une idée pour dire « je t’aime » de la plus belle des façons à l’élu(e) de votre coeur. ❤️ Ne cherchez plus ! Cette année, vous allez lui offrir le plus beau des cadeaux : Ecrire Une chanson d’amour pour la Saint Valentin ! En voilà une idée romantique !
Ecrire une chanson d’amour ? Mais comment faire ? A cœur vaillant (et amoureux), rien d’impossible ! Suivez, moi, je vous guide pas à pas pour créer LA chanson qui fera fondre son cœur.
Cet article existe aussi en vidéo : cliquez ici !
Faire simple !
Règle n°1 : on va faire simple !
Pour écrire une chanson d’amour, pas besoin d’effets de style ni de rimes compliquées. Pour la musique, pas de rythmique complexe ni d’accords alambiqués. Vous allez faire une ballade romantique toute simple qui va parler directement au coeur de l’être aimé.
Prenez date
Prendre date ?… C’est ça qu’on nous explique à l’Académie de la Chanson ? Ben BRAVO ! 🙃 La Saint-Valentin, c’est le 14 février, tout le monde le sait !
Raison de plus pour ne pas se louper ! Vous allez faire ce que font tous les artistes : prendre votre agenda et réserver tout de suite votre soirée.
Cela parait anecdotique, mais ça ne l’est pas du tout ! Parce que d’une part, cela vous obligera faire votre chanson sans procrastiner ni vous laisser piéger par le temps, et d’autre part, ça va vous permettre de vous organiser. Vous me remercierez plus tard 😉 !
Et là justement, vous vous apercevez qu’en cette année 2025, le 14 février tombe un vendredi, jour de départ, au beau milieu des vacances scolaires de la zone B et au début de celles de la zone C. Vous l’aviez anticipé, ça ? 🧐
Bon, ça suffit avec les préalables, on attaque, oui ou non ?
Paroles ou musique ?
Oui, on attaque ! Alors ? Paroles ou musique ?
Laissez parler votre cœur : si une mélodie ou un gimmick vient spontanément, vous avez la réponse !
Dans ce cas, notez-le tout de suite dans votre dictaphone : ce sera le point de départ de votre travail.
Sinon, vous commencerez par les paroles !
Inventer les paroles
Nous allons utiliser des paniers : « paniers d’idées », « paniers de mots » et « paniers de rimes ». Pour cela, il vous faut trois feuilles et un stylo. 📜📜📜🖋️
📜 Sur la première feuille, notez toutes les idées qui vous viennent quand vous pensez à votre amoureux(se). C’est ça, les paniers d’idées. Pour trouver l’inspiration, je vous conseille deux axes :
– Les petites choses du quotidien
Pas de grandes idées pour parler de grand amour : pensez aux petites choses qui rendent votre relation unique. Ces moments qui n’appartiennent qu’à vous : ce café du matin, ce fou rire inexplicable ou encore ce surnom affectueux que vous seuls comprenez. Et notez ! 🖋️
– Les beaux souvenirs
Repensez aux moments forts de votre histoire d’amour. Votre première rencontre, un voyage inoubliable ou simplement un regard échangé. Notez ces instants magiques qui résonnent avec vos émotions. 🖋️
A présent, vous allez lister les mots qui comptent dans votre histoire d’amour.
Deux axes vont vous aider :
– Vos petits mots à vous
Vous savez, ces petits mots mignons, touchants (et parfois ridicules) qui n’appartiennent qu’à vous. Notez-les bien, ils vont vous servir. 🖋️
– Des lieux ou des moments
Listez des mots qui comptent dans votre histoire : le prénom de l’être aimé bien sûr, mais aussi des lieux marquants, des moments inoubliables, des instants magiques… 🖋️
Vous avez vu ? Les idées et les mots se rencontrent déjà ! C’est la magie de l’amour qui commence à opérer ! 😍 Ça et votre talent, 😎 bien sûr !
Allez, on se donne 5mn maximum pour trouver plein de mots !
3) Les paniers de rimes
📜📜📜 Prenez votre troisième feuille. Vous allez y reporter les mots importants de vos précédents paniers. Pour chacun de ces mots, vous aller lister des rimes qui leur correspondent. Vous utiliserez des « patates » ! 🥔
Commencez par regrouper dans vos « patates » ceux qui riment déjà (c’est magique, je vous dis !).
NB : une « patate », c’est une sorte d’ensemble de maths, comme sur le schéma.
Puis trouvez des nouvelles rimes pour les mots importants. 🖋️
Et vous savez quoi ? Pour cette chanson, vous avez même droit au dictionnaire de rimes (en papier ou en ligne), car je vous l’ai dit : on va faire simple pour privilégier l’émotion ! Là encore, 10mn maximum !
4) La structure
Ça y est : vous avez la matière pour écrire la chanson qui fera craquer l’âme sœur ! Il ne vous reste plus qu’à organiser tout cela. Et une fois de plus, ça va être simple ! Voici comment vous y prendre :
– Refrain accrocheur
Le refrain sera l’idée forte de votre chanson. Parmi toutes les idées et rimes que vous avez notées, choisissez celles qui constitueront votre fil conducteur. Une phrase qui reviendra tout au long de la chanson, quelque chose de simple et mémorisable.
Cette phrase doit être emblématique de votre relation. Vous pouvez bien sûr y inclure le prénom (ou le petit nom) de votre chéri(e) ! 🖋️
Ça, c’est fait ! 👍
– Couplets évocateurs
Les couplets (idéalement au nombre de trois) évoqueront des images, des détails ou des moments importants. Utilisez des images fortes et des anecdotes personnelles. Comme « en hiver à Amsterdam », « l’été 2023 » par exemple… Pas besoin de développer votre idée : une image suffit pour que l’émotion soit là.
Le petit « plus » qui va la ou le faire craquer : le dernier couplet qui parle l’avenir de votre amour éternel…
Côté technique, faites une structure simple : 4 vers de 7 ou 8 pieds, en rimes suivies (AABB). C’est la meilleure formule pour vous laisser la liberté de vous exprimer. 🖋️
N’oubliez pas : restez simple et sincère, et surtout, soyez personnel ! Cette chanson est destinée à une personne bien précise : on ne parle pas de l’amour en général, mais de votre histoire d’amour à vous deux ! Ça, c’est vraiment important.
Amour ou Tue-l’amour ?
👍 Amour
Tout ce qui sert l’émotion est bienvenu. Y compris un petit clin d’œil : un souvenir très « sexe » ou un loupé mémorable. ✔️
Mais n’en faites pas trop : on est dans une chanson d’amour, pas d’humour ! ❌
👎 Tue-l’amour
Les lieux communs, les généralités, les grandes vérités sur l’amour. Alors ça, c’est no way ! ☠️
Vous écrivez une chanson d’amour, pas une chanson sur l’amour. Restez sur votre histoire spécifique, et n’enfoncez pas les portes ouvertes, ça fait courant d’air ! 🤧
Inventer la musique
La musique, c’est ce qui va porter l’émotion. Et pour créer la « chanson magique », rien de tel qu’une mélodie lente et simple (69 BPM est idéal). Avec des couplets qui créent une attente, et un refrain qui décolle.
