Le guide pas à pas
Ça fait un moment que tout le monde vous le dit : « Protège tes chansons, adhère à la SACEM ».
Oui, mais comment faire ?
Dans moins de 5mn, vous serez sociétaire de la SACEM. Pour toute la vie.
Vous paierez une fois pour toutes les droits d’inscription (100€), et vous serez membre. A vie.
On y va ?
0. Les préalables
Avant de commencer, il faut quand même vérifier que vous êtes éligible, mais à coup sûr vous l’êtes !
Car la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) est réservée aux auteurs, compositeurs, éditeurs ou artistes-interprètes ayant créé ou contribué à des œuvres musicales.
Il vous faut donc au choix remplir une de ces 4 conditions (oui ! Une seule suffit) :
Option 1 : Vous avez déjà joué en public
Vous avez déjà joué en public, même une seule fois, même une seule chanson, même il y a 10 ans ? C’est bon !
Plus simple encore : une de vos chansons a déjà été diffusée (N’importe où : radio, TV, spectacle, attente téléphonique…) ? C’est bon aussi !
Option 2 : Vous avez 1000 vues
Vous avez 1000 vues sur une chanson sur une plateforme (YouTube, ou Facebook, ou Soundcloud…) ? C’est bon !
Attention : pas 1000 vues cumulées (genre vous avez 10 chansons avec 100 vues chacune, ça ne marche pas !), mais 1000 vues sur une chanson sur une plateforme.
Option 3 : vous êtes sur une plateforme de streaming
Vous avez une chanson sur une plateforme de streaming (Spotify, Deezer, Apple Music…) ? Ici, même pas de nombre de vue minimum, c’est bon !
Option 4 : vous avez fait un disque
Vous avez fait un CD (ou un vinyle ou un DvD) ? C’est bon aussi !
Si vous avez répondu OUI, même une seule fois, ON EST BON !
Pour l’option 1, il suffit de faire remplir une attestation (lien ici pour télécharger) par la société ou l’association qui a diffusé votre œuvre.
Si c’est l’option 2 ou 3, vous préparez simplement une capture d’écran de la plateforme.
Pour l’option 4, vous préparez une photo recto-verso de la pochette de votre CD.
Si vous n’avez rien fait de tout cela, PAS DE SOUCI !
Dans ce cas, je vous conseille de vous inscrire à une scène ouverte dans une petite salle de spectacle (il y en a dans toutes les villes). Ou plus simple encore de participer à une soirée associative « officielle », d’y chanter une chanson, et donc d’opter pour l’option 1.
C’est bon ?
Alors on y va : INSCRIPTION !
Top chrono !

1. Préparez les documents nécessaires
Avant de commencer, rassemblez :
- La preuve de votre activité musicale (ce qu’on vient de voir au point précédent).
- Une pièce d’identité (CNI, passeport…).
- Un justificatif de domicile (facture récente par exemple).
- Un RIB (pour toucher vos droits, Yi-Haaaa !).
- 100 €uros (pour payer votre inscription à vie)
- Votre ordinateur et votre téléphone (pour les mots de passe)
2. Rendez-vous sur le site officiel de la SACEM

- Allez sur www.sacem.fr.
- En haut à gauche, vous lisez « sacem », puis « Créateurs et éditeurs »
- Cliquez sur « Créateurs et éditeurs ».
Vous arrivez ici.
Cliquez sur « Comment devenir membre » à gauche.

Et ici sur « Adhérer en ligne ».

3. Choisissez votre type d’adhésion
La SACEM propose plusieurs catégories :
- Auteur (si vous écrivez ou composez).
- Compositeur.
- Éditeur (si vous gérez des droits pour d’autres).
- Artiste-interprète (si vous chantez ou jouez sur des enregistrements).
- Producteur (si vous financez des enregistrements).

Pour nous c’est la première catégorie : « Auteur / Compositeur – Autrice / Compositrice ».
Cliquez sur « Continuer en ligne »
On va alors vous proposer de prendre connaissance du guide pratique.
Vous pouvez le faire, mais ce n’est pas nécessaire.
D’ailleurs, voici le lien si vous le voulez : https://www.createursediteurs.sacem.fr/brochures-documents/auteur-compositeur-comment-adherer-en-ligne-la-sacem

Cliquez sur « Continuer l’adhésion ».
Et c’est là qu’on entre dans le vif du sujet.
On y est presque !
Cliquez sur « Continuer en ligne ».