1) Instrument ou pas instrument ?
Instrument, bien sûr ! Mini-clavier, guitare, ukulélé…
Et même si vous ne jouez pas très bien, ce n’est pas un problème !
Je vais vous proposer de faire quelque chose de très simple, avec des accords basiques.. Vous verrez, 4 simples accords suffisent ! Emotion garantie !
Ah..? Vous qui ne jouez d’aucun instrument ? Et bien pas de souci : ne lisez que ce qui concerne la mélodie sans vous soucier des accords. Ça marche aussi ! C’est ça l’amour ! 😎
2) La musique des couplets
La suite d’accords
On va attaquer avec deux accords : do (do majeur) et lam (la mineur). C’est tout !
Soit do do lam lam,
soit lam lam dodo.
Vous voulez quelque chose de plus complet ? D’accord, vous pouvez prendrez une suite de 4 accords basiques, par exemple :
à la guitareau ukulélé
do lam fa sol
ou do lam rém sol.
L’entame « do lam » est une bonne façon de poser votre texte et de susciter l’écoute…
au clavier
Vous voulez plus complexe encore ? Pas de problème… …mais ce sera pour une autre fois ! 😜 Là, on fait simple !
La mélodie
Pour la mélodie, restez assez « statique » : pas de grandes envolées, 2-3 notes suffisent. Ainsi, vous créerez une tension qui explosera au refrain.
3) La musique du refrain
Changement d’ambiance : le refrain va être « solaire » avec une montée qui va faire décoller l’émotion !
La suite d’accords
Je vous conseille d’attaquer sur un fa, par exemple :
fa do sol do
ou fa sol do lam
Vous verrez, l’entame en fa est une super rampe de lancement 🚀 pour envoyer une mélodie qui « décolle » !
La mélodie
C’est le grand moment de la chanson, la mélodie va décoller !
Allez, allez, montez, montez, envolez-vous vers les étoiles, et je vous le dis : on va faire couler le Rimmel !
(ne pas confondre avec le Titanic, même s’il y avait aussi des étoiles et de la musique) !
N’oubliez pas de noter à mesure toutes vos idées sur votre dictaphone : rien n’est plus volatile qu’un air léger 😇 .
L’interprétation
Pour une déclaration d’amour, l’interprétation ça compte beaucoup ! 🥰 Mais si vous avez suivi la démarche, votre chanson sera simple et ne vous mettra pas en difficulté technique.
Soyez sincère
Mais bon, chanter, ce n’est jamais facile ! Alors on va revenir à l’essentiel : la sincérité. Pas besoin d’une grande technique : il ne s’agit pas de faire une démonstration , mais d’ouvrir son cœur. Et bien, croyez-le ou non, la sincérité, ça se travaille. Ah bon ? Oui ! Lisez la suite !
Répétez, répétez, répétez !
Ah oui, là ça calme un peu, hein ?
Parce que comme disait Thomas Edison, « Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration ». Donc après le travail de création, il va falloir travailler votre prestation, et pour cela, répéter, répéter, répéter.
Prévoyez un lieu et des moments tranquilles pour pouvoir travailler sereinement. Cela peut être dans la maison à des moments où vous êtes seul, dans la voiture, voire même aux toilettes ou sous la douche… heu oui je reconnais que lire sa feuille sous la douche, c’est pas facile, surtout si on joue du piano en même temps.
En bref : débrouillez-vous ! 😝
Faites simple
Bannissez de votre prestation tout ce qui est purement technique : pas de vocalise inatteignable ni de doigté compliqué ! Ce qui compte, ce sont les mots et la mélodie, pas les fioritures.
Si comme moi vous peinez à mémoriser votre texte, prenez votre feuille, ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est de ne pas trop bafouiller, de ne pas paraître besogneux le moment venu.
Le regard
Vous allez vous adresser à l’être aimé, c’est une déclaration d’amour en musique.
Donc le regard est vraiment important. Entraînez-vous face à un miroir pour les passages importants pour savoir vous connecter directement de coeur à coeur (c’est-y pas mignon comme formule?).
Le scénario
Votre chanson, ce sera le point d’orgue de votre soirée de Saint Valentin. Pas question de la gâcher en la casant n’importe où, n’importe comment. Prévoyez l’instant, le lieu, l’organisation pour qu’elle soit mise en valeur.
L’effet de surprise
Ménagez votre effet : votre chéri(e) a beau se douter qu’une surprise l’attend, il ou elle va craquer si vous dégainez, sorti de nulle part, un mini clavier, un ukulélé ou une guitare cachée depuis le début !
La finition
A la fin de la chanson, vous allez tout déchirer si vous offrez un petit bonus : un cadeau, une bague, un simple bouquet de fleurs, un jet de pétales de rose (ça se trouve pour quelques euros).
Peu importe ce que vous choisirez, créez la surprise une nouvelle fois, et enfoncez le clou de l’émotion.
Et bien sûr, fendez-vous d’un « Je t’aime » qui vous assurera définitivement le statut (mérité) de « Personne la plus merveilleuse de la Terre ».
L’after
Votre soirée ne s’achève pas ici : vous aurez prévu la suite pour que votre belle chanson ne retombe pas comme un soufflé…
Mais là, cela ne me regarde plus ! 😎
Avant de se quitter
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Conclusion
Vous l’avez vu, une chanson, ça ne se fait pas tout seul ! Celle-ci va vous demander du travail, du temps, beaucoup d’amour et un peu de technique.
Ne vous bridez pas, n’ayez pas peur : personne n’attend de vous une prestation professionnelle ! Au contraire !
Remerciez vos fragilités. Elles seront vos meilleures alliées pour faire passer une émotion que l’être aimé saura apprécier à leur juste valeur.
Vous êtes coincé par une rime inextricable, pas moyen d’en sortir ?
Un mot essentiel pour votre chanson, mais qui « bloque » tout ?
Car oui, certains mots ne sont pas nos amis ! Pas de quoi attraper… les vers ! Dans ce premier article sur le sujet, je balance grave : je les dénonce, et toc ! 😉
Les mots qui ne riment pas :
Aussi incroyable que cela paraisse, parmi les 100000 mots et plus que compte notre belle langue, certains ne riment avec…rien !
Et ce sont des mots très courants ! Méfiez-vous d’eux, car avec leur tête de français moyen, ils vous attendent au tournant pour saboter votre chanson !
On balance ?
Le premier, c’est simple : c’est « simple » Essayez de trouver un mot qui rime avec ça ! Pas si simple !
D’aucuns prétendent que le second n’est pas complètement français : pour tout dire, c’est même « belge ». Si rien ne rime avec « belge », c’est que les belges sont uniques et inimitables !
Le troisième mot est tellement unique qu’il fait un « triomphe ». Du coup, il ne répond même plus à ses petits camarades.
On a beau dire, le succès, ça change les mots comme les gens !
Bêrk ! Le suivant évoluera peut-être, mais pour l’instant, à l’état de « larve », il ne rime à rien !
Faisons preuve de patience, car avec les larves, tout peut changer très vite.
Méfiez-vous du mot suivant : il a tellement flanqué les miquettes aux autres mots que plus aucun d’entre eux n’ose désormais l’approcher.
Et pour cause ! C’est « un monstre » !
C’est sans doute pour la même raison que les mots ne s’approchent pas du mot « goinfre » !
On a entendu parler de livres entiers qui s’étaient fait dévorer.
Sans parler (ne mâchons pas nos mots) des syllabes mangées et des « h » aspirés !
On comprend aisément pourquoi les rimes fuient le « meurtre ».
Ne cherchez pas une rime à ce mot infréquentable : c’est mort.
On compare parfois l’écriture à un bateau ivre.
Eh bien n’essayez pas d’arrimer votre bateau au « golfe », vous n’y trouverez pas d’attache.
Prenez plutôt votre Golf et allez faire un golf.
On arrive à combien de mots, là ?
« quatorze » ? « quinze » ? Ah ben tiens, ces deux-là non plus ne s’arriment avec rien…
il y en a qui ont essayé de les faire rimer avec une « partouze », ils ont eu des problèmes… heureusement, avec 16, les choses s’arrangent.
Passons rapidement sur le « meuble » qu’on ne retrouve que dans les « immeubles », ces deux-là pratiquent l’entre-soi.
Passons aussi sur le « sceptre » qui est d’une autre époque, ou sur le « pourpre » pourtant bien pratique pour planter le décor d’une chanson d’amour.
Avez-vous déjà cherché des rimes avec « moult » ? Eh bien je peux vous les dire, il n’y en a pas moult ! Là, il y a carrément tromperie sur la marchandise !
« Puisque » la fin approche, je ne vais pas « perdre » un « siècle » sur ce sujet « abrupt » comme le ferait un « cuistre », car aucun de ces mots ne rime.
Nous allons finir avec un mot qui me fait vraiment de la peine. Non seulement la vie ne l’a pas épargné, mais il se retrouve esseulé : c’est « pauvre ».
Pas une rime, même pas une rime pauvre ! Le pauvre !
Et vous ?
Vous en connaissez, vous, des mots qui ne riment à rien, ou à pas grand’chose ? A l’inverse, avez-vous trouvé une rime aux mots que je viens d’énumérer ?
Si la réponse à l’une de ces questions est « oui » ou si vous avez un témoignage sur la question des rimes récalcitrantes, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire !
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En conclusion
Certains mots ne riment pas, et alors ? Faut-il les bannir de nos chansons ? Surtout pas ! Je vous dirai dans le prochain article comment contourner l’obstacle avec élégance ! Et je conclurai par un quatrain:
Fais confiance à l’Académie Qui te dit tout de façon simple : Pour que rime ta poésie, Il suffit de… de… euh… …oh flûte y’a rien qui rime !!!
Sur Youtube ou sur facebook, des petits malins dépourvus de talent mais pas de malice essaient de vous faire prendre les vessies pour des lanternes en présentant leurs « nouvelles chansons » qui sont en fait créées par des IA. Et bien aujourd’hui, voici comment les démasquer !
L’IA, ça le fait ou pas ?
Pour avoir une idée objective sur la question, j’ai écouté, créé et testé plusieurs dizaines de chansons.
En tant qu’auditeur, en analysant des productions IA qui m’étaient soumises.
En tant que « créateur », en programmant moi-même des prompts sur ChatGPT-Pro, Udio, Suno.
En tant que « testeur à l’aveugle », en démasquant au passage certains petits malins qui fréquentent les pages des Auteurs-Compositeurs, qui s’étaient bien gardés de dire que leurs œuvres étaient signées par des IA. Je pense qu’ils se reconnaitront dans cet article !
J’ai même, juste pour voir, tenté d’enseigner la méthode « RIME » à ChatGPT-Pro ! Y’a du boulot ! 😂
Alors, l’IA est-elle capable de nous berner ? On va voir ça !
Côté paroles
Les rimes
Ça démarre fort : on va du « pas terrible » au hors-sujet total.
Alors que Suno et Udio se contentent de proposer des rimes plutôt « bateau », ChatGPT-Pro lui, fait carrément 20% de fautes ! Vous avez bien lu : une fois sur cinq, il va faire rimer ensemble des mots qui ne riment pas : « Maison » avec « Bateau » (hé oui, 🐠 encore!) par exemple.
D’autre part, les IA testées se mélangent allègrement les pinceaux entre les rimes dites « masculines » et « féminines », ainsi qu’avec la prononciation des « e ». Par exemple, elles croient que « mange » se dit « man-ge » en 2 syllabes et rime donc avec « jeu ».
Le lexique
Les mots proposés sont souvent éloignés du lexique particulier de la chanson. Rien qui « claque », rien qui « sonne ». Ça ne ressemble même pas à du « dictionnaire de rimes », ce sont juste des mots sans intérêt qui n’excitent pas l’imaginaire. Et bien sûr, le choix est fermé, puisque l’éventail des propositions est très limité… quand il ne s’agit pas de mots qui n’existent pas, comme c’est souvent le cas avec Udio notamment !
Fautes de style / fautes de français
De ce côté-là on est gâtés : quelques exemples ?
« Je ressens l’horizon », « Un café froid, posé sans détour », « tout retombe, désarmé ». Et ce ne sont que quelques-unes des innombrables perles que j’ai relevées. 😀
Les IA adorent aussi les appositions : « une main tendue, expressive », « un regard perdu, sans amitié ». 🤔
On trouve également des métaphores assez exotiques « la brise emporte un souffle effleuré ». Je vous jure que je n’invente rien !
Enfin, il y a un problème de « niveau de langage » : l’IA ne sait pas faire la différence entre langage soutenu, courant, familier, argotique… et ça s’entend vraiment !
L’accent tonique
Là, on va appeler l’orthophoniste ! On aura beau tenter d’expliquer à nos chères IA qu’il s’agit de langue orale, elles ne savent toujours pas parler ! Ce qui donne : – Des mots ou des suites de syllabes imprononçables (comme le « oufléfleu » du « souffle effleuré » ci-dessus), – Des « e » muets qui prennent de la voix (« jEu mar-chEu à l’om-brEu »). – Des syllabes fantômes qui apparaissent au détour d’un mot (« chanté Dune chanson »). Bref du Molière version Ghostbusters 👻 !
Le sens
Ah, oui, le sens ! C’est vrai que ça compte un peu aussi !
Globalement, malgré quelques contresens qui brouillent les pistes, les IA respectent l’idée générale de « l’auteur ».
Mais du point de vue de l’auditeur, c’est là que les choses se compliquent ! Pour toutes les raisons vues plus haut, les textes sont souvent tellement alambiqués 🤔 qu’ils en deviennent incompréhensibles !