4. Créez votre compte en ligne
À partir d’ici, vous n’avez plus vraiment besoin de moi :
1. Vous remplissez le formulaire d’inscription avec vos informations personnelles (nom, adresse, email, téléphone).
2. Vous téléchargez les documents demandés (pièce d’identité, justificatif de domicile, RIB, preuves d’activité musicale).
3. Vous validez et vous payez les frais d’adhésion (100 € par CB)
4. Et… euh… vous… ah ben plus rien : c’est fini !
On stoppe le chronomètre :
moins de 5 min !
Je vous l’avais dit !

5. Attendez la confirmation
- La SACEM traitera votre dossier sous 2 jours environ.
- Vous recevrez un email de confirmation une fois votre adhésion validée.
- Vous aurez alors accès à votre espace personnel pour déclarer vos œuvres et suivre vos droits.
- Et voilà ! Vous êtes sociétaire SACEM !
6. Déclarez vos œuvres
Une fois inscrit, vous pourrez :
- Déclarer vos œuvres (titres, albums, collaborations).
- Suivre vos droits (diffusion, streaming, concerts).
- Recevoir vos revenus (trimestriellement ou annuellement, selon les droits perçus).
Et en plus…
Si vous débutez, la SACEM propose des webinaires et des guides pour comprendre le fonctionnement des droits d’auteur.
Consultez la rubrique « Ressources » sur leur site.
Franchement, elle est pas belle la vie ?
7. Un peu d’histoire (amusante) !
Allez, rions un peu : lorsque j’étais jeune artiste, s’inscrire à la SACEM, c’était la croix et la bannière !
Voilà comment ça se passait à l’époque :
1. Le Parrain
Jusqu’aux années 1990, il était souvent nécessaire d’être parrainé par un membre existant de la SACEM pour faciliter son adhésion, surtout pour les jeunes artistes.
Bon courage !

2. Prouve que tu existes
Il fallait prouver que nos œuvres étaient diffusées (disques, radios, concerts, etc…).
A l’époque où il n’y avait pas d’internet pour la diffusion, où les concerts étaient souvent « pirate », et où « faire un disque » voulait dire « vrai disque » en vinyle (donc être signé par une maison de disques), je vous laisse imaginer la galère.
3. La dictée musicale
Ça, c’était la terreur des candidats : une bonne vieille dictée, où il fallait reconnaître des notes, des accords, et les écrire sur une partition !
Au secours !
Comme je pense à vous, je vous en ai préparé une juste en dessous ! 😉

4. Papiers siouplait !
On n’utilisait pas le stylo que pour écrire les chansons : les démarches étaient super lourdes et très « administratives », avec plein de paperasse, des formulaires compliqués et des délais à rallonge.
Pas très artistique tout ça !

5. Prière de laisser sa chemise à l’entrée
Et pas seulement celle qui contient les documents : il fallait à l’époque débourser des sommes exorbitantes (plusieurs centaines de francs)…
Autant dire que les artistes indépendants n’en étaient pas capables.

6. Les fourches de l’inquisition
Enfin, d’érudits et impitoyables examinateurs scrutaient les dossiers avec une certaine sélectivi… une sélectivité certaine !
Notamment pour éviter les adhésions « fantaisistes ».
On n’était pas là pour rigoler !

8. A vous de jouer !
Pour finir, je vous propose un petit jeu : une dictée musicale « à l’ancienne » à la sauce SACEM, tirée des archives 1980.
Niveau :
Premier cycle de conservatoire (environ 3-5 ans de solfège).
Consigne :
« Vous allez entendre une mélodie jouée 3 fois au piano. Notez-la en clé de sol, avec la mesure et les altérations. Puis, identifiez les accords joués en accompagnement (ex : Do Majeur, La mineur, etc.). »

Première écoute avec la consigne :
Deuxième écoute, mesure après mesure :
(vous avez le droit de mettre en pause entre chaque mais pas de rejouer)
Troisième et dernière écoute (enchaînée) :
Alors, prêt.e.s ? Je vous fournis le support : 😈

Alors, on sèche ? 🤭 Voici le corrigé :

Et vous ? Vous y êtes arrivés ?
Dites-nous ça en commentaire !
9. Avant de se quitter
Je vous rappelle que vous pouvez rejoindre le groupe Facebook des Auteurs, Compositeurs et Interprètes francophones de l’Académie de la Chanson. Il suffit de cliquer ici.