Objection, votre honneur !
On pourrait nous dire ceci :
« Certes l’IA ne connait pas les règles de l’écriture de chanson, mais nous non plus ! Du moins si on n’a pas fait la formation « Académie de la Chanson » ». 👩⚖️ Eh bien, ce serait oublier que les « règles » d’écriture ne font que formaliser ce que nous, humains, faisons spontanément, instinctivement.
La règle ne précède jamais l’usage… …sauf pour l’IA, qui s’appuie sur ces règles pour créer ! Et comme le manque de sources est patent, elle ne sait pas quoi faire. CQFD !
Côté musique
La musique, on le sait, c’est l’aspect abstrait et subjectif de la chanson : c’est elle qui va amener l’émotion. De nombreux spécialistes de l’IA illustrative affirment avec enthousiasme « avoir enfin trouvé l’IA ultime, et qu’il est impossible de détecter l’origine non-humaine des créations« . Heu… OUI, mais NON. Car ce qui est parfois vrai pour la musique d’illustration -assez standardisée et plutôt vide de sens- ne l’est plus du tout quand il s’agit de chanson… et donc d’authenticité ! 📜
Une image vaut mieux qu’un long discours : voici deux images : une « vraie » photo et une image IA.
Et un prompt commun : « image photographique de format carré d’un pique-nique en famille au bord d’une rivière ».
Inutile de vous indiquer où est l’IA : ça saute aux yeux, non ? Tout est bien là, mais on n’y croit pas : ça sonne faux. Et bien en musique, c’est pareil !
Composition
Si les départs des lignes mélodiques sont généralement assez bonnes (en même temps, ce n’est pas ça le plus difficile à inventer!), les mélodies proposées ne nous « emmènent » nulle part. 🔃
L’IA produit juste une suite de notes sans intention, parfois sans cohérence. Or, une ligne mélodique, c’est comme une phrase, avec un début, une fin, une construction. Ici, rien de tout cela. Un peu comme une route sans destination. 🛑
Orchestration et instrumentation
C’est sans doute le seul domaine où l’IA est performante. Les instruments sont assez réalistes, c’est vrai. Et malgré un côté un peu « mécanique » qui fait penser aux musiques de jeux vidéos, l’ensemble reste cohérent…
…du moins en terme de spectre sonore, car à l’oreille il ne s’en dégage souvent aucune chaleur, oserai-je dire aucune humanité. Le discours de la chanson aura donc bien du mal à être portée par cette musique sans âme. 👂
Voix de la chanteuse ou du chanteur
Les voix proposées sont soit « mécaniques » (on connait par cœur ces voix de femmes un peu funky), soit caricaturales (façon Edith Piaf, un autre grand classique des IA).
Dans tous les cas, les voix sonnent « bizarre », comme si elles étaient mal mixées. 🤖 Pas de chaleur, pas vraiment d’intention. Bref on ressent davantage une tentative d’imitation qu’une interprétation. C’est carrément malaisant !
Diction
Aïe ! Là, on attaque les vrais problèmes : il y a quasi-systématiquement des fautes de diction dans les chansons IA : des « e » muets prononcés, des appuis toniques erronés… 👅
Bref, on commence à sacrément s’éloigner de la chanson française !
Carton rouge ! 🟥
En résumé
Ben, désolé les IA, mais ce n’est pas cette fois-ci que vous décrocherez le job ! ✋ On vous a démasquées sans difficulté ! Comme toujours, on peut s’extasier sur l’exploit technique de nos robots préférés, mais en terme de résultat, on reste loin du compte : le résultat est maladroit et artificiel, et surtout, surtout : il y a de vraies « fautes » tant en terme d’écriture que de composition.
En fait, c’est assez facile à comprendre :
Les IA génératives puisent leurs sources sur le net, et prioritairement en anglais. Alors côté paroles, c’est pas gagné. Mais ce n’est pas tout ! Car même si de nombreuses chansons sont disponibles sur le net, il n’y a que très peu de sources qui proposent une méthode pour créer une chanson.
Pire encore, la plupart de ces « méthodes » sont désormais générées par… des IA elles-mêmes ! On connait les ravages de la consanguinité ! 😉
Enfin, les IA n’ont (pour l’instant) aucune marge de progression : chacune de leurs productions est un résultat fini, qui ne peut être modifié que dans sa globalité : même pour changer un détail, l’IA va reprendre l’ensemble du travail… et donc plafonner à un niveau médiocre.
Que demande le peuple ?
Ça, c’est la bonne question ! Le public « chanson » n’est nullement intéressé par des produits finis, des productions parfaites. Ce qu’il recherche, c’est de l’authenticité, une personnalité, avec ses richesses et ses failles. La meilleure preuve est le succès des sessions « unplugged ». Autant dire que l’IA est disqualifiée ! ❌ Assumons-donc nos faiblesses : ce sont elles qui font notre richesse !
Que cherchent ceux qui utilisent l’IA ?
Et ça, c’est la deuxième bonne question ! 👤💰
Pour commencer, Ce sont essentiellement des auteurs (et des auteurs-compositeurs) qui utilisent l’IA pour faire des chansons. Les « purs compositeurs » qui utilisent des textes IA pour enrichir leurs instrumentaux s’aperçoivent vite que ça ne marche pas, et ils lâchent l’affaire. 🏃🏼➡️
Que cherchent-ils donc, ces auteurs ? Eh bien je le leur ai demandé ! Et il y a deux réponses :
– Certains auteurs cherchent simplement à publier leur œuvre… mais ils ne sont pas musiciens ! Ils ont donc recours à l’IA pour mettre leur texte en musique… Et c’est une erreur, car le résultat, loin de faire honneur à leur texte, les dessert la plupart du temps ! 😕 – D’autres cherchent des collaborations avec des compositeurs. Ils espèrent, en faisant entendre leur texte déjà « musicalisé » leur donner envie. Là encore : erreur ! Car non seulement cela induit une musique qui va brider la créativité des compositeurs en question, mais surtout l’IA ne sera pas capable d’exprimer les mots correctement, ce qui va dévaloriser le texte.
Ne nous méprenons pas : l’IA c’est génial… mais pas pour la chanson ! Et -sauf à être définitivement un charlatan– on n’a pas grand’chose à en tirer… …on se fait même parfois prendre la main dans le sac. Pas vrai, B.H. ? 😉 🕵️🙃 Alors que faire ?
Mon conseil : si vous êtes un auteur en mal de musique, publiez directement votre texte écrit, ou mieux : lisez-le ou slammez-le. Là, on se rendra vraiment compte de son potentiel ! Et au passage vous éviterez de passer pour un escroc aux yeux des « anti-IA » qui restent encore nombreux dans le milieu !
Les IA sauront-elles un jour faire des chansons ?
Et bien non. Pas dans un avenir proche en tout cas. Et voilà pourquoi :
Pour prendre un terme « humain », on peut dire que les IA présentent un « profil dysharmonique ». En clair, elles sont très compétentes dans certains domaines, et pas du tout dans d’autres.
En l’occurrence, pour la chanson, on n’y est pas du tout. Et on n’est pas près d’y être, car le peu de sources en matière de création ne leur permettra pas de progresser de sitôt !
Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.
Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
Conclusion
Continuons de faire nos chansons « à la main ». C’est ce qu’attend le public, et c’est ce qui nous donne le plus de satisfaction.
Et ne soyons pas trop sévères avec ceux qui ont recours à l’IA :
Ils ne savent sans doute pas que le talent, ça s’apprend ! 😉
Imaginez une chanson où tous les vers finissent par le même son.
Une rime facile qui revient, encore et encore, comme une rengaine hypnotique. C’est la monorime. Vous pensez que c’est trop simple ? 🤔
Vous verrez que non ! Mais promis, avec un peu de méthode (et une pointe d’inspiration), vous pourrez écrire des chansons monorimes dignes des plus grands.
Alors, prêts à relever le défi ? 💪✨
Pourquoi choisir la monorime ?
D’abord, parce que c’est un très bon exercice pour stimuler votre esprit créatif. En se fixant une contrainte forte, on force son cerveau 💡 à explorer des chemins qu’il n’aurait jamais empruntés. La monorime, c’est aussi l’occasion de créer une ambiance singulière, presque hypnotique.
Comme on le voit dans mon article « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai« , Francis Cabrel exploite cette technique avec brio. Tous les vers se terminent en [ ɛ ] (ai), un choix qui -dans le cas de cette chanson- renforce l’idée d’éternité.
Au fil des couplets, l’idée de « promesse infinie » se développe, les répétitions soulignent l’intemporalité de l’amour. Enfin le refrain rompt la monorime pour décentrer notre regard.
Une vraie masterclass de monorime ! 🌟❤️ Merci Francis !
Le dictionnaire de rimes : no way !
Le premier réflexe pour monorimer ? Dégainer notre fidèle dictionnaire de rimes, bien sûr ! 📖. Hum… non ! Ce faux ami semble là pour donner un coup de main quand l’inspiration manque… Vous le savez, je ne suis guère adepte de ce dico, limité, conventionnel et réducteur. Si on se contente de lister les mots qui riment, on va obtenir un texte très convenu et qui, selon l’élégante expression de mon ami José « pue le dictionnaire de rimes ». Une chanson monorime ne doit pas être une suite de mots forcés . Elle doit raconter quelque chose, transmettre une émotion, ton émotion. 💞
Si vous êtes en difficulté, vous pouvez toujours aller lire mon article sur la technique ABC , et vous saurez comment 🔍 trouver des rimes personnelles et qui claquent !
Astuce : choisis bien ta rime, camarade ! Evitez les rimes riches ou compliquées, comme -ure (nature, blessure, architecture) ! Vous allez vite vous retrouver coincés. Préfèrez une rime plus pauvre, comme -é (été, aller, danser). On n’est pas là pour se compliquer la tâche ! 🙄
Le piège de la facilité
Attention : la monorime, mal maîtrisée, peut rapidement devenir monotone. Imaginez une chanson où les vers sont prévisibles dès le premier mot : ennui garanti ! 😴
Pour éviter ça, il y a plusieurs stratagèmes. Comme jouer avec la longueur des phrases et surprendre son auditeur. Par exemple, alterner des vers courts et percutants avec des phrases plus longues et riches en détails.
Mais surtout, n’ayez pas peur d’ajouter un twist 🌀. Une même rime peut servir à raconter des choses très différentes. Ecoutons Cabrel : il passe de l’amour à des images bucoliques avec une grande fluidité. Faites comme lui : brouillez les pistes, mélangez les univers. 🌈
Quels thèmes pour la monorime ?
Certaines thématiques se prêtent particulièrement bien à cet exercice. La répétition d’une rime crée une sensation de continuité ou d’obsession, parfaite pour des sujets comme :
L’éternité : L’amour éternel, comme chez Cabrel, ou encore le cycle infini de la nature 🌳♾️.
La fuite du temps : en évoquant les jours qui passent, toujours trop vite, mais avec une pointe de nostalgie. 🕰️🥀
La continuité : Pour parler d’un voyage, d’une quête ou d’une lutte sans fin. 🚶♀️✨
L’obsession : Qu’il s’agisse d’un amour, d’une idée fixe ou d’un idéal inaccessible, la monorime peut amplifier l’effet dramatique. 💔🔥
À vous de jouer !
Allez, on se retrousse les manches ! Voici quelques idées pour vous entraîner à écrire une chanson en monorime :
Choisissez une rime : Prenez une rime qui vous inspire, comme [a] ou [ɑ] (en clair : a), avec des mots comme voilà, partira, cela, mât, etc. Faites une liste des mots qui riment en [a] ou [ɑ].
Mais ne vous arrêtez pas là : associez-les à des idées ou des images.
Écrivez un premier couplet : Racontez une histoire simple, mais accrocheuse. Par exemple : Ça ne change pas Les jours et les mois Le ciel sur les toits Et puis toi et moi.
….et surtout, publiez votre texte en commentaire, c’est facile !
Pour aller plus loin
Ne vous arrêtez pas en si bon chemin : vous allez tenter un twist qui va surprendre votre auditeur.
Pour le deuxième couplet, cassez les attentes. Introduisez une nouvelle idée, tout en gardant la même rime.
Par exemple : Ça ne change pas, La pluie sur les toits, Mais ton amour pour moi..? Ça… je ne sais pas…
On continue ? Variez les structures : Uniformité ne signifie pas monotonie ! Pour éviter l’ennui, prévoyez des variations. Par exemple, un refrain qui : – dans la forme rompt la monorime, et – sur le fond crée une distance avec le propos des couplets. Pour notre exemple, ce pourrait être quelque chose du genre : « Qui peut dire / Qui peut prédire »
Vous pouvez également, dans tes couplets, alterner questions et affirmations, faire des jeux de mots, ou prendre un contrepied pour donner du relief.
Bref on peut contrebalancer l’apparente uniformité de la rime par un twist… ou au contraire l’affirmer davantage encore ! Les possibilités sont infinies !
Les erreurs à éviter
Facile de s’ennuyer avec la monorime ! Alors on va éviter ces pièges classiques :
Les rimes évidentes : Si tout le monde devine la fin de tes phrases, c’est raté. Cherchez des associations surprenantes. 🧐
La monotonie : Ne vous laissez pas enfermer dans une structure répétitive.
Les mots « bouche-trous » : Trop de « j’ai, ça va, il est… » peuvent alourdir le texte. Mais bon ça, ça vaut pour toutes les chansons !
Inspire-toi des maîtres
La monorime, ce n’est pas nouveau. De nombreux auteurs s’y sont essayés avant nous. Les poètes médiévaux déjà utilisaient souvent cette technique dans leurs ballades. Si vous voulez tout savoir, vous pouvez aller lire cet article sur la petite histoire de la chanson française.