Vous pourrez y retrouver nos articles, publier vos œuvres, échanger, et trouver des conseils.
10. En conclusion
En guise de conclusion cette fois-ci, une confidence : entre mes peurs fantasmées et les complications réelles (aujourd’hui disparues), je ne me suis inscrit que très tardivement à la SACEM, laissant le champ libre à d’éventuels pillards, et ne touchant jamais le moindre centime pour l’exploitation de mes œuvres (disques, comédies musicales, spectacles et passages TV…).
Alors, ne faites pas comme moi : n’attendez pas, inscrivez-vous !
Vive la SACEM qui défend nos droits, et
Vive la Chanson !








Bonjour,
Merci beaucoup pour cet article et le flash-back très édifiant. Pour une fois, une institution a changé les règles dans le bon sens. J’apprends, ici, qu’il y a juste un droit d’inscription perpétuel, avec un montant raisonnable, ce qui permet à tout artiste de s’inscrire et ainsi de protéger son œuvre. C’est très démocratique.
Oui, cette nouvelle règle est presque incroyable ! On n’a vraiment plus d’excuse pour ne pas franchir le pas ! Et quelle tranquillité ensuite !
Quel plaisir de te lire! Avec un tel article on lie l’utile à l’agréable. J’ignorais que c’était aussi facile de s’inscrire à la SACEM aujourd’hui et si compliqué avant.
Ce qui m’a toujours intriguée c’est le processus de rémunération des artistes par la SACEM, j’ai le sentiment que c’est au bon vouloir des « passeurs de son ». Je me trompe ?
Pour la rémunération, tu as raison : en théorie, les diffuseurs donnent à la SACEM la liste des oeuvres utilisées. ET c’est le cas la plupart du temps. Lorsque ces listes ne sont pas fournies, la SACEM a un barème actualisé, et reverse au prorata à ses sociétaires. Si tu es un « petit » artiste, il faut donc bien donner tes titres, sinon ce sont les gros bonnets qui vont en profiter !
J’avoue être dans tous les critères :
– J’ai fait un CD (même si au final, ce n’était pas pour le vendre et qu’il est très moyen)
– Je fais des scènes ouvertes (seulement si tu crées un dossier à ce propos, il y a intérêt que celles-ci soit « officielles ! )
– J’ai bien sur des chansons en propre et sur youtube (https://youtu.be/AT6oinB5-wo?si=ReCkPkfNwRucRC83)… Mais une vue;-). Ceci dit, je l’avais mise avant et j’avais plusieurs dizaines de vues sauf qu’un jour, Youtube a décidé qu’elle n’était pas conforme…. donc je l’ai retirée. Puis je me suis dit que ce n’était quand même pas normal et je l’ai donc remise… retirée de nouveau ! sauf que là, j’ai fait appel. C’est pourquoi il y a une restriction !
– J’ai déjà joué en public.
Ceci dit… j’m’en fous un peu qu’elle ne soit pas protégée… je ne suis pas sûr qu’elles soient (en tout cas celle sur youtube) d’une qualité au point qu’elle puisse être voler.
Merci Dominique pour ton témoignage. Les vidéos qui disparaissent de YouTube sans que l’on comprenne pourquoi sont une difficulté de plus pour les artistes, car cette plateforme a des critères qui ne sont pas faciles à décrypter. La SACEM a surtout de l’intérêt pour les artistes qui destinent leur travail à des passages en public répétés, que ce soit scène, radio ou illustration, et qui souhaitent à le fois les protéger et en retirer des droits. En terme de simple protection d’une oeuvre, il suffit de s’envoyer un exemplaire en RAR et de le garder scellé au cas où.
Je n’imaginais pas que ce type de démarche pouvait être…simple! Je pensais qu’on était encore resté à la version des années ouin-ouin! Et la dictée de notes…mais quelle horreur! Malgré mes 10 ans de cours musicaux, je n’ai jamais eu l’occasion de faire ça! Et heureusement! J’aurais eu un beau 0!
Allez hop, recalée ! Ah s’il fallait être expert en musique pour être sociétaire, j’en connais quelques-uns qui n’auraient pas pu faire carrière, et franchement c’aurait été dommage !
Waouh ! A côté, les dictées de l’école sont une vraie balade ! 🙂
En tout cas, aucune excuse pour ne pas s’inscrire à la SACEM. Pour une fois que l’administration fait quelque chose de simple… comme quoi, c’est possible !