Aujourd’hui, des artistes comme Cabrel ou même nos amis les rappeurs l’utilisent pour donner du rythme et de l’émotion à leurs textes. 🎶
Un dernier conseil
N’oubliez pas que : la contrainte est là pour nous inspirer, pas pour nous limiter.
Si vous sentez coincé dans votre monorime, prenez du recul, changez de perspective. Et surtout, amusez-vous ! L’écriture, c’est avant tout un plaisir !
Avant de se quitter
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Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
En conclusion
La monorime est souvent associée au manque d’inspiration, à la maladresse du débutant. Et c’est vrai lorsqu’elle n’est pas maîtrisée.
En revanche, quand elle appuie le propos, la monorime peut devenir un levier sonore et poétique dont il faut se saisir sans hésiter ! Prêt(e) à écrire votre propre chanson en monorime ? À vous de jouer !
Alors, tous sur le pont Sans rime ni raison Mais avec un crayon Pour dire à l’unisson :
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Vous sortez du studio avec votre nouvelle chanson. Elle est superbe ! Seulement voilà : il y a une énorme faute de français en plein milieu ! Vous ne l’aviez pas repérée bien sûr, et tout le monde n’entend que cela ! Bref c’est la cata ! N’allez pas croire que c’est exceptionnel : ça arrive souvent hélas ! On va voir ensemble pourquoi cela se produit, et surtout comment l’éviter !
1. Pourquoi une faute de français dans ma chanson ?
Nous maîtrisons bien la langue, pourtant ! Ben oui, mais l’écriture de chansons est un processus créatif, et on est souvent concentré (à juste raison) sur l’émotion, la musicalité et le rythme, au détriment de la grammaire ou de l’orthographe. Et patatras ! Je ne parle pas bien sûr des « fautes volontaires » guidées par une intention stylistique… quoi que…
2. Les causes fréquentes des fautes de français dans les chansons
Inattention ou précipitation
Lorsqu’on est inspiré, on écrit rapidement, sans prendre le temps de relire.
Liberté créative et licences artistiques
Il arrive qu’on prenne des libertés avec la langue pour ajuster les paroles à la mélodie ou au rythme, et c’est très bien ! Mais cela ne doit pas nous servir de prétexte pour s’autoriser des erreurs. Comme Marc Lavoine et ses « tellement si » !
Marc Lavoine : un tellement si bon auteur ! (la faute à 0:32)
Complexité de la langue française
Nous avons la chance de posséder une des plus belles langues de la planète… et cela a un prix : certaines règles de grammaire et de conjugaison sont subtiles et l’erreur nous guette, surtout quand on cherche à simplifier les paroles pour les rendre plus accessibles. Comme Françoise Hardy et son titre charabiesque « c’est à l’amour auquel je pense ». Hein ?
Françoise Hardy : C’est à quoi t’est-ce auquel elle pense ? (la faute à 0:23)
Utilisation de l’oralité
Je le dis souvent : la chanson, c’est du langage parlé. Ce qui implique des expressions familières ou relâchées. Voire fausses ! Alors les libertés linguistiques, c’est bien mais point trop n’en faut, sauf si que vous faiseriez du rap, bien sûr !
3. Les erreurs les plus courantes en écriture de chansons
Alors concrètement, nos fautes, c’est quoi ?
Confusion des temps verbaux
Présents qui ne sont pas des cadeaux, passé pas si simple et futur incertain… On se prend régulièrement les pieds dans le tapis de la conjugaison ! Vigilance impérative pour une liberté conditionnelle ! Notre ami Eddy nous gratifie d’un impératif/infinitif de toute beauté.
Eddy Mitchell : reprené r’avec lui la conjugaison ! (la faute à 0:56)
Concordance des temps
Cette erreur est la meilleure copine de la précédente : on commence au présent, on continue au passé, on revient au présent, et on se retrouve avec un texte… imparfait ! Bref : c’est le bazar ! A suivre, un méli-mélo entre futur et présent signé Véronique Sanson.
Véronique Sanson : avec elle, le futur est déjà présent ! (la faute à 0:30)
Fautes d’accord
Masculin, féminin, singulier pluriel… je vous l’accorde : le genre n’est plus ce qu’il était ! Même Brassens en son temps s’y était fait prendre : La première fille qu’on a pris dans ses bras… c’est Ielle !
Georges Brassens pris.e.s en défaut (la faute à 0:27)
Pléonasmes ou redondances
Attention à l’utilisation d’expressions répétitives ou inutiles, qui peut même souvent virer à la faute. Le ciel étoilé d’étoiles, le vent marin de la mer, la belle beauté de l’immense grandeur et toute cette sorte de fautes inexactes erronées. Un grand classique quand on débute !
Les liaisons dangereuses
Celles-là, elles sont terribles! Vous avez lu, relu et rerelu votre texte : tout va bien. Et dès le micro branché, elles vous tombent dessus : les liaisons mal t’à propos qui ne se voient pas, mais qui s’entendent… comme le nez au milieu de la figure 😉 Nez qu’on colle au z’hublot, comme Ringo Willy Cat et son grand corbeau noir.
De son n’hublot, Ringo n’a rien vu venir ! (la faute à 0:53)
Allez, il n’y a pas que le texte qui pose question : si vous avez remarqué quelque chose à propos de la guitare de Ringo, écrivez-le en commentaire ! 😂
Anglicismes et tournures erronées
Vous avez découvert une expression in ingliche qui claque sa mozeure ! Et vous la mettez fièrement en plein milieu du refrain de votre nouvelle chanson. Problème : vous vous êtes trompé sur sa signification, et là : ouatzefeuque !
Je vous propose d’aller en voir une superbe illustration en cliquant ici
4. Comment éviter les fautes en tant qu’auteur de chansons ?
Il n’y a pas de fatalité : on peut échapper au déshonneur suprême. Et voici comment :
Relisez et corrigez après le processus créatif
Une fois la chanson écrite, prenez bien le temps de la relire calmement à froid pour vérifier les fautes. Attention, vous devez faire cela en dehors du processus créatif, sous peine de brider votre imaginaire ! Autrement dit, lors le processus de recherche, tout est permis et il n’y a pas de censure. Par contre, avant de livrer votre nouvel opus à votre public, il vous faut passer par l’impitoyable contrôle qualité qui lui garantira le zéro défaut !
Un texte qui frise le sans faute, servi par une présentation d’une autre époque !
Utilisez des outils de correction orthographique et grammaticale
Il existe en ligne plusieurs outils de correction orthographique et grammaticale qui peuvent aider à détecter les erreurs (Grammarly, BonPatron, etc.).
Sollicitez votre entourage
Vos proches, qui sont votre premier public, sont les mieux placés pour pointer avec bienveillance les défauts et erreurs de vos productions. Ecoutez-les sans vous braquer (pas toujours facile) et surtout, surtout, ne vous obstinez pas ! Puis, avant de passer au studio pour graver votre œuvre, prenez le temps de faire vérifier une dernière fois vos textes par quelqu’un qui a une bonne maîtrise du français.
Evitez le suraccident
Histoire vécue : J’ai fait un jour remarquer à mon ami Bruno qu’il avait fait une faute de français dans ces très jolis vers en 10 et 9 pieds :
« Je me rappell’ de l’été 80 Se souvient-elle seulement de moi »
Vous l’avez trouvée ? Oui, bravo : on se souvient DE quelque chose ou on se rappelle quelque chose. « Je me rappelle de » n’est pas correct.
Eh bien, allez savoir pourquoi, Bruno a corrigé en écrivant : « Je me souviens de l’été 80 Se souvient-elle seulement de moi »
et c’est MOCHE ! Puisque non seulement il répète « souviens » de façon maladroite, mais en plus il multiplie les sons [ɛ̃] (in) souviens, quatre-vingt, souvient. Affreux !
Il lui suffisait d’écrire : « Je me rappelle l’été 80 Se souvient-elle seulement de moi » – soit en appuyant le « e »muet de « rappelle », ce qui admettons-le n’est pas très élégant, – soit plutôt en modifiant légèrement sa métrique (9 pieds et 9 pieds) en remplaçant le « de » par un silence : « Je me rappell’ (…) l’été 80 Se souvient-elle seulement de moi »
Veillez donc bien à ne pas remplacer une maladresse par une autre !
Prendre des libertés conscientes
Si une faute est volontaire pour des raisons stylistiques, elle doit être assumée. C’est-à-dire que l’auditeur doit bien le comprendre… alors attention quand même, car c’est un terrain glissant !
5. A vous de jouer !
Un petit quiz pour finir ? Ce tube célèbre se cache une belle grosse faute de français. Saurez-vous la dénicher, et la corriger ? Ecrivez en commentaire ce qu’il eût fallu écrire si que vous parleriez correctement.
Grand Corps Malade / Calogero : Toute la lumière sur une faute restée dans l’ombre !
6. Pour aller plus loin
Reprenez impitoyablement vos textes, et passez-les à l’IRM : Y a-t-il des fautes involontaires ? Si oui, comment les éliminer sans alourdir le son de votre texte ? Y a-t-il des « fautes volontaires » ? Si oui, sont-elles pertinentes en terme de création, ou est-ce de la coquetterie mal placée (je pense notamment à certaines « créations » de Brel un peu approximatives)
Avant de se quitter
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En conclusion :
La faute de français n’est pas une fatalité ! Elle est au texte ce que la fausse note est à la musique : il faut la traquer, la repérer l’éliminer, voire l’adopter parfois.
C’est en tout cas un élément à anticiper et à prévoir, de façon organisée, afin de ne pas se retrouver pris au piège le jour de la sortie du single !
Vous rêvez de faire vos chansons, mais voilà : vous ne savez pas faire de musique, et vous ne connaissez personne dans ce milieu. Voilà qui est super frustrant 😕 et vous enferme dans un cercle vicieux !
Pas de musique égale pas de chanson..? Et bien c’est exactement le contraire ! 😃
Il existe une façon de se passer totalement de composition, tout en créant des chansons originales qui vous attireront instantanément la sympathie de votre public ! Des chansons que tout le monde reprendra avec vous dès la première écoute. Certains ont bâti toute une carrière de cette façon, sans connaître une seule note !
Vous croyez que je divague ? Lisez donc la suite ! 👀
La goguette
Le principe de la goguette
Une façon efficace et originale d’écrire des chansons, lorsqu’on n’est pas musicien, est de faire une goguette.
Une goguette, c’est une parodie de chanson qui reprend un tube connu en modifiant les paroles. ✍️ L’idée est d’apporter un éclairage nouveau, un décalage par rapport à la chanson originale. Le plus souvent, il s’agira d’un détournement comique lié à l’actualité. Mais cela peut également être une variation plus intimiste qui suscite l’émotion. Le principe est de surprendre le public, soit en prenant un contre-pied par rapport à l’original, 🎨 soit en lui donnant un nouveau sens.
Quelques exemples de goguettes
La version la plus connue de la goguette, celle que l’on connait tous sans le savoir, ce sont les chants qu’entonnent les manifestants dans les défilés✊. Une véritable version « street » visible chaque jour aux actus.
Autre exemple, dans le monde du spectacle : les imitateurs 🎭 ont souvent recours à la goguette en tant que « faire-valoir » de leur imitation.
Pas besoin d’être imitateur ! Il existe aujourd’hui des artistes qui ont fait de la goguette leur spécialité à part entière. Parmi eux, « Les Goguettes », bien sûr !
« Les goguettes » un groupe qui ne fait que cela !
C’est donc une forme de chanson à part entière !
Les avantages de la goguette 🌟
Sur le plan technique
Pour l’écriture
L’intérêt technique de la goguette est qu’elle vous donne un cadre. D’une part la structure de la chanson. D’autre part le son des mots 🔊. Une bonne goguette doit s’en rapprocher le plus possible, trouver des mots qui riment , des structures de phrases qui ressemblent à celles de l’original, des groupes de mots détournés dont la sonorité globale renvoie à l’original 🎧.
Pour l’interprétation
Pour chanter une goguette, on ne vous demandera pas de faire des prouesses vocales 🎙️. Si vous êtes un excellent chanteur ou un merveilleux imitateur, tant mieux pour vous. Mais même si vous chantez de façon approximative , cela renforcera l’effet comique. Votre défaut devient une qualité ! 💡
Sur le plan pratique
Sur un plan pratique, la goguette présente de nombreux avantages : Le principal est que vous trouverez facilement des accompagnements karaoké 🎤, n’importe où sur le Net 🌐. Votre orchestration est donc toute trouvée ! Voici par exemple trois versions de « La tribu de Dana » de Manau.
1 . L’original
2 . La goguette
3 . L’instrumental Karaoké
Sur le plan du résultat
La goguette ? Un public acquis d’avance 🤗
S’amuser avec son auditoire, le faire rire, est une recette qui fonctionne à tous les coups. Vous allez tout de suite vous attirer son intérêt et sa sympathie.
Mais ce n’est pas tout : la goguette crée entre vous et le public une connivence immédiate 🤝.
Vos auditeurs, qui connaissent –et reconnaissent– la chanson originale , seront sensibles à tous les clins d’œil que vous y intégrerez. Bien plus qu’à une création nouvelle qui leur demanderait un plus grand effort.
En chanson comme ailleurs : « Les gens adorent découvrir ce qu’ils connaissent déjà. »
En termes de satisfaction personnelle 😌
Et vous dans tout ça ? Et bien, pensez à la satisfaction que vous allez en retirer ! 😊 Car même avec une production simple, vous venez de faire un beau cadeau 🎁 à votre public : Il reconnaît la chanson, il la reprend avec vous. Vous avez ainsi su le toucher ou le faire rire, il vous en sera reconnaissant. Et ça, ça n’a pas de prix !
En termes de visibilité 🌍
Quel que soit le niveau de public que vous visez, la goguette fonctionne 🎤 et vous avez les moyens de vos ambitions ! Car vous allez disposer de tout ce que les pros ont déjà mis en place pour vous : une composition aboutie, une orchestration complète, une chanson célèbre, rien que ça ! Vous pouvez directement poster votre création sur YouTube, en mentionnant le titre d’origine ! Non seulement vous ne paierez aucun droit, mais vous bénéficierez des recherches autour de ce titre !
Comment ça marche ?
Pour être efficace, une goguette doit remplir quatre conditions.
La chanson originale doit être TRES connue
Pour que la goguette fonctionne, il est impératif que votre public connaisse bien l’original 📻. Sinon, il n’aura pas la référence et vous passerez à côté 😕.
La goguette doit « sonner » comme l’original
Les paroles d’une goguette réussie sonnent à l’oreille de façon proche des paroles originales 🔊 : notamment celles du refrain et du titre : c’est ce qui lui donnera sa pertinence. Par exemple : « Ma BM », parodie « La bohème » de Charles Aznavour. ou « Je l’aide à mourir » pour « Je l’aime à mourir » Dans les couplets, on peut se permettre plus de liberté ✍️, mais plus c’est proche et mieux c’est 💡.
La goguette doit être « décalée »
Le sens de la goguette doit présenter un décalage assumé par rapport au discours de l’original 💬. Souvent de façon humoristique.
Si c’est pour tenir le même propos avec d’autres mots, la goguette ne se justifie pas. Pire encore : si le son ou le propos sont trop éloignés, cela ressemblera à un simple plagiat.
La goguette ne doit pas être trop longue
Votre public passera par 3 phases :
1. la découverte : effet de surprise, reconnaissance de l’original 😲 (effet Waouh! )
2. le développement : dans les couplets (effet HaHa! )
3. Heu…l’ennui, quand l’auditeur a compris le principe et que toutes vos bonnes idées sont déjà dites (effet Zzzz! ). Mieux vaut alors supprimer un couplet, voire le répéter, plutôt que saboter votre effet « Waouh » en faisant trop long ! ⏳
À vous de jouer !
Voici le moment que vous redoutez 😬 : au boulot ! Vous allez détourner un titre de chanson ou son gimmick (c’est souvent la même chose). Le résultat doit sonner de façon proche de l’original et avoir un sens.
Par exemple : « Là-bas au Conforama » pour « Là-bas au Connemara ». Trouvez si possible quelque chose dans lequel on se doute qu’il y aura quelque chose de rigolo à raconter 😂 ! Pour Conforama, on pourrait énumérer des noms de meubles tout pourris qui se désossent au bout de 3 semaines, ou les nomenclatures incompréhensibles des notices avec des noms de vis exotiques 🔩.
Allez, au travail 💪, et mettez votre idée en commentaire 💬 !
Pour aller plus loin
Vous avez le titre et/ou le gimmick ? Je vous propose de faire une goguette complète, et vous allez voir : c’est facile ! 😄
Le gimmick
Vous l’avez déjà : c’est lui qui vous donne la direction de la chanson ➡️.
Le refrain
C’est la partie importante du travail, car le refrain est ce que le public connaît par cœur . C’est lui qui va permettre d’identifier la chanson d’origine, et vous allez vous appuyer dessus pour fixer votre goguette. Vous allez faire le même travail que pour le gimmick : repérer chacune des rimes, chacun des mots, chacun des sons 🔉. Puis vous aller tester oralement des rimes proches, des sons proches, et voir ce qui « matche ». Car il vous faudra autant que possible les respecter. Ainsi, les mots importants qui font l’identité de la chanson originale seront (idéalement) soit copiés, soit détournés 💡.
Un exemple connu : « Je l’aime à mourir » devient « Je l’aide (détourné) à mourir (copié) ».
Les couplets
Il ne vous reste plus qu’à écrire les couplets ✍️, en développant le thème que vous avez mis en place dans le refrain. Vous disposez de davantage de liberté ici, car les repères sonores très forts et répétés du refrain n’ont plus cours ici. Pour autant, restez décalé 🎭, et gardez autant de points de repère que possible.
Le secret d’une goguette réussie : Les points de repère 📌 de la chanson doivent être respectés dans leur son et détournés de leur sens.
Chantez votre goguette
Vous savez ce qui va être le plus difficile ? Ce sera de choisir la date ! 🗓️ Parce que pour le reste, vous avez déjà tous les éléments en main ! 💪 Alors il ne vous reste plus qu’à :
1. Cibler votre public 🎯
– Familial lors d’un événement 🎉, mariage, naissance… – Amical lors d’une fête 🎊, anniversaire, évènement… – Amateur pour une scène ouverte 🎤 devant un public bienveillant – Professionnel pour un concours de chant 🏆 devant un public averti
2. Choisir un accompagnement 🎼
– Une bande-son 🎶 en téléchargeant tout simplement la version Karaoké de l’original 📲
– Des musiciens 🎻 en leur donnant la grille d’accords que vous trouverez d’un simple clic sur le web. Bien souvent, les musiciens connaîtront déjà les accords de la chanson 🎸.
« Hells Bells » de AC/DC
– a capella tout simplement 🎙️ pour un événement au pied levé. Avantage par rapport à une musique originale : l’auditeur, qui connaît la chanson, n’est pas gène par l’absence de bande-son, car son cerveau fait le reste en « bouchant les trous » 🧠 !
Et vous vous apercevrez que :
Vous avez les moyens des pros 🎤🎧
Pour vous produire en spectacle 🎭
Comme les professionnels, vous avez votre bande son professionnelle, enregistrée en studio et téléchargée.
Et vous pouvez vous produire à tout moment dans n’importe quel événement musical.
Pour réaliser votre enregistrement de qualité CD 💿
Vous choisissez sur internet la bande-son qui vous convient le mieux 🎵. La plupart du temps, vous pourrez même choisir la tonalité qui correspondra le mieux à votre tessiture 🎤. Il vous suffit d’enregistrer votre voix et d’ajouter un peu (j’ai bien dit « un peu » 😉) de reverb via le logiciel d’enregistrement 💻, et le tour est joué !
Budget zéro pour la prod
Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.
Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos oeuvres, échanger, et trouver des conseils.
Conclusion
La goguette est un style à part entière 🎭. Certes il s’agit d’une sous-catégorie dans un art mineur. Et alors ?
La goguette vous facilite la tâche ✍️ ! Elle vous permet dès aujourd’hui de bénéficier des moyens dont pas mal de professionnels n’osent même pas rêver, comme une bande-son, ou des musiciens déjà rôdés, et des recherches référencées sur le web. De plus, vous vous attirerez à coup sûr la complicité bienveillante du public !
Essayez-vous à cette pratique : vous n’avez rien à perdre et tout à gagner ! Et qui sait ?
La goguette sera peut-être une révélation pour vous ! …peut-être même la réciproque sera-t-elle vraie ! 🌟
Vivent les goguettes, et
Vive la Chanson !
